Retour avec Jonathan BELOUIN, l’entraîneur-joueur du FC Plessis-Grammoire, sur les matchs de coupe de ses équipes seniors. Mais malgré les qualifications de ses deux équipes, il nous partagera son sentiment de ras-le-bol d’entraîneur, au vu du gros manque d’implication de ses joueurs. Avec le potentiel de son groupe, ce sont des impressions de gâchis qui prédominent actuellement dans son esprit. Il attend une vraie prise de conscience de ses joueurs, afin de redresser la barre et ainsi de vivre une saison plus sereine.

Bonjour Jonathan, pouvez-vous revenir sur votre match du week-end dernier, à Auverse-Mouliherne ?

“Dimanche dernier, nous nous sommes déplacés à Mouliherne pour y défier leur équipe fanion, comptant pour le deuxième tour du Challenge de l’Anjou. Je ne vais malheureusement pas parler de ce match gagné aux tirs au but…”

Malgré la qualification, vous avez un sentiment de ras-le-bol, pouvez-vous nous en dire plus ?

“En effet, au-delà de notre qualification, je vais plutôt exprimer mon ras-le-bol. Les deux équipes du FCPG jouaient ce week-end leur match. Nous sommes actuellement quarante-trois licenciés et j’ai pu compter que sur vingt joueurs, ce week-end, pour faire deux équipes… Vous l’aurez compris, nous avons eu plus d’absents que de présents. J’en ai ras-le-bol, je passe de mon jeudi à mon dimanche avec mon téléphone pour motiver et trouver des joueurs… On recommence comme la saison dernière, je n’en peux plus.”

Pourtant, certains joueurs vous avaient donné la garantie d’être plus investis ?

“Oui, certains m’avaient promis du changement cette saison, mais tu recommences comme avant, c’est sincèrement lamentable… Certains joueurs sont présents un week-end sur deux, d’autres un sur trois, d’autres encore moins… Pourtant, nous faisons de bons résultats en enchaînant une quatrième victoire consécutive, mais c’est vraiment du gâchis quand je vois la qualité du groupe.”

Il y a une certaine frustration de ne pas obtenir tout le potentiel de votre groupe de joueurs ?

“Chaque week-end, je ne peux pas compter sur toutes mes forces. Nous pouvons jouer le haut de tableau, si nous avons tout notre effectif, mais vous allez voir que l’on va s’effondrer à cause du manque de présence. C’est rageant, même très rageant, en tant que coach de savoir que l’on peut faire quelque chose de fort, mais qu’on ne va pas s’en donner les moyens…”

Vous semblez découragé ?

“Personnellement, je ne suis pas récompensé par les joueurs pour mon investissement au club, je n’ai jamais osé dire cette phrase par humilité, mais c’est pourtant bien vrai…”

Avec les circonstances actuelles, il sera compliqué de jouer le haut de tableau en championnat ?

“Bien sûr ! Comment jouer les premières places, lorsque l’on n’a jamais la même défense ou ni le même entrejeu ? Je ne suis pas devin, j’espère me tromper, mais si les gars ne redressent pas la barre, nos bons résultats actuels seront les derniers.”

C’est un vrai message que vous voulez faire passer à vos joueurs ?

“Je tape du poing sur la table, mais je sais que cela va tomber dans les oreilles des sourds… Heureusement, j’ai dans mon équipe première, un petit noyau solide de joueurs qui se battent pour moi et le FCPG, à chaque match et je les remercie pour cela.”

Avec le manque d’effectifs, vous et votre adjoint, avez dû remettre les crampons, malgré vos états de forme limités ?

“Ce dimanche, les deux équipes ont joué à onze joueurs, j’ai dû mettre mes crampons et jouer 1h30, mon état physique ne tient plus à grand-chose, à cause de mon handicap, mais j’ai tenu mon rang. Je sais que je finirais en fauteuil dans dix piges, mais j’ai toujours mouillé le maillot que j’ai porté, peu importe le club et j’ai toujours respecté mes coéquipiers et donné tout pour eux. Jean, mon adjoint en B, a dû lui aussi jouer 1h30, alors qu’il est blessé et ne peut quasiment pas courir. Et vous savez quoi, les deux équipes ont gagné, pour vous dire la qualité du groupe.”

Avez-vous un dernier mot à nous dire ?

“Je voulais finir en disant COURAGE à tous les entraîneurs qui sont dans la même situation que moi ou Jean, qui ne sont pas forcément respectés et remerciés pour leurs efforts et qui continuent malgré tout, à tout donner pour l’amour qu’ils ont pour ce sport.”

Challenge de l’Anjou, 2e tour.

ES Auverse-Mouliherne – FC Plessis-Grammoire : 1-1 (tab.: 2-4)

 

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