Quatre ans après sa dernière saison en LFB, l’Union Féminine d’Angers a décroché, cette année, son ticket pour l’élite du basket français. Cette accession est le fruit d’un exercice 2020-2021 particulier, mais couronnée de succès et récompensée d’un titre en LF2. Retour sur une saison pleine de maîtrise, mais aussi forte en émotions.

C’est ce qu’on appelle un retour en beauté. Quatre ans après avoir quitté la première division, l’UFAB a mis les bouchées doubles pour se donner le droit de rejoindre l’élite nationale du basket féminin. Quatre longues saisons auront donc fallu aux joueuses de David Gautier, arrivé en 2016 en Anjou, pour rallier la LFB, qu’elles avaient quitté en 2017. Elles auraient pu croire à une remontée immédiate dès l’année d’après, mais une cruelle défaite en finale de play-offs face à Landerneau leur coûta leur promotion. En 2019, c’était lors des demi-finales que le parcours angevin se stoppa net, freiné par une élimination contre Toulouse. L’an dernier, le Covid-19 avait joué les troubles fêtes en gelant le classement de LF2 à la 17e journée de la phase régulière, les Angevines étaient alors classées troisièmes, mais pas de relégation ni de montée n’ont pu être officialisées. La saison 2020-2021 s’avérait donc pas comme les autres et marquée par l’absence de public pour les Blanches et Violettes à partir du mois d’octobre et le début du second confinement.

L’UFAB restait sur une série de dix victoires consécutives, début 2020, avant le premier confinement et l’arrêt de la compétition. La reprise du championnat en septembre dernier fut tout aussi prolifique en succès : huit victoires lors des huit premières rencontres, avant de chuter le 15 décembre face à Montbrison (62-57). Cette défaite fut la seule défaite des Angevines lors de l’année civile 2020, c’est dire la forme dans laquelle elles étaient et la détermination qu’elles affichaient d’entrée de jeu. En occupant les premières places du championnat dès l’entame de la phase régulière, Angers s’imposait donc comme un sérieux concurrent à la montée en LFB. Le second confinement déclaré en fin d’octobre 2020 marquait un temps d’arrêt de quelques semaines dans la saison de LF2 et surtout la fin de la jauge de spectateurs autorisés à assister aux matches de l’UFAB. Malgré les travées de la salle Jean-Bouin désertes, les basketteuses angevines ne lâchent pas l’affaire, s’emparent de la place de leader à la dixième journée et poursuivent sur leur lancée en 2021. Même si les joueuses de Gautier connaîtront deux nouvelles déconvenues à domicile en janvier face à Toulouse (67-72) et en février face à Rezé (59-77), elles continueront à impressionner en infligeant des gros scores notamment contre Mondeville (58-78), Montbrison (83-59) ou encore Chartres (90-64).

Alors que la montée en LFB se profile au vu de l’annulation des play-offs et de la domination angevine, l’effectif de l’UFAB est touché par le Covid-19 fin février et voit plusieurs de ses matches comptant pour le sprint final de la saison régulière être reportés. Au moment de la reprise des terrains début mars, les Angevines doivent donc faire avec un calendrier très chargé, mais déterminant pour obtenir l’accession en LFB. Elles gardent leur sérieux et continuent de ne céder quasiment aucune miette à leurs concurrentes. C’est lors d’une rencontre reportée de la 18e journée contre la Tronche-Meylan le 2 avril que l’Union Féminine d’Angers fait face à son destin. Si le club d’Anjou l’emporte, il retrouvera la première division nationale après y avoir évolué entre 2013 et 2017. Ce match pour le titre sera bien maîtrisé par les coéquipières d’Isis Arrondo qui s’imposent 64-55 et officialisent leur remontée en Ligue Féminine. Cette victoire lors de l’avant-dernier match symbolise l’achèvement de plusieurs années de travail. Ce sacre angevin est chaleureusement fêté dans les vestiaires isérois et l’ultime rencontre de la saison face au Pôle France sera finalement annulée pour cause de forfait de la part de l’équipe de la Fédération. L’UFAB est donc de retour dans l’élite et s’apprête à relever un nouveau défi : conserver sa place au sein de la LFB dans les années à venir.

Si cette année fut la bonne pour la troupe de David Gautier, c’est parce que le technicien originaire de Cholet a su bâtir une équipe compétitive et capable d’être régulière tout au long de la saison. Une bonne partie de l’effectif est encore jeune, trois joueuses de moins 21 ans ont été régulièrement utilisées et deux autres issues de la réserve évoluant en NF2 ont participé pendant quelques minutes au sacre de l’équipe première. Les recrues ont également apporté leur pierre à l’édifice. La Malienne Kankou Coulibaly, qui retrouvait sa partenaire en sélection Touty Gandega, s’est avérée décisive en affichant notamment la meilleure moyenne de points au terme de la saison (13,52 pts/match). Enfin, l’expérience des piliers d’un effectif souvent renouvelé comme Arrondo et Gandega, ayant rallié l’Anjou respectivement en 2017 et 2018, a gardé son niveau de performance et a vu son travail de longues années finalement récompensé en ce mois d’avril. Ce savant mélange a permis à l’UFAB de développer un jeu collectif attrayant et de démontrer le mental solide qui règne dans ses rangs. La dalle angevine a encore prouvé qu’elle était capable de tout.

Le mercato est lancé : deux recrues ont déjà été annoncées.

C’est sur la page Facebook du club que les deux nouvelles arrivées ont été officialisées. Grâce à deux vidéos de présentation, les spectateurs de l’UFAB ont pu l’espace de quelques minutes se familiariser avec deux nouvelles têtes qui aideront l’équipe de David Gautier à performer en LFB. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’UFAB n’a pas perdu de temps. Deux semaines après l’officialisation de la montée, c’est l’ailière forte de 30 ans Kekelly Elenga qui a rejoint Angers pour la saison prochaine en provenance de Chartres. La joueuse originaire de Picardie a déjà connu la LFB puisqu’elle y a évolué en 2017-2018 avec la Roche-sur-Yon. A son jeune âge, la seconde recrue de l’UFAB a déjà elle aussi une belle expérience de la première division. Du haut de ses 21 ans, la grande Nabala Fofana (1,92 m), évoluant au poste de pivot, a cette saison porté les couleurs de Lattes-Montpellier, club qualifié pour les play-offs de LFB qui se déroulent dans les prochaines semaines. L’effectif angevin s’étoffe donc avant le début des hostilités prévu en septembre 2021, mais le mercato n’est pas fini, d’autres joueuses pourraient poser leurs valises en Anjou dans les prochaines semaines.

 

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