Rencontre avec Macira SACKO, joueur au club d’Angers Noyant Handball Club. Il nous raconte son parcours, jalonné par des concours de circonstances. Il nous parle aussi de ses meilleurs souvenirs sportifs et de ses objectifs avec Angers-Noyant. Entretien.

Bonjour Macira, racontez-nous votre parcours sportif ?

“Mon parcours sportif a commencé tard. J’ai débuté le handball à l’âge de seize ans, au Handball Club Belley, par un concours de circonstances.”

Ah bon, expliquez-nous ?

“Dans ma jeunesse, je ne pratiquais pas particulièrement, de sports en club. C’est lors d’une fête du sport, au mois de Juin, où il y avait différents stands d’activités sportives, que je me suis alors essayé au handball. Après quelques tirs, j’ai été repéré par l’entraîneur des moins de 18 ans de Belley, qui évoluait à ce moment-là, en championnat de France. J’étais un joueur gaucher et mon profil l’intéressait. J’ai donc accepté de rejoindre le club pour la saison suivante. Je me souviens que la préparation d’avant-saison avait été dure, car je n’avais pas l’habitude de ce genre de chose. Il m’a fallu six mois pour apprendre les bases du handball, sur les tirs, les sauts et la coordination. Il faut dire aussi, que je débutais de zéro. Mais je n’ai jamais rien lâché, car je sentais une évolution. Malheureusement, on est descendu au niveau régional, en fin de saison. Cela a, alors, été plus facile pour moi de jouer à un niveau en dessous, par rapport aux responsabilités que l’on me donnait dans l’équipe. J’étais de temps en temps surclassé en équipe seniors. Étant un joueur gaucher, cela m’a permis de beaucoup jouer.”

Vous avez ensuite allié vos études avec votre carrière de sportif de haut niveau ?

“Oui en effet, tout en jouant à Belley en pré-national, je continuais mes études en informatique, à Lyon. Puis, au cours de ma deuxième saison, j’ai signé à Vénissieux Handball, où l’entraîneur de l’époque m’avait repéré. L’année suivante, j’ai navigué entre l’équipe première, qui évoluait en Nationale 2, et l’équipe réserve. Après une bonne deuxième partie de saison, où j’ai plus joué, nous sommes montés en Nationale 1. A la suite de cette nouvelle bonne saison de ma part, malgré la descente en fin de saison, j’avais effectué la majorité des matchs en tant que titulaire. J’ai alors eu pas mal de sollicitations. Mais j’ai préféré rester au club, afin de continuer en parallèle mes études sur place (BTS informatique). J’ai choisi de continuer mon cursus scolaire en faisant une licence, tout en continuant ma carrière sportive à Vénissieux, en Nationale 1.”

Vous avez ensuite eu l’occasion de devenir joueur professionnel de Handball ?

“Après un match amical contre Aurillac (Division 1), j’ai reçu un message via Facebook, de la part de l’entraîneur d’Aurillac, qui me proposait de devenir joueur professionnel. Malheureusement, trois semaines plus tard, le club a déposé le bilan. Après coup, je ne dirais pas, que j’ai des regrets d’avoir accepté la proposition, mais plus que j’ai de la déception par rapport à la finalité de cette expérience.”

Ensuite, vous avez eu une nouvelle proposition d’un club de Division 1 ?

“En effet, j’ai eu ensuite l’opportunité de faire un essai, qui s’est avéré concluant, au club de Tremblay-en-France Handball, qui évoluait en Division 1. J’ai donc signé pour une saison. Je pense avoir effectué une saison correcte pour quelqu’un qui n’avait jamais connu ce niveau auparavant. J’étais de mieux en mieux dans l’équipe, jusqu’à ce que je sois victime d’un staphylocoque, qui m’a stoppé dans mon élan. Résultat, j’ai dû effectuer trois mois d’arrêt. A mon retour, je jouais moins, mais Tremblay a tout de même décidé de me faire resigner deux saisons, en me prêtant, un an, au club de Pontault-Combault Handball, alors en Pro D2. Lors de cette saison de prêt, nous avons réussi à nous maintenir avec le club de Pontault-Combault.”

Ensuite, vous avez été contacté par le HBC Semur ?

“Le club du HBC Semur, à l’époque en Pro D2, me voulait, mais Tremblay ne voulait pas me laisser partir, car il me restait encore un an de contrat. Ils m’ont finalement laissé signer à Semur. J’effectue une bonne saison avec près de 90 buts inscrits, malgré la descente d’un point. Cela ne s’était pas joué à grand-chose. J’en garde un peu de déception, car nous avions une belle équipe, mais la gestion de l’équipe n’avait pas été des meilleures. Cela avait sans doute joué dans la saison.”

Puis, vous êtes arrivé à Angers-Noyant Handball Club ?

“Angers restait sur une bonne saison en Pro D2 et j’ai trouvé que c’était le bon club pour me relancer. La première saison fut un peu galère. L’entraîneur de l’époque, David Penneau, qui m’avait fait venir au club, ne me faisait pas beaucoup jouer. Je ne comprenais pas trop pourquoi. Malgré la descente sportive, le club s’est maintenu financièrement. C’est à partir de ce moment-là, que Laurent Sorin est arrivé, en tant qu’entraîneur, afin de reprendre l’équipe. Je partageais le temps de jeu avec Borislav Nicolic. Nous formions une des meilleures paires d’arrière, du championnat. Nous étions très complémentaires. C’est à la suite de cette saison, que j’ai resigné deux saisons à Angers.”

