Rencontre avec Sylvain DELORME, l’entraîneur de l’Etoile Angers Basket. Il nous fera le bilan de la saison en NM1, avec son club de l’Etoile Angers Basket. Ensuite, il nous reviendra sur son arrivée au sein du club angevin, puis à la tête de l’équipe professionnelle. Il nous dira ce qu’il estime avoir apporté à son groupe et évoquera le recrutement, où un certain nombre de personnes était septique au départ. Puis, il nous relatera la saison, où il aura fallu composer avec les blessés. Il évoquera aussi les ingrédients qui ont fait la réussite de l’équipe, des valeurs comme l’exigence, la qualité du travail, savoir être à l’écoute, savoir partager et se faire mal sur le terrain. Enfin, il terminera avec le soutien du public présent en nombre lors des matchs à domicile.

Bonjour Sylvain, quel bilan faites-vous de votre première saison à la tête du groupe professionnel ?

“Le bilan est très positif. Je pense que l’équipe a proposé un jeu séduisant, avec des joueurs à la fois d’expérience et de jeunes joueurs. L’aspect du jeu a été important, la cohésion de groupe avec un bon état d’esprit. A travers cette montée en Pro B, je pense que l’objectif est atteint et je suis droit dans mes bottes. J’ai réussi la mission qui m’a été confiée.”

Comment s’est passée votre arrivée à la tête de l’équipe professionnelle ?

“En provenance de Cholet Basket, où j’étais à la formation, je suis arrivé, il y a un an au club de l’Etoile Angers Basket pour m’occuper de la catégorie U15. J’ai été séduit par le projet intéressant du club et du discours de ses dirigeants. Ensuite, la saison suivante, après le départ de Laurent BUFFARD, à la tête du groupe professionnel, le club m’a proposé de lui succéder, où l’on m’a fait comprendre que c’était une belle opportunité à saisir, pour un jeune entraîneur comme moi. Nous avions des valeurs en commun, avec une ambition saine. J’ai donc été choisi parmi d’autres postulants. J’ai aussi une pensée pour Laurent BUFFARD, car il a aussi bâti de bonnes fondations, ces dernières années, qui ont fait qu’aujourd’hui, on en récolte les fruits, à l’image de notre montée en Pro B, en cette fin de saison.”

Qu’avez-vous apporté à votre groupe ?

“Je pense avoir apporté une bonne ambiance, une qualité de travail pour tout le monde, fait de respect et d’exigence. Je pense avoir amené un jeu intéressant, d’avoir fait passer un cap aux joueurs. Des leaders se sont confirmés et sur lequel j’ai pu m’appuyer, comme Stephan GAUTIER ou Karim GOURARI. A côté de cela, Sydney HAWMMOND et Lucas REAL ont progressé.”

Comment s’est passée l’intégration des nouveaux joueurs ?

“La première chose que je peux dire dans l’intégration de nouveaux joueurs, c’est qu’il nous rejoignait en connaissance de cause, en matière de projet de jeu. A ce sujet, je pense que l’on a visé juste dans le choix des joueurs qui nous ont rejoints.

A l’arrivée, nous avons gagné notre pari, même si au départ, beaucoup de personnes étaient sceptiques sur notre projet de jeu et sur le choix des joueurs recrutés. D’entrée, les joueurs ont répondu présent dans l’aspect du jeu, avec des relais dans la partie mentale, tactique et technique.”

Quels ont été les ingrédients nécessaires dans vos bonnes performances ?

“Dans le sport, l’exigence est importante, la qualité du travail, savoir être à l’écoute, savoir partager, se faire mal sur le terrain, tout cela forge un groupe. On a joué les matchs avec humilité, les uns après les autres en nous concentrant sur nous.

Il ne faut oublier, que lorsque j’ai pris la responsabilité de l’équipe professionnelle, beaucoup ont été sceptiques sur le recrutement qui a été effectué. Au départ, pour ma part, il y avait une grande inconnue du niveau du championnat de National 1, sans parler que je n’avais jamais entraîné une équipe de joueurs seniors. On a débuté la saison avec onze joueurs, seulement deux joueurs étaient présents la saison dernière. Neuf joueurs sont arrivés et il a fallu que la mayonnaise prenne. On a fait des paris sur des joueurs qui nous semblaient avoir le profil pour intégrer notre projet de jeu. On a relancé certains joueurs. Il ne faut pas le cacher, il y a eu une part de réussite dans nos bons résultats, car au départ, je le répète, il y avait beaucoup d’inconnus.”

Sans compter les moments plus compliqués avec les blessés… ?

“En effet, on a eu des blessés durant une période de trois ou quatre mois, je pense à Kévin LAVIEILLE et Rosaire MALONGA entre autres. Malgré tout, on a bien géré cette période, en recrutant deux joueurs. Le groupe a toujours été présent, déterminé, à l’écoute et solidaire. Une saison est longue, avec des hauts et des bas. Il a fallu attendre vingt-huit matchs pour être au complet. On a aussi la chance de compter sur l’académie, avec des joueurs qui ont intégré l’équipe. Tous ont travaillé ensemble avec une confiance mutuelle, sans jalousie, entre ceux qui jouaient plus que d’autres. Comme je le disais précédemment, les jeunes ont répondu présent et les plus anciens ont su encadrer le groupe. Aujourd’hui, je suis fier des joueurs et ce qu’ils ont pu réaliser.”

Malgré tout, le sport du haut niveau est un perpétuel recommencement ?

“Justement, je trouve que c’est une bonne chose de se remettre en cause chaque saison. Il faut remettre ses compétences et sa sueur à l’ouvrage. Cela doit transcender tout le monde. C’est ce qui me botte dans le sport et dans le métier d’entraîneur. Même si je suis un jeune coach, j’ai senti des joueurs à l’écoute, à vouloir travailler dans le bon sens. Chacun s’est écouté en donnant le meilleur de soi-même pour le collectif.

Au vu de vos bonnes performances, le public a régulièrement répondu présent ?

“En effet, ce fut un plaisir de jouer nos matchs devant autant de personnes. Le public a répondu présent. Les joueurs ont été récompensés de leurs efforts. Pour avoir de bons résultats sportifs, il est important d’avoir du monde derrière nous. Je pense que notre manière de jouer et notre bon état d’esprit nous a permis d’atteindre nos objectifs. Le groupe a dégagé des valeurs humaines, fait d’entraide et d’abnégation. C’est aussi cela, un sport collectif.”

Pour terminer, la saison étant terminée, comment se passe la gestion de l’effectif ?

“Après une semaine de repos à la fin de la saison et le titre de champion de NM1, les joueurs ont repris les entraînements de manière individuelle, un peu à la carte. Certains étrangers, loin de leurs familles, ont eu un peu plus de repos et de temps pour profiter de leurs proches.”

 

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