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Rencontre avec Wilhem CLUSEL, l’ailier droit d’Angers-Noyant HBC. Il nous raconte son parcours sportif et ses meilleurs souvenirs. Ensuite, il nous fera le bilan de ses trois saisons dans le club angevin, avant de s’envoler vers un autre projet en Proligue, la saison prochaine. Entretien.

Bonjour Wilhem, pouvez-vous, nous parler de votre parcours sportif ?

“J’ai un parcours atypique. J’ai commencé le handball à quatorze ans en tant que gardien de but, puis j’ai été sur le terrain en tant que joueur de champ. Étant ambidextre, j’ai commencé à jouer avec la main droite. Mais au fur et à mesure de ma carrière, j’ai progressivement évolué avec la main gauche. J’ai débuté au club du Transit Sport Franciscain Handball, jusqu’à mon arrivée, à dix-neuf ans, au club d’Angers-Noyant HBC. Avant cela, j’ai effectué deux ans au pôle de la Martinique. A cette occasion, j’ai été champion de France à dix-sept ans avec la zone Sud-Est, où la finale s’était déroulée à Clermont-Ferrand. Le pôle espoir était en Martinique, mais les compétitions se déroulaient en France. Ensuite, toujours en Martinique, j’ai passé mon BAC. Avec les U20 de la Martinique, nous avons participé à la coupe IHF en Colombie. Nous avions fini troisième et j’avais fini le meilleur buteur de la compétition. Ce fut des moments riches en souvenir et qui m’ont aussi fait grandir. C’est après cela, je suis arrivé à Angers, en 2015.”

Comment êtes-vous arrivé à Angers-Noyant HBC ?

“A l’époque, Cédric Sorhaindo (international français) organisait des stages à la Martinique. C’est à cette occasion, que j’ai rencontré Patrice Lecroq. C’est celui qui a initié la filière entre la Martinique et le club d’Angers-Noyant HBC. Mais au moment de signer mon contrat avec Angers, j’ai appris qu’il venait d’être décédé. J’ai donc fait partie de la dernière promotion de Patrice Lecroq. Cette nouvelle a été dure mentalement, car il était comme un père pour moi. Mais cela m’a donné la force et la motivation pour la suite de ma carrière de handballeur. J’ai signé un premier contrat de deux saisons, en intégrant le centre de formation noyangevin. Lors de la première année, j’ai joué quelques matchs avec l’équipe première en deuxième division. Ce fut une période difficile, car j’étais loin de ma famille, c’était un changement de vie totale. J’ai joué principalement avec l’équipe réserve, en championnat de Nationale 3 Masculine. On avait une très belle équipe et on avait été proche de la montée, où nous avions fini troisième du championnat.”

Quel bilan, faites-vous, de vos trois saisons à Angers-Noyant HBC ?

“Mon passage à Angers m’a fait beaucoup progresser sur le terrain et en maturité, mais aussi d’un point de vue humain. J’ai appris à être à l’écoute, à fermer ma bouche et à travailler. Guillaume (Dupin) m’a appris la rigueur que je ne connaissais pas et le fait d’être exigeant envers soi-même, pour progresser dans le haut niveau. Sur la saison qui vient de se terminer, on a effectué une très bonne première phase, avec un début de play-offs difficile. Mais on a su se remobiliser et on a bien fini la saison en remplissant les objectifs qui étaient fixés, malgré les problèmes extra-sportifs que l’on connaît. Je suis fier du groupe, car il n’a jamais lâché et il a joué le jeu jusqu’au bout. Pour ma part, la seule chose qui m’anime, c’est toujours la victoire.”

Et d’un point de vue des résultats sportifs ?

“La première année, je suis arrivé en tant que troisième ailier et trois saisons plus tard, je finis en tant qu’ailier titulaire. C’est une certaine fierté. J’ai eu un déclic mental qui m’a fait progresser. Mon plus gros combat a été le mental. J’ai accepté les critiques constructives et les claques m’ont fait grandir. Guillaume m’a donné ma chance et j’ai su la saisir. Comme le dit souvent Guillaume, il faut savoir être perfectionniste dans le détail, si l’on veut atteindre le haut niveau.”

Avez-vous pratiqué d’autres sports ?

“J’ai pratiqué huit saisons l’aïkido, quatre saisons la natation, quatre saisons le football et deux ou trois saisons l’athlétisme. Et concernant le handball, c’est ma huitième saison. Ma famille a pratiqué le handball, j’ai essayé et j’ai tout de suite accroché, en trouvant cette discipline sportive intéressante. Cela m’a plus.”

Comment voyez-vous votre évolution sportive ?

