À trente-deux ans, Théo MOREAU s’est imposé comme un athlète handisport accompli et polyvalent. Champion olympique, d’Europe et multiple médaillé international, ce sportif atteint de surdité revient sur son parcours, ses performances et sa vision du sport, entre exigence, adaptation et passion.
Bonjour Théo, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
« Je m’appelle Théo MOREAU, j’ai trente-deux ans. Je suis atteint de surdité, je suis plutôt tourné vers le duathlon depuis deux ans. Avant, je faisais du triathlon, j’ai choisi de me tourner vers le Duathlon, car c’est beaucoup plus simple à gérer. Je cours avec des valides à 90 % du temps. »
Quelles sont aujourd’hui vos principales performances ?
« Comme je cours un peu partout avec les valides, en paracyclisme, en handisport aussi, j’ai plusieurs titres dans plusieurs disciplines. Le plus marquant était le titre de champion olympique sur le contre-la-montre en 2022. J’ai aussi été champion d’Europe du duathlon, vice-champion du monde, j’ai aussi remporté le championnat de France de paratriathlon chez les sourds, champion de France de contre-la-montre en paracyclisme. Ce sont des titres qui viennent récompenser le travail. »
Que représente le sport dans votre vie aujourd’hui ?
« Le sport me prend beaucoup de temps dans ma vie, notamment le temps libre. Il me permet aussi de vivre de superbes expériences, toutes les nouvelles compétitions auxquelles, je participe sont différentes, je me fais plaisir en pratiquant du sport. Quand j’arrive à faire une belle course, un bon résultat, cela me donne une satisfaction, cela veut dire que l’entraînement a payé. »
La surdité a-t-elle influencé votre parcours sportif ?
“Non, pas du tout, je suis et je fais comme tout le monde, on peut y arriver de la même façon. Il faut travailler un petit peu plus, notamment sur l’équilibre, je compense l’équilibre par le regard, mais cela paraît naturel pour moi. Je m’entraîne comme tout le monde, je me rajoute des séances comme la musculation pour travailler sur tout mon équilibre sans pour autant porter des charges lourdes ; la cheville, le bassin, le dos et le regard, ce sont des petites choses qui font la différence. Faire tout ça après un entraînement me permet de travailler sur ma fatigue et d’améliorer ma lucidité à l’effort. La surdité est autant une force dans ma vie sportive que professionnelle. »
Quels sont vos objectifs pour la suite ?
« Je vais un peu sortir de ma zone de confort, et faire dans trois semaines le Xterra en Duathlon, le VTT ce n’est pas trop mon truc, mais j’ai beaucoup bossé la technique, l’appréhension, cela va être une nouvelle expérience à vivre. »
Quel message aimeriez-vous transmettre aux jeunes sportifs ou aux personnes en situation de handicap ?
« Toujours oser, se lancer, toujours essayer, peu importe le regard des autres, prendre du plaisir dans ce que l’on fait, c’est le plus important. »
Pour terminer, si vous deviez résumer votre parcours en une phrase ?
« Une phrase qui résume mon état d’esprit et mon parcours serait : au lieu de rêver, vis tes rêves. »








