Rencontre avec Léo BERTEIN, le gardien de but des Ducs d’Angers. Sportif à la fois calme et serein, il nous raconte son parcours sportif, ses meilleurs souvenirs et nous donne son avis sur le hockey sur glace en France. Entretien.

Bonjour Léo, pouvez-vous, nous raconter votre parcours de hockeyeur ?

“J’ai commencé le hockey sur glace au club de Dunkerque, dès mon plus jeune âge et jusqu’à l’âge de seize ans. Ensuite, je suis parti jouer un an à Rouen, en catégorie Cadet, puis à Reims pendant deux ans, en Cadet et Junior.”

Ensuite, vous avez eu la chance de passer professionnel ?

“En effet, après Reims, j’ai eu la chance d’évoluer trois saisons aux Gothiques d’Amiens, en tant que deuxième gardien de but. Puis, j’ai été joker médical pendant les play-offs aux Albatros de Brest. A la suite de cette expérience, je suis retourné à Amiens une saison.”

Votre pige à Brest n’a visiblement pas été oubliée, car vous avez été rappelé par le club ?

“Le club des Albatros de Brest m’a rappelé pour être le gardien de but titulaire. Après deux bonnes saisons au club, j’ai été sollicité par le club d’Angers. Je suis au club des Ducs d’Angers depuis cette saison.”

Pourquoi avoir choisi d’être gardien de but ?

“Au départ, je suis issu d’une famille de hockeyeurs. Mon arrivée dans le hockey s’est faite naturellement. Quand je jouais avec mon oncle et mon cousin, j’étais souvent dans les buts. Cela m’a paru évident d’être gardien de but.”

Quelles sont les particularités d’un gardien de but de hockey sur glace ?

“Il faut déjà avoir envie d’être dans les buts, de faire des arrêts. Après, c’est un état d’esprit avant tout. Il y a des aspects qui rentrent en jeu. Il faut être travailleur et être attentif aux détails. Un bon gardien de but doit être fort mentalement.”

Justement, avez-vous un préparateur mental, au sein du club ?

“Oui, nous avons un préparateur physique et mental. Le mental est très important pour être performant. Lorsque l’on est gardien de but de hockey sur glace, il est très difficile d’être à 100% concentré pendant les soixante minutes d’un match. Il faut savoir gérer notre concentration et être attentif dans les moments décisifs. Cela prend beaucoup d’énergie. Au sein du club, il manque juste un entraîneur de gardien de but, qui pourrait nous aider à progresser encore plus.”

Comment voyez-vous l’évolution du hockey sur glace, en France ?

“Disons, que le hockey sur glace français a encore des lacunes, mais il se développe et c’est en bonne voie. Je trouve qu’il a beaucoup évolué depuis dix ans.”

Pensiez-vous devenir, un jour, hockeyeur professionnel ?

“Je n’ai jamais pensé que je deviendrais professionnel. Cela s’est fait naturellement. Je n’ai pas non plus de regret dans mon parcours actuel.”

Pourquoi avoir choisi de rejoindre les Ducs d’Angers ?

“Au départ, cela n’était pas prévu, c’était un peu une surprise. D’ailleurs, j’avais resigné au club des Albatros de Brest. Mais le club a eu des problèmes financiers et ils ont été rétrogradés en division inférieure. Ma signature, à Angers, est arrivée sur le tard, moins de deux mois avant la reprise de la saison. C’est à ce moment-là, que j’ai eu des contacts avec Angers et cela s’est fait très rapidement. Angers a souvent eu de bons gardiens de but. Il y avait donc une certaine attente, lors de mon arrivée.”

Qu’est-ce qui vous a séduit dans le projet du club des Ducs d’Angers ?

“Je dirais que le club est bien structuré, qu’il y a un état d’esprit familial avec une bonne ambiance. Je pense que c’est une force pour le club. Pour ma part, j’ai été bien accueilli.”

Avez-vous un mot à dire sur le projet de la nouvelle patinoire ?

“Je pense que les infrastructures vont permettre de mieux accueillir les familles en les faisant venir en nombre. Cela donnera envie de venir voir nos matchs.”

Avez-vous des ambitions personnelles ?

“J’ai toujours eu l’objectif d’être un compétiteur et d’être performant à chaque match. Je ne fais pas trop attention à mes statistiques personnelles, car ce n’est pas le plus important. Le sport est un tout. L’objectif, qu’il soit collectif ou individuel, est de gagner le titre de champion de France. Mais c’est quelque chose qui se construit sur toute une saison. Et concernant l’équipe de France, c’est clair que j’aimerais y retourner. Dans la vie, il est dommage de se fixer des barrières.”

Pouvez-vous revenir sur la saison compliquée des Ducs d’Angers ?

