Le match nul de Manchester City face à Bournemouth hier soir a assuré Arsenal de finir champion de Premier League. Retour sur un champion à la tactique controversée mais qui a su battre ses mauvais démons.

On a longtemps cru que les hommes d’Arteta allaient nous refaire le coup de s’effondrer au dernier moment et de laisser filer leur chance de soulever le trophée de champion d’Angleterre, eux qui ne l’avaient pas gagné depuis 2004. Mais les Gunners ont profité d’un Manchester City moins régulier et efficace qu’à l’accoutumée pour enfin briser la malédiction qui semblait coller à la peau du club nord-londonien depuis plus de deux décennies.

Le chiffre parle de lui-même : 82 points, quatre de plus que City (78), et une régularité collective qui tranche avec les effondrements des saisons passées. On se souvient encore du printemps 2023, de ces points gâchés bêtement à domicile, de cette équipe qui avait tout pour gagner et qui avait regardé Guardiola empocher une troisième étoile consécutive.

Mais cette saison, Arteta a décidé de laisser de côté son ADN catalan pour miser sur une tactique étouffante qui repose sur une maîtrise parfaite des coups de pied arrêtés (28 buts marqués par les coéquipiers de Bukayo Saka sur coup de pied arrêté cette saison). Une pratique controversée mais qui fonctionne. Seulement cinq défaites cette saison en championnat, zéro en Ligue des champions, Arsenal a trouvé l’astuce pour éviter de perdre quitte à mettre de côté la tradition du jeu porté vers l’avant de l’époque Wenger.

Une équipe soudée

Peu d’individualités qui ressortent mais un collectif soudé qui se connait parfaitement. Les joueurs forts de la saison des pensionnaires de l’Emirates sont tournés vers la défense : Gabriel, Saliba, Raya et Rice. Loin des armadas offensives complètement folles des autres équipes d’outre-Manche, Arsenal a construit son titre sur un socle défensif d’une solidité folle. Gabriel et Saliba forment sans doute la meilleure paire de défenseurs centraux d’Europe cette saison. Complétementaires, dominants dans les airs et habiles avec leurs pieds la charnière d’anciens de Ligue 1 a martyrisé les attaques adverses. Quant à David Raya, le gardien espagnol a longtemps été critiqué mais s’est finalement imposé comme l’un des meilleurs derniers remparts d’Europe. Pour finir Rice, le métronome des Gunners cette saison était le garant de l’équilibre, celui que l’on ne remarque pas toujours mais dont l’absence se ferait sentir immédiatement. Un joueur de l’ombre au sens noble du terme.

Reste à savoir s’ils arriveront à finir leur saison en apothéose avec la finale de Ligue des Champions qui les attend contre l’ogre parisien, qui les a éliminés l’année dernière en demi-finale. Rendez-vous samedi 30 mai pour le résultat…