Malgré la descente du club en Nationale 1 et malgré les sollicitations, vous avez tout de même souhaité rester au club d’Angers Noyant Handball ?

“Malgré la descente en Nationale 1, j’ai préféré la stabilité pour moi et ma famille. Je n’avais aucune raison de partir. J’ai pu discuter avec l’entraîneur, qui m’a dit que l’objectif serait de tout faire pour remonter en Pro D2. Pour le moment, nous sommes bien partis en championnat, mais nous ne devons pas lâcher et rester prudent.”

Parlez-nous de l’équipe de cette année ?

“Le groupe vit bien, les anciens transmettent leur expérience aux plus jeunes.”

Quels sont vos objectifs personnels et collectifs ?

“Le premier objectif est de retrouver la Pro D2 avec le club d’Angers Noyant. A titre personnel, tout dépendra de mon physique, mais j’aimerais jouer à haut niveau, jusqu’à l’âge de 34 ou 36 ans, si mon corps me le permet. Les jeunes nous poussent à jouer à fond. J’aimerais rejouer un jour en Division 1. Je pense que j’en suis capable et je suis très motivé pour atteindre cet objectif. Je pense que toute l’expérience acquise en Pro D2 pourra me servir.”

Pourquoi avoir choisi de jouer au poste d’arrière ?

“A la base, j’attaque plus que je ne défends. Et puis, c’est toujours sympa de marquer des buts.”

Aviez-vous un jour, pensez à devenir un joueur de handball professionnel ?

“Quand je me repense à tout mon parcours sportif, je le trouve incroyable, car il a été bâti sur plein de concours de circonstances. Quand tout a commencé à l’âge de seize ans, jamais je n’aurais imaginé ce qui m’est arrivé. Je suis conscient que c’est une chance. C’est pour cela que je prends tout comme du bonus.”

Avez-vous des regrets, concernant votre parcours sportif ?

“Non, je n’ai aucun regret, car je pense que j’ai eu, jusqu’à maintenant un beau parcours. Le fait d’avoir changé beaucoup de clubs m’a fait beaucoup grandir. Cela m’a aussi permis de rencontrer de nouvelles personnes, qui m’ont apporté de l’expérience.”

Quelle sont justement, les personnes qui ont pu vous marquer dans votre parcours ?

“Je commencerais par les entraîneurs qui m’ont fait venir au club à Vénissieux, c’est-à-dire, Gérard Dehareau et Gérard Vincent. Ce dernier m’a fait croire en mes qualités. Tous les deux connaissaient bien le handball. J’ai appris des choses, que j’ai retrouvées dans d’autres clubs par la suite. Je pense aussi à Jérémy Roussel, qui était mon entraîneur à Aurillac. C’était quelqu’un de consciencieux, de rigoureux dans sa manière de faire et de très observateur. Et puis, il y a l’équipe de Tremblay-en-France dans son ensemble. C’est à ce moment-là, que j’ai découvert le très haut niveau, avec aussi des matchs de coupe d’Europe. D’ailleurs, nous avions disputé et malheureusement perdu, la finale de la coupe des coupes, contre l’équipe VFL Gummersbach (Allemagne), à Cologne. J’avais alors vingt-cinq ans et ce fut un super voyage et une superbe expérience. De toute façon, j’ai connu des bons souvenirs, dans chaque club où je suis passé.”

Justement, que pouvez-vous nous dire sur le club d’Angers-Noyant Handball Club, votre club actuel ?

“Je dirais que le club est bien structuré, avec des personnes qui s’investissent beaucoup. Je trouve cela très bien. Après au niveau sportif, j’ai vécu quatre superbe années, avec une bonne ambiance. Moi qui suis quelqu’un de posé et de calme, je me suis bien intégré. Et puis, de par mes performances sportives, j’essaie d’être un leader sur et en dehors du terrain.”

Qu’aimeriez-vous dire, aux supporters du club ?

“J’aimerais leur dire de venir de plus en plus nombreux nous encourager, car l’objectif est clairement la remontée en Pro D2. En tant que sportif, on a besoin d’eux, c’est important d’être soutenu. Et puis, c’est toujours sympa de partager les victoires avec eux. Cela nous donne des forces.”

Pour finir, que pouvez-vous nous dire sur Laurent Sorin, votre entraîneur à Angers-Noyant Handball Club ?

“C’est un entraîneur très pédagogue et patient. C’est quelque chose qui m’a frappé chez lui. Il demande souvent des nouvelles de l’état de santé de ses joueurs. Il est à la fois proche et à l’écoute. Il prend le temps d’expliquer ce qu’il veut mettre en place tactiquement. Il arrive aussi à tirer le meilleur des capacités sportives de chacun. C’est quelqu’un qui travaille sur les qualités d’un joueur. Il est aussi proche de nous. Cela lui permet de bien cerner le type de joueur que l’on est et d’en tirer tout le potentiel. Son discours est fédérateur, autant pour la section professionnelle, que pour l’ensemble du club. D’ailleurs en fin de saison dernière, son projet sportif et son discours ont été importants dans ma décision de rester au club.”

Macira SACKO

Né le 14 Décembre 1985 au Mali.

Club actuel : Angers-Noyant Handball Club

Anciens clubs : Handball Club Belley, Vénissieux Handball, Aurillac Handball, HBC Semur, Tremblay-en-France Handball, Union Municipale Sports Pontault-Combault Handball Club.

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