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Rencontre avec Alain DOHIN, la voix de la course à pied dans le département du Maine-et-Loire. Tout le monde dans le milieu le connaît pour son rôle d’animateur, mais pour les plus jeunes, beaucoup moins pour son riche parcours sportif et de son palmarès de coureur à pied. Celui qui fut président du club d’athlétisme de Saint-Sylvain-d’Anjou, nous donnera les astuces dans sa préparation d’animateur de course à pied. Enfin, il nous parlera de ses meilleurs souvenirs, mais aussi des athlètes qui l’ont marqué. Entretien.

Bonjour Alain, pouvez-vous, vous présenter et nous présenter votre parcours sportif ?

“J’ai soixante-huit ans, marié, trois enfants, dix petits-enfants, et je suis retraité de France Télécom. Ensuite, j’ai découvert le cross et l’athlétisme comme un bon nombre, en collège et en lycée, où j’ai eu la chance de côtoyer un professeur de sport qui m’a fortement sensibilisé à la pratique sportive à 14-15 ans en particulier.

En parallèle, je me suis inscrit au club de l’ASC Saint-Barthélémy qui démarrait tout juste et où j’ai eu la joie et l’honneur d’être le premier inscrit. Des titres UGSEL en junior sur piste pour commencer (3000 en 9’23, 5000 en 15’50’’), beaucoup de cross aussi où j’ai pu côtoyer et admirer de grands champions comme Michel Jazy, Noël Tijou… au Cross de Rablay-sur-Layon par exemple, et applaudir des champions qui participaient à Pellouailles-Angers (Alain Mimoun, entre autres), pratiquement seule course hors-stade du Maine-et-Loire dans les années soixante. Une envie de les imiter plus tard, à mon niveau bien sûr, et sur route en particulier.

Ensuite, après une escapade professionnelle de huit ans en région parisienne, où j’ai gagné plusieurs courses en non-licenciés d’abord dont le Cross du Figaro en 2014, course des 19-24 ans, et quelques cross et courses sur route qui commençaient à fleurir un peu partout. J’ai eu deux sélections en équipe de France FSGT m’ont permis de participer aux trente kilomètres du Trud à Moscou et à un 5000m à Dortmund.

Je profitais aussi de week-ends familiaux en Anjou pour par exemple gagner l’une des courses de la première édition du Cross du Courrier de l’Ouest en 1975 (course des NL, des moins de 35 ans). Un sacré souvenir auquel je pense chaque 11 novembre au parc de Pignerolle… !

Après plusieurs essais sur dix et vingt kilomètres (32’30’’ et 1h04’), je me suis aventuré sur le marathon à vingt-cinq ans (2h38’ à mon premier, c’était le “Marathon de l’Anjou” qui passait par la côte des Rafoux), puis 2h32 à trente ans lors des championnats de France à Beuvrages (tout juste dans le top 50 à l’époque…!). C’est aussi le jour de mes trente ans que je me suis lancé sur 100km (c’était mon cadeau d’anniversaire à Migennes !) en 8h23, après avoir gagné le marathon de Saint-Germain-Laval près de Montereau, dix jours plus tôt.

D’autres marathons et 100 kilomètres ont suivi (dont celui de Nantes sur piste pendant plusieurs années …), plus pour le plaisir, tout en portant fièrement le maillot “Spiridon”, une autre façon de vivre le sport plus librement et encore plus amicale.

De retour en Anjou et m’installant à Saint-Sylvain-d’Anjou, j’ai incité une bande de copains d’entraînement à participer aux courses locales et à créer l’AS Saint-Sylvain-d’Anjou Athlétisme. Président pendant seize ans, j’étais aussi l’animateur des foulées locales, dix kilomètres, Marathon et Semi-marathon du Loir (qui a duré quatorze ans, dont le championnat de France de marathon en 2001 à Saint-Sylvain-d’Anjou).”

Comment êtes-vous devenu animateur de courses à pied et depuis combien de temps ?

“Ma première animation “extérieure” date de la deuxième année du Semi-marathon de Beaufort-en-Vallée, en dépannage à la demande des organisateurs que je connaissais bien. Il y a donc un peu plus de vingt ans. Puis d’autres organisateurs amis m’ont aussi demandé d’animer leur course plutôt que de la courir… Je n’ai pas pu refuser.”

Cela représente environ combien de courses par an ?

“Par an, je crois que j’en anime une trentaine.”

Avez-vous des moments qui vous ont marqué durant vos expériences d’animateur ?

“Des moments marquants ? Oui : beaucoup de sourires et d’émotions à partager aux arrivées des courses longues en particulier (marathon, 100 km), où la petite larme (communicative parfois) peut accompagner l’interview du coureur.

A l’inverse, une frustration quand un futur vainqueur que je ne connais pas s’inscrit sur place en venant parfois de loin. Il m’est arrivé de demander au public de bien vouloir me renseigner… (rires !)”

Et avez-vous des personnes, des athlètes ou des performances qui vous ont marqué ?

“Je pourrais citer Jean-Joseph Brécheteau et Corinne Herbreteau, bien sûr, pour leur valeur sportive et humaine, mais aussi les anciens champions régionaux, Didier Bernard, Bernard Durand, Raymond Jan… et les “p’tits nouveaux” comme Catherine Thomas-Pesqueux, Perrine Rosala-Humeau et plus récemment encore le jeune et très courageux Marc Pauvert.

La perf qui m’a marqué récemment : le record de M et L du dix kilomètres, vieux de plus de vingt ans, battu par Perrine Rosala-Humeau aux dix kilomètres d’Angers en 2017 : 34’22.”

Avant un événement sportif, quelle est votre préparation ?

“Le(s) jour(s) qui précède(nt) la course, je passe beaucoup de temps à “réviser”. Je garde l’historique de toutes les courses que j’anime et je cherche les derniers résultats des coureurs que je repère comme “favoris”. Internet me sert beaucoup et cela me permet d’accueillir au mieux les coureurs et d’intéresser le public. Le reste, c’est un peu l’improvisation et l’adaptation sur place avec ma mémoire et mon dossier “anti-sèche” où j’ai imprimé les listes des inscrits et autres renseignements utiles. Une tablette est aussi parfois à ma disposition à l’arrivée pour identifier rapidement les “finishers”, c’est très pratique !”

Pour conclure, quels sont vos futurs projets sportifs ?

“Je n’ai pas vraiment de futurs projets sportifs, si ce n’est de continuer à participer pour le plaisir, à soutenir les courses et mon club de Saint-Sylvain-d’Anjou tout pendant que j’en ai la capacité et que je trouve du plaisir à valoriser la grande famille de la course à pied, jeunes ou moins, pour la bonne cause ou pour la perf !”