“Je souhaite continuer à progresser et à jouer dans un club plus élevé que le championnat de Nationale 1 Masculine. Je souhaite connaître le haut niveau et je travaille dur pour cela. Tout le monde me dit que j’ai les capacités pour viser plus haut. Je suis prêt à faire les sacrifices pour atteindre mes objectifs. Pour réussir dans le haut niveau, il faut une bonne hygiène de vie, faire des sacrifices, mais aussi avoir de la chance et la saisir. Il faut toujours prouver et se remettre en question.”

Avez-vous de regrets ?

“Non, je n’ai pas de regret. C’est mon passé qui a fait que je suis devenu la personne que je suis aujourd’hui. Je ne vis pas avec les erreurs. Je suis content de mon parcours, même si tout n’a pas été facile. Il faut avoir du mental, du caractère et être bien entouré pour avancer.”

Quels sont vos meilleurs souvenirs ?

“Je dirais le titre de vice-champion de Martinique, en championnat excellence, à l’âge de seize ans. C’était lors de ma première année seniors avec le club du Transit Sport Franciscain Handball. La deuxième saison, nous avons été en demi-finale de la coupe de Martinique. Il y a aussi les Jeux des Iles de Sardaigne en 2012, avec la sélection de Martinique. C’est un peu les Jeux Olympiques des petites nations. A Angers, la préparation d’avant-saison de cette année a été un bon souvenir. On avait créé un super groupe dans l’état d’esprit. Cela m’a marqué, car on a été soudé et uni lors des stages commando. Je pense que cela nous a apportés cette saison, car nous avons tissé des liens entre nous. C’est ce qui a fait que le groupe a bien vécu ensemble cette saison et que chacun a pu aller à la guerre pour son copain. Et puis pour terminer, je reviendrais sur un match avec l’équipe réserve d’Angers, en championnat de Nationale 3 Masculine, où lors d’un déplacement, nous étions partis sans entraîneur et on avait gagné. On s’était auto-géré et on s’était écouté entre joueurs.”

Que pouvez-vous nous dire sur votre entraîneur, Guillaume DUPIN ?

“C’était sa première saison à la tête de l’équipe première. Je connaissais déjà son exigence et il a été dans la continuité de ce que j’avais connu avec lui, lors de mon passage avec l’équipe réserve. Comme je vous le disais précédemment, il m’a apporté sur le plan humain et sportif.”

Avez-vous des personnes qui ont pu vous marquer dans votre parcours sportif ?

“Je commencerais par mon ancien entraîneur au Transit Sport Franciscain Handball, Hubert Courlat, il était comme un grand frère, il savait comment me gérer. Il y a aussi Virginie Lamant, qui était la responsable du pôle espoir, elle était comme une deuxième maman et elle m’a toujours encouragé. Et puis, il y a tous mes anciens coéquipiers du Transit Sport Franciscain Handball, c’était une grande famille. C’est comme avec mes amis du pôle espoirs en Martinique, ils continuent à suivre ma carrière sportive. Je finirais avec Patrice Lecroq, qui m’a permis d’arriver à Angers-Noyant. Ma plus grande chance, c’est d’avoir eu la chance de rencontrer en Martinique, de grands joueurs de handball, car le handball en Martinique est une grande famille. J’ai une pensée pour mes parents et pour ma famille qui m’ont toujours soutenu. Je serais toujours reconnaissant envers eux, car ils m’ont toujours encouragé. Je ne veux pas les décevoir et je veux les rendre fiers de moi. Cela doit être mon moteur pour avancer et persévérer dans les moments difficiles. Être éloigné de ses proches renforce les liens.”

Quel discours aimeriez-vous faire passer aux Martiniquais qui aimeraient avoir un parcours sportif comme le vôtre ?

“Je leur dirais de ne jamais rien lâcher, d’être exigeant, rigoureux et d’apprendre à être reconnaissant envers les autres. Il est aussi important de voyager et de découvrir de nouvelles cultures, cela fait aussi grandir. Cela permet aussi d’avoir une ouverture d’esprit.”

Avez-vous un mot de conclusion ?

“C’était ma dernière saison sous les couleurs angevines. Mon passage à Angers-Noyant aura été très riche autant humainement que sportivement. J’ai rencontré des personnes formidables (joueurs, staff, dirigeants, supporters et bénévoles). J’ai une grosse pensée pour Patrice Lecroq qui nous a quittés et sans qui cela ne serait pas arrivé. Je tiens aussi à remercier mon coach, Guillaume Dupin, qui a toujours cru en moi. J’ai passé trois belles saisons à Angers-Noyant. Concernant mon avenir, l’année prochaine, j’évoluerais dans une équipe de Proligue.”
 
Wilhem CLUSEL

Né le 26 Mai 1996 à la Martinique.

Poste : Ailier droit.

Taille : 1,87m.

Poids : 82 kg.