“Dans la saison régulière, on a manqué de constance et de régularité. On a eu des engrenages positifs et négatifs. C’est un ensemble qui fait partie d’une saison. On a fait le choix d’avoir un jeu plus rugueux. Malgré cela, on a tout de même réussi à accrocher la sixième place au classement.”

Quel est votre avis sur le nombre de matchs qui a doublé cette saison ?

“Je pense que c’est une bonne chose, car on progresse plus dans les matchs, que pendant les entraînements.”

Quelle est votre relation avec votre concurrent direct au poste de gardien de but, en la personne d’Alexis Neau ?

“Avec Alexis, la concurrence est saine et tout se passe bien. Il y a toujours un état d’esprit particulier entre les gardiens de but. On se soutient mutuellement. Pour ma part, je me donne toujours les moyens pour jouer.”

Avez-vous des souvenirs qui vous ont marqué dans votre parcours sportif ?

“Je dirais mon premier tournoi en catégorie Moustique (6 ans), avec l’équipe de Dunkerque, au Coliseum d’Amiens. C’était la première fois que l’on était en groupe. Il y avait eu une bonne ambiance. Il y aussi le championnat du Monde U20. C’était un super souvenir de participer à un tournoi international et de jouer contre des équipes étrangères. Il y a un an, j’ai aussi eu la chance de disputer mon premier match avec l’équipe de France A, contre la Slovénie, lors du tournoi des quatre nations, même si nous avions perdu quatre buts à trois. Cela s’était fait dans un concours de circonstances, car j’avais été appelé pour pallier à un remplacement. J’avais trouvé super sympa de revêtir le maillot bleu de l’équipe de France et d’entendre l’hymne national. Cela m’a donné la motivation d’y retourner un jour et d’y regoûter.”

Avez-vous des personnes qui ont pu vous marquer ?

“Globalement, tous les entraîneurs, que j’ai connus, m’ont marqué et m’ont apporté à leur façon. A Dunkerque, en catégorie Benjamin, il y a eu Julien Payre. A l’époque, il était à la fois mon entraîneur et joueur avec l’équipe première de Dunkerque. C’est lui qui faisait les entraînements de gardien de but. Il y a aussi Vladimir Covin, lors de mon passage à Reims en cadet. Il avait un gros caractère, hors du commun. Mais, c’est lui qui m’a donné le goût de l’effort. Je pense aussi à mes parents, qui me suivent dans mon parcours sportif et qui me soutiennent toujours. Je leur donne des nouvelles de nos résultats, après chaque match, au téléphone.”

Avez-vous déjà pensé à votre après carrière ?

“Il faut toujours la prendre en considération et c’est quelque chose, auquel il faut penser. Je n’ai pas encore trop d’idées, mais pourquoi pas dans le sport, car on ne sépare pas se sa passion.”

Pourquoi ne pas devenir entraîneur ?

“Actuellement, tous les mercredis après-midi, je m’occupe des U17 dans les entraînements physiques. Pour moi, c’est important d’être au contact des jeunes et du hockey mineur. Le club d’Angers s’occupe de faire évoluer les choses, notamment dans le développement des jeunes. C’est d’ailleurs le bon moment pour s’y mettre et s’y intéresser. Il faut aussi donner le goût aux jeunes de venir voir nos matchs.”

Qu’aimeriez-vous dire aux jeunes qui ne connaissent pas le hockey sur glace ?

“Il faut savoir être curieux, en ayant la curiosité de découvrir ce sport de glisse, qui est le hockey sur glace. D’ailleurs, on est rarement déçu par ce sport.”

Pour finir, avez-vous un avis sur le manque de médiatisation, de votre discipline sportive ?

“Je trouve cela dommage, que l’on ne mette pas assez la lumière sur le hockey sur glace en France, même si cela évolue progressivement et que cela reste périodique. Il y a tellement de sport, qu’il est parfois difficile de se faire une place. Cela passe aussi par de bons résultats sportifs. L’équipe de France commence à avoir des résultats positifs, c’est intéressant en matière de visibilité. C’est important pour la progression du hockey dans notre pays. Les Français n’ont pas la mentalité pour le hockey, donc, il faut que leur équipe gagne pour les faire aimer, puis adhérer à notre sport. Le gros travail est de changer les mentalités. Cela passe par avoir plus de matchs dans la saison. On est dans une bonne évolution. Et puis, on se doit, en tant que sportif, d’être à la disposition des médias, pour communiquer.”

Léo BERTEIN

Né le 23 Février 1991 à Dunkerque

Poste : Gardien de but

Club actuel : Les Ducs d’Angers

Anciens clubs : Les Corsaires de Dunkerque, Les Dragons de Rouen, Les Phénix de Reims, Les Gothiques d’Amiens et Les Albatros de Brest.

Galerie photos : Charlotte TACARLO.

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