Après six saisons passées aux Ducs d’Angers, Nicolas RITZ s’est engagé avec les Dragons de Rouen. Un retour dans une équipe qu’il connaît bien, puisqu’il y avait remporté la Ligue Magnus, en 2018, avec l’équipe normande. L’attaquant international français évoque ce nouveau défi, son passage à Angers et ses ambitions pour la suite de sa carrière.

Bonjour Nicolas, après six saisons à Angers, pourquoi avoir choisi de rejoindre les Dragons de Rouen ?

« Disons que c’est une décision qui fait partie de la carrière d’un sportif professionnel. Nous sommes souvent amenés à connaître des changements. En fin de saison, j’ai discuté avec les dirigeants d’Angers, mais aussi avec ceux de Rouen. J’ai senti que Rouen manifestait davantage l’envie et le besoin de me faire venir. Les choses se sont faites naturellement et je suis très heureux de revenir à Rouen, aujourd’hui. » 

À quel moment avez-vous commencé à envisager un départ des Ducs d’Angers ?

« La décision finale s’est prise après la saison. Sur les derniers matchs, je commençais déjà à me poser certaines questions concernant mon avenir. Tout est ensuite allé très vite. Je ne voulais pas non plus être perturbé pendant le championnat du monde avec l’équipe de France, début mai. J’ai eu seulement quelques jours pour prendre ma décision. Je voulais rejoindre une équipe qui me montrait un réel intérêt et Rouen a su me convaincre sur ce point. »

Quel regard portez-vous sur vos six années passées à Angers et sur la saison qui vient de s’écouler ?

« C’étaient six très belles années. J’ai eu la chance d’évoluer avec d’excellents coéquipiers. Angers est la ville, où mes enfants ont grandi et où nous avons construit notre vie de famille. C’est une ville très agréable à vivre. Sportivement, nous avons réalisé de belles performances, même si nous n’avons pas réussi à remporter le championnat. Cela s’est souvent joué sur des détails. Mais au-delà de ça, je garde énormément de bons souvenirs de mon passage aux Ducs d’Angers. » 

Vous avez remporté la Coupe de France avec Angers, mais sans parvenir à décrocher la Ligue Magnus. Est-ce un regret dans votre parcours au club ?

« Ce n’est pas un énorme regret, même si gagner le championnat faisait évidemment partie des objectifs du club. Nous ne sommes pas parvenus à aller au bout, mais cela ne doit pas faire oublier tout le reste. J’ai énormément apprécié ces six saisons passées à Angers. »

Vous allez retrouver la patinoire de Rouen, où vous avez remporté la Ligue Magnus en 2018. Quels souvenirs gardez-vous de cette période ?

« Rouen est un très grand club du hockey français. J’étais parti il y a six ans pour des raisons extra-sportives, mais j’y ai vécu de très belles années. C’est un club qui a remporté beaucoup de trophées et qui possède une vraie culture de la gagne. J’ai conservé beaucoup de contacts, que ce soit avec les joueurs ou les membres du staff. Le fait de déjà bien connaître le club a beaucoup compté dans ma décision. Cela a rendu les choses plus simples. »

Quels seront vos objectifs personnels et collectifs pour la saison prochaine avec Rouen ?

« L’objectif principal sera d’être champion quoi qu’il arrive. Nous serons engagés sur plusieurs compétitions : la Ligue Magnus, la Coupe de France et la Coupe d’Europe. Il faudra réussir à être performant partout, afin d’aller chercher le plus de trophées possibles. » 

Le hockey de haut niveau implique beaucoup de déplacements et un rythme intense. Comment parvenez-vous à concilier votre carrière avec votre vie de famille ?

« J’ai la chance d’avoir une femme formidable qui m’aide énormément et qui me permet de concilier ma vie familiale et ma carrière professionnelle. Le sport de haut niveau fait partie de ma vie depuis maintenant dix-sept ans. C’est un rythme particulier qu’il faut apprendre à gérer. Mes enfants ont grandi dans cet environnement et s’adaptent assez facilement. À Rouen, cela sera sans doute plus simple, puisque nous connaissons déjà beaucoup de monde là-bas. Nous revenons dans une ville où nous avons déjà vécu et où les enfants ont pas mal d’amis. Cela compte énormément. Je ne suis pas inquiet. »

Vous avez participé aux Jeux olympiques de Milan-Cortina 2026 avec l’équipe de France. Quel souvenir gardez-vous de cette expérience malgré des résultats compliqués ?

« Les Jeux olympiques représentaient un énorme défi. Le niveau était extrêmement élevé et nous le savions avant même le début de la compétition. Malgré cela, nous voulions donner le meilleur de nous-mêmes et réaliser les meilleures performances possibles. C’est une compétition à part, unique dans une carrière. C’était la seule grande compétition internationale que je n’avais pas encore disputée. Humainement, vivre cela avec le groupe a été exceptionnel. Je suis très fier d’avoir eu la chance de participer aux Jeux olympiques. »   

Quels sont désormais vos objectifs avec l’équipe de France ? La Coupe du monde 2028 organisée en France est-elle déjà dans un coin de votre tête ?

« Oui, forcément. Mais pour y participer, il faudra d’abord être sélectionné. Ce sont des échéances qui se méritent. Nous restons sur une déception avec l’équipe de France après notre échec à remonter dans l’élite mondiale, début de mai. C’est une contre-performance, mais il faut désormais avancer. Les championnats du monde 2028 organisés en France représentent un objectif important pour le hockey français et nous devons travailler dans cette direction. »

Pour terminer, le départ du gardien des ducs d’Angers, Matt O’Connor a été officialisé dans la matinée. Il y a un peu près six mois, il subissait une grave commotion cérébrale lors d’un match de hockey sur glace face à Grenoble. Il a récemment déclaré avoir « l’espoir de rejouer un jour ». Comment réagissez-vous à cette annonce, et avez-vous eu l’occasion d’échanger avec lui ?

« C’est une situation compliquée. Nous, les joueurs, ne sommes pas forcément informés de tout ce qu’il se passe, notamment avec le jugement qui est encore en cours. J’ai eu l’occasion de croiser Matt en fin de saison. Une commotion cérébrale reste une blessure sérieuse qu’il ne faut surtout pas prendre à la légère. Son rétablissement prend du temps et c’est normal. Je pense qu’il sera capable de revenir. Il faut avant tout qu’il se soigne correctement. Une fois toute cette affaire derrière lui, cela sera certainement plus simple à gérer mentalement aussi. Je sais qu’il a envie de rejouer et je lui souhaite sincèrement le meilleur pour la suite. »