Alors que la saison 2023-2024 est terminée depuis maintenant un mois, les Loups d’Angers évolueront bien en Pro A la saison prochaine, malgré un exercice compliqué, qui aurait bien pu mettre à mal leur place dans l’élite. L’entraîneur angevin David PILARD, coach de l’équipe Pro A depuis 2000, est revenu sur cette saison où il a plus que douter. 

 

Quel bilan pourriez-vous faire de cette saison ?

“Cela a été une saison bancale, en tout cas, pas la saison rêvée au départ. Quand sur les trois dernières saisons, on est champions de France deux fois et qu’on est pas loin de se hisser en finale la saison dernière (élimination en demi-finale des play-offs, contre Rouen, au set-average sur la double confrontation), on ne pense pas que la saison qui suit va être aussi compliquée et qu’on va se battre pour le maintien. C’était aussi une saison olympique où on s’est retrouvé, parfois, à disputer 4 rencontres en deux semaines. Un truc de fou !”

Est-ce que votre absence n’a pas été préjudiciable pour les joueurs (fracture de la cheville en janvier qui lui a valu un arrêt de travail de trois mois) ?

“Pour tout vous dire, je ne pensais pas être aussi important et que mon absence allait mettre l’équipe dans une telle situation. Même si Eric (GAUTRET, manager du club) connaissait très bien les gars, lui qui est avec moi à chaque match, le fait qu’ils n’aient pas ma présence, notamment sur les coachings, les a, semble-t-il, un peu perturbé.”

L’absence de votre leader, Joao GERALDO, sur certains matchs, n’a-t-elle pas non plus été un facteur important (absent sur certains matchs pour disputer des tournois de qualification aux Jeux olympiques de Paris) ?

“Sûrement, mais je pense que c’est surtout une accumulation de choses. Oui, il y a l’absence de Joao GERALDO sur certains matchs importants, mais il ne faut pas oublier que Jon PERSSON a aussi été absent sur les deux premiers matchs (pour paternité). Ces deux faits de saison, combinés avec mon absence de trois mois, n’ont pas aidé à rendre la saison facile.”

Vous faites votre retour avec un sprint final bien négocié ?

“Je fais mon retour contre l’Alliance Nîmes-Montpellier des frères LEBRUN où, même si on a perdu, il fallait montrer que nous avions envie de tout bouffer et d’aller chercher des points sur les trois derniers matchs. Chaque rencontre restante était comme une finale. Les joueurs, même s’ils étaient tendus, ont su être solides et quand on les a vu aussi contents en fin de saison, on se dit que c’était chaud.”

Les supporters ont été un soutien supplémentaire ?

“Oui, je crois qu’on est l’un des seuls clubs à avoir un groupe de supporters comme “La Meute” (nom du groupe de supporters des Loups d’Angers). Avoir des supporters comme eux, c’est vraiment de la folie ! Ils insufflent une énergie supplémentaire qui transcende complètement les joueurs, à domicile, mais aussi à l’extérieur. Je me souviens lorsque l’on a joué à Jura Morez, ils étaient dans la salle d’entraînement du club, à pousser notre équipe en vidéo. Ils se sont aussi déplacés à Hennebont. Si pour eux, c’est une chance incroyable de voir des joueurs de haut niveau, c’est aussi une chance pour nous de les avoir.”

Au niveau individuel, Bastien REMBERT a décroché le titre de champion de France de double mixte (avec Camille LUTZ, aussi championne de France individuelle). De son côté, Joao GERALDO se rendra aux JO pour jouer en équipe. Une belle récompense pour tous les deux ?

“Oui, c’est sûr qu’ils le méritent. Pour Bastien REMBERT, c’est quelque chose de magnifique ! Il n’a pas disputé beaucoup de matchs avec nous, même si lorsque l’on a fait appel à lui, il a répondu présent même s’il peut encore faire mieux en individuel. Ce sont de bonnes bases pour lui, c’est vraiment génial. Pour Joao GERALDO, je lui dois tout mon respect. Il a fait des tournois à droite et à gauche dans le monde entier. Dans les moments où je lui ai dis, “on a besoin de toi”, il m’a dit, “tu peux compter sur moi”. Un vrai compétiteur !”

Quelles sont les perspectives pour la saison prochaine ?

“Déjà, on repart avec le même groupe. On a eu des joueurs qui pouvaient venir au club et apporter une plus-value, mais avec les gars, on se connaît bien et en plus, ils sont tous en fin de contrat en 2025. C’est l’occasion de faire une dernière bonne saison ensemble. On vise le podium, pourquoi pas le titre champion, mais on ne veut surtout pas revivre la bataille du maintien.”

Vous, qui êtes entraîneur de l’équipe Pro depuis 2000, trouvez-vous que le championnat est de plus en plus relevé ?

“En réalité, je pense que c’est assez fluctuant. On est l’un des trois grands championnats au monde avec l’Allemagne et la Chine. C’est sûr qu’on a la chance d’avoir de supers joueurs, français et internationaux, ce qui rend le championnat hyper attractif. C’est chouette car, quand on vient en Pro A, je pense que c’est avant tout par passion.”

Que ce soit lors du match aller à domicile ou du match retour à Montpellier, les frères LEBRUN étaient présents. Qu’est-ce qu’on se dit quand on les voit sur la feuille de match ?

“Au début, on est contents, on se dit qu’on va se confronter au gratin du tennis de table français. Puis, on se dit rapidement que sur le plan sportif, ça va être compliqué. Je trouve même que ça fausse un peu le championnat. Quand on voit Caen, qui a gagné à l’aller et au retour contre l’Alliance Nîmes-Montpellier, où les frères LEBRUN étaient absents, c’est sûr que pour nous, qui les avons joués sur la double confrontation, on voit la différence à la fin.”

C’est votre meilleur souvenir de la saison ?

“Oui, incontestablement. À l’aller, leur père, que je connais bien, m’avait dit qu’ils ne seraient pas là, à cause d’un tournoi mondial ayant lieu en même temps. Puis, il m’appelle 3 jours avant la rencontre pour me dire qu’ils seront finalement là. Toutes les places se sont arrachées en quelques minutes. Même après la fermeture de la billetterie, il y a eu plus de 7 000 demandes. On aurait pu aller jouer au Stade Raymond Kopa, une vraie fête du tennis de table ! Le match retour est aussi un bon souvenir, car c’était mon retour à la tête de l’équipe. Moi qui n’ai pas vécu le Covid, car j’entraînais des athlètes de haut niveau, qui ne se sont pas arrêtés de jouer pendant la pandémie, c’était la délivrance. J’ai pris conscience, ce jour-là, de la chance que l’on a de faire ce métier.”