Entraîneur à la fois passionné et exigeant, mais aussi professeur d’EPS et formateur, Olivier Polard nous parle de son nouveau projet sportif au club de l’ASI Mûrs-Erigné Football et de son investissement dans la section sportive du lycée Pouillé à Angers. Entretien.

Bonjour Olivier, pouvez-vous nous parler de votre section sportive, au lycée Pouillé à Angers ?

“Le but de cette section a deux objectifs. Le premier est de former des éducateurs avec l’aide de Yohann Lhommédé, qui intervient sur la formation, et du Comité Départemental de Maine-et-Loire. Le deuxième objectif est le perfectionnement du joueur, avec deux entraînements et un match par semaine.”

Quelle est la tranche d’âge de la section sportive ?

“La moyenne d’âge se situe entre 15 et 18 ans.”

Combien a-t-elle de membres ?

“La section est constituée de 75 joueurs, dont deux filles. Nous avons vingt-cinq élèves de terminale, vingt-cinq de Première et vingt-cinq de Seconde. Le lycée de Pouillé regroupe 600 élèves en tout.”

Depuis combien d’années, cette section sportive existe-t-elle ?

“J’ai créé cette section, il y a douze ans maintenant.”

Pourquoi avoir choisi de créer cette section sportive ?

“Le lycée de Pouillé est un établissement scolaire essentiellement masculin dans le domaine agricole. Cette section sportive est la seule du département dans le Maine-et-Loire. Nous sommes aussi en partenariat avec la Fédération Française de Football. Ce sont aussi eux qui ont validé notre projet.”

Parlez-nous des résultats sportifs de votre section ?

“Nous avons eu la chance, cette année, de devenir champion d’Europe à Nantes, lors d’un tournoi sur quatre jours. La compétition regroupait douze équipes françaises et quatre équipes étrangères. Chaque année, un championnat de France est organisé. Mais cette année, avec le championnat d’Europe de Football « Euro 2016 » en France, la FFF a décidé de créer un championnat d’Europe scolaire à Nantes. Tout en s’inscrivant dans un projet éducatif, ce titre est une belle récompense pour les élèves à titre sportif. Ils en ressortent grandis. Par le passé, notre section sportive a réussi, à être trois fois champion de France, sur les douze dernières années et donc depuis sa création.”

Quel est l’objectif fondamental ?

“L’objectif fondamental est une bi-qualification. C’est à la fois, de donner la possibilité d’acquérir deux diplômes, scolaire et sportif. Cela est un vrai plus, en terme de compétences, pour l’insertion professionnelle des jeunes dans la vie active.”

Quelles sont, selon vous, les similitudes entre le côté entraîneur et le côté professeur ?

“Je pense être le guide d’un projet. A mon avis, ce n’est pas l’entraîneur qui décide, mais le groupe. Chacun doit s’y retrouver, à la fois, dans le plaisir et dans sa pratique. Le joueur doit aimer et s’épanouir dans le projet proposé. En tant qu’entraîneur et/ou professeur, on se doit d’être en lien avec le groupe, savoir fédérer le groupe à son projet. Je pense que l’on est des bâtisseurs qui passent par les fondamentaux. Je pense que c’est à l’entraîneur et/ou le professeur de s’adapter à son public. C’est pour moi, une des plus grosses qualités de l’éducateur. On se doit de faire ressortir tout le positif d’un joueur et d’en tirer le meilleur de son potentiel. L’individu doit être au service du collectif.”

Comment vous définissez-vous ?

“Je dirais que je me définis avant tout comme un éducateur. On devrait tous être des éducateurs de valeurs, surtout dans le monde amateur. On ne doit pas être que dans la performance sportive. Notre rôle est aussi de trouver autres choses, comme créer du plaisir. Je trouve que certains éducateurs négligent le plaisir de la pratique sportive, en privilégiant trop le résultat sportif. Il faut savoir aussi bien s’entourer et savoir se donner des moments hors du football, afin de se régénérer. Il est bien d’avoir plusieurs activités différentes et de côtoyer d’autres personnes. C’est aussi pour moi, une richesse humaine. Je suis quelqu’un de naturellement positif. Je m’emploie à toujours mettre un cadre pour que chacun s’épanouisse dans son activité ou son projet.”

Quel est votre avis sur l’évolution de la société ?

“Dire que les jeunes d’aujourd’hui sont plus compliqués est pour moi un discours de vieux, car c’est, à travers ce que le monde adulte donne en matière de valeurs, que la jeunesse prend telle ou telle direction. Et puis tous les jeunes ne sont pas à mettre dans le même chapeau. Je ne pense pas, que les jeunes soient plus compliqués à gérer qu’il y a vingt ans. C’est surtout dû à l’évolution de la société à tous les niveaux. L’éducateur est un complément dans les valeurs, à savoir le respect, le goût de l’effort, savoir transmettre. Il faut aussi savoir faire grandir le jeune. Il se construit avec les valeurs que l’on lui donne. Cela s’appelle l’expérience des rencontres. Les valeurs ne passent pas uniquement par les discours, mais aussi à travers ce que l’on fait vivre en collectivité. Il faut savoir utiliser les moyens de partage et s’en donner les moyens.”

Parlez-nous de votre nouveau projet d’entraîneur au club de l’ASI Mûrs-Erigné Football ?

“Je me lance dans un nouveau projet de trois saisons au club de l’ASI Mûrs-Erigné Football. Le projet du club, à la fois sportif et humain, m’a plu. Je serais accompagné par Mickaël Boussion, qui sera mon adjoint au niveau des seniors. Il sera aussi responsable des équipes de jeunes. Dans le projet global, je ne serais pas axé uniquement sur les seniors, mais j’aurais aussi une vision sur l’ensemble des catégories du club. Ma réussite avec le groupe seniors sera de construire un groupe convivial et performant. Pour moi, la connaissance de mes joueurs sera importante. Plus on connaît l’individu et plus on peut le rendre performant avec un discours adapté. Parfois, juste une présence suffit. Il faut avoir confiance en ses joueurs, avec l’objectif ensuite, de recevoir leur confiance. C’est ce qui fait le côté fédérateur. Cela passe aussi par la qualité des entraînements proposés, le partage et l’écoute avec ses joueurs. La crédibilité s’obtient par ce que l’on met en place. Elle est donnée par ses joueurs et l’on a toujours besoin de se remettre en cause. D’ailleurs, elle est hyper importante. Le jour, où je ne prendrais plus de plaisir, j’arrêterais d’être entraîneur. Je suis avant tout un passionné exigeant. Je me donne à chaque fois des projets de trois ans, dans les clubs où je passe.”

Pour finir, auriez-vous l’envie, un jour, d’entraîner à un niveau plus élevé de que ce que vous avez pu connaître par le passé ?

“Même si je pourrais entraîner à un niveau de CFA ou CFA2, de par mes compétences, de mes expériences acquises ou de mes diplômes, d’un point de vue du choix personnel et familial, cela n’est pas d’actualité, mais je ne ferme pas la porte pour autant.”

Olivier POLARD

Né le 3 Mai 1973 à Angers.

Profession : Professeur EPS

Autres activités : Formateur et membre de la détection à la Ligue Atlantique de Football.

Club actuel : ASI Mûrs-Erigné

Anciens clubs : US Beaufort en Vallée, US Mazé, Angers Intrépide, ES Bouchemaine.

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