A l’heure d’un football où tout va (trop) vite, où les sommes et le nombre des transferts se multiplient, il reste des joueurs qui restent des dizaines d’années dans un seul et même club. C’est le cas de Pierrick Capelle, Abdoulaye Bamba et Romain Thomas, tous trois restés plus de 10 ans au SCO d’Angers. Ils ont décidé cette année de raccrocher les crampons, retour sur leurs passages marquants en terre angevine. 

Pierrick Capelle, le capitaine exemplaire

Il est le capitaine du SCO depuis nombreuses années, il arrête sa carrière à plus de 39 ans. Pierrick Capelle est arrivé dans le 49 en juillet 2015 en tant que remplaçant dans une équipe qui vient de monter en Ligue 1. Milieu de terrain travailleur doté d’un QI foot et d’une dalle angevine sans pareille il gagne sa place de titulaire à force de rigueur et de sérieux. Il a tout connu avec le maillot noir et blanc, la finale de la Coupe de France, la descente en Ligue 2 et la remontée l’année qui suit. C’est dans cette période compliquée que le public s’attache encore plus à son « Pierrot », alors que tous les joueurs valorisés sont rapidement partis, le chouchou de Raymond Kopa a décidé de rester pour aider le club à remonter le plus rapidement possible. Il aide les Noirs et Blancs à accrocher la seconde place avec notamment un coup franc magique pour égaliser à Annecy lors de la 37e journée. Resté en Ligue 1 pour encadrer les jeunes, son temps de jeu s’est foncièrement dégradé au cours des deux dernières saisons. Ovationné pour sa dernière à domicile contre Strasbourg il y a deux semaines, le numéro 15 angevin ne veut pas continuer dans le foot, en tout cas pas tout de suite, pour se concentrer sur sa vie de famille et sa fonction de conseiller municipal à Saint Jean de Linières.

Abdoulaye Bamba, l’homme de l’ombre

Abdoulaye Bamba est arrivé un an et demi après Pierrick Capelle. Formé à la Juventus, il passe cinq saisons à Dijon entre Ligue 1 et Ligue 2 avant de rejoindre le SCO en janvier 2017, libre de tout contrat après son départ du club bourguignon six mois auparavant. Il lui faudra une saison et demie pour réellement s’acclimater à l’Anjou et lancer véritablement son aventure angevine lors de l’exercice 2018/2019. Plus de 29 titularisations en championnat, le numéro 25 voit enfin son corps lui accorder un répit, lui qui avait enchaîné les pépins physiques la saison précédente. Aux côtés de Romain Thomas et Ismaël Traoré, il forme alors la colonne vertébrale d’une défense solide et difficile à manœuvrer. L’éclosion de Rayan Aït Nouri et une série de blessures viendront contrarier la saison suivante. Durant les exercices qui s’enchaînent, il alterne entre banc et titularisation, sans jamais perdre son statut de cadre du vestiaire. Comme Capelle, il choisit de rester lors de la saison en Ligue 2, retrouvant enfin une année pleine. Au fil du temps, son rôle évolue naturellement : moins décisif sur le terrain, il devient une présence essentielle dans le groupe, accompagnant les plus jeunes avec la bienveillance d’un grand frère. « Le vieux », comme l’appellent affectueusement ses coéquipiers, a notamment pris sous son aile des joueurs comme Sidiki Chérif, Jean-Mattéo Bahoya ou encore Marius Courcoul. Il ne quittera pas le SCO pour autant puisqu’il restera dans le club en tant qu’éducateur chez les U11.

Romain Thomas, le roc discret

Romain Thomas n’aura pas fini sa carrière à Angers, mais sa légende n’en reste pas moins importante. Arrivé libre de Carquefou en 2013, alors qu’Angers galère en Ligue 2, il s’impose d’emblée comme un titulaire indiscutable et un élément de confiance pour Stéphane Moulin. Solide, fiable, jamais dans l’euphorie, il est le genre de défenseur que les entraîneurs adorent. C’est en Ligue 1 qu’il prend une autre dimension. Associé à Ismaël Traoré, il forme l’une des paires de défenseurs centraux les plus solides et les plus emblématiques de l’histoire du club. À 1m93, il écœure les attaquants adverses non pas à coups de brutalité, mais par son intelligence de jeu, sa lecture des trajectoires et un sens du placement qui lui permet d’éteindre les dangers avant même qu’ils ne se concrétisent. Il est un acteur majeur des belles saisons angevines en championnat, ces années où le SCO s’installe durablement dans le milieu de tableau, loin de toute bataille pour le maintien. Son départ intervient un an après celui de Stéphane Moulin, et ce n’est pas un hasard. Entre les deux hommes, la relation dépasse le simple cadre professionnel. Thomas le suit à Caen, puis à Valenciennes l’été dernier, là où Moulin prend les rênes du club nordiste. La saison sera difficile, et Romain Thomas choisit de mettre un terme à sa carrière après celle-ci.