Marqué par une saison difficile, l’Olympique de Saumur évoluera en National 3, la saison prochaine. Opposés à l’Aviron Bayonnais le week-end dernier, les joueurs de Patrick OLIVE n’ont pas réussi à éviter la relégation et ont concédé une quatorzième défaite, cette saison (3-2). Dans ce contexte difficile, le technicien saumurois a officialisé son départ du club en début de semaine. Arrivé à l’été 2024, il aura dirigé l’équipe première pendant deux saisons. Patrick OLIVE revient sur les difficultés rencontrées cette saison, les raisons de son départ et sa vision pour l’avenir du club.
Bonjour Patrick, quel regard portez-vous sur cette saison compliquée ? Avec du recul, y a-t-il des choses que vous auriez aimé mieux gérer ?
« Il faut analyser cette saison sous plusieurs angles. Bien sûr, l’objectif n’a pas été atteint puisque nous n’avons pas réussi à nous maintenir en National 2, ce qui est forcément décevant. Mais il faut aussi prendre du recul. Plusieurs facteurs ont pesé sur l’ensemble de la saison. L’année dernière, nous avions été repêchés, huit joueurs sont partis et le budget a diminué de 100 000 €, sans la possibilité de recruter. Les circonstances étaient compliquées. Malgré cela, je pense que c’est presque un miracle d’avoir réussi à lutter jusqu’au bout pour le maintien. Face à des équipes qui disposent parfois du double de notre budget, il est difficile de rivaliser, notamment au niveau des infrastructures. Nous ne travaillons pas dans les mêmes conditions. Il y a forcément de la déception, car certains matchs se sont joués sur très peu de choses. Je pense notamment à Lorient, Granville ou Montlouis. Nous n’avons pas réussi à faire basculer ces rencontres en notre faveur. Ce sont des points qui nous ont échappé alors que nous aurions pu les prendre. »
La relégation en championnat National 3 a-t-elle été un moment particulièrement difficile à encaisser ?
« Oui, forcément. Quand on voit l’investissement des joueurs et du staff tout au long de la saison, ne pas parvenir à se maintenir est regrettable. Tout le monde a énormément travaillé et il y avait une vraie implication au quotidien. »
Vous avez annoncé votre départ du club cette semaine. Pourquoi avez-vous pris cette décision ?
« Cette décision s’est prise d’un commun accord avec le club, dans un climat de confiance et d’honnêteté. Pendant ces deux saisons à Saumur, j’ai entretenu une très bonne relation avec le président, qui m’a toujours soutenu. Mais aujourd’hui, je pense que le club doit se restructurer pour espérer s’installer durablement au niveau national. Personnellement, je ne me sentais plus avoir l’énergie nécessaire pour poursuivre. L’atmosphère autour du club n’était pas toujours assez unie et certaines énergies n’étaient pas positives. Dans les moments difficiles, il est important de sentir une vraie solidarité collective, et je ne l’ai pas suffisamment ressentie cette saison. »
Avec du recul, retenez-vous malgré tout des éléments positifs de votre passage à Saumur, depuis que vous êtes arrivé à l’été 2024 ?
« Oui, évidemment. Je retiens avant tout l’exigence et l’investissement des joueurs et du staff pour faire progresser l’équipe. Le staff technique avec lequel j’ai travaillé a été remarquable tout au long de la saison, avec beaucoup de bienveillance et d’implication. Dans le jeu, nous avons réussi à rivaliser avec de nombreuses équipes. Ce qui nous a manqué, c’est surtout l’efficacité défensive. Offensivement, nous avons marqué beaucoup de buts, mais certains détails nous ont coûté cher. Sur plusieurs matchs, cela s’est joué à très peu de choses. Je pense notamment à nos confrontations face à Bordeaux, où nous avons proposé un contenu intéressant avec beaucoup de possession. L’année dernière, nous avions même réussi à gagner chez eux devant près de 10 000 spectateurs. Rien n’est à jeter. Il faut aussi rappeler les différences de fonctionnement entre les clubs. Nos joueurs s’entraînent le soir après leur journée de travail. Nous ne sommes pas un club professionnel et cela demande énormément d’investissement humain. Nous avons également dû faire face à plusieurs blessures importantes, comme celles de Maël LANDELLE, Arthur VIAUD ou Tom GAUCHET, qui ont forcément eu un impact sur l’effectif. Malgré les difficultés des deux derniers mois, j’aimerais que l’on retienne aussi les aspects positifs de cette saison. »
Êtes-vous optimiste pour l’avenir de l’Olympique de Saumur, malgré cette relégation ?
« Oui, sincèrement. J’espère que les constats effectués durant ces deux saisons permettront au club d’avancer. J’espère aussi que le club continuera de développer la formation et de donner de la place aux jeunes joueurs du club. C’est essentiel pour construire quelque chose de durable. Voir des jeunes intégrer l’équipe première est valorisant, aussi bien pour le club que pour eux. Mais cela demande un vrai travail de fond sur plusieurs années. Je pense que Saumur possède un réel potentiel pour retrouver le niveau national. En revanche, cela nécessitera une restructuration importante et le soutien de partenaires capables d’accompagner le club dans son développement. Il y a de vraies possibilités de faire de belles choses ici. »
Pour terminer, quel avenir imaginez-vous désormais pour vous ? Souhaitez-vous retrouver rapidement un banc de touche ?
« Je suis actuellement en réflexion. Pour être honnête, j’ai reçu quelques sollicitations d’autres clubs au mois d’avril, mais nous étions dans une période importante et je voulais rester pleinement concentré sur le maintien avec Saumur. Aujourd’hui, rien n’est engagé pour la saison prochaine et je ne sais pas encore si je retrouverai rapidement un banc. Lorsque j’ai décidé de quitter le club, je n’avais pas forcément une idée précise de la suite. Je suis arrivé à Saumur avec l’envie de relever un défi, pas dans l’objectif de me servir du club comme d’un tremplin vers un niveau supérieur. J’avais une vraie volonté de faire progresser le club. J’espère simplement que mon passage laissera une trace positive et je souhaite le meilleur à l’Olympique de Saumur pour la suite. »








