Pour la 13e fois de son histoire, la cité corsaire s’apprête à accueillir l’une des courses les plus iconiques au monde. Depuis plusieurs mois, toutes les équipes et les services de la ville et de Saint-Malo Agglomération s’activent. Dans le même temps, les skippers malouins ne cachent pas leur impatience. Bientôt, Saint-Malo se parera de ses meilleurs atouts pour vivre au rythme de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe.
Il est difficile, au cœur de l’été et de ses chaleurs, de replonger dans l’effervescence d’un départ de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe. Pourtant, chez tous les passionnés de course au large comme auprès du grand public, il suffit de raviver les souvenirs. Replonger au cœur de cette foule dense et bigarrée, familiale et joyeuse, qui serpente entre les pontons. Tendre l’oreille pour entendre les haubans qui sifflent et les échos du village qui s’animent. Observer toutes les petites mains des équipes qui s’affairent autour des bateaux. Croiser le regard des skippers, ce mélange d’excitation et d’appréhension. Puis se laisser porter par l’atmosphère joyeuse, l’esprit de fête qui irradie les rues pavées jusqu’à tard dans la nuit…
« Pour prendre la mesure de ce qu’est la Route du Rhum – Destination Guadeloupe, il faut venir se balader autour des bassins, voir ces kilomètres dédiés à la course et plonger dans cet esprit joyeux et festif », rappelle Baptiste Hulin (Viabilis Océans, Ocean Fifty). Lui-même se souvient d’avoir arpenté le village avec ses parents. « C’était de nuit, le vendredi avant le départ. Il y avait ces énormes bateaux qui faisaient rêver, la difficulté de s’imaginer que des skippers seuls allaient traverser l’Atlantique à leur bord… C’est comme s’il y avait une dose de magie autour de l’événement ».
« On sent que ça se rapproche », Baptiste Hulin, skipper Viabilis Océans
La Route du Rhum – Destination Guadeloupe dépasse depuis longtemps le cadre d’un événement sportif. Elle rassemble les skippers les plus prestigieux et des amateurs éclairés sur les bateaux mais aussi des milliers de passionnés et de curieux parmi les visiteurs. Tous les quatre ans, depuis 1978, l’émotion qu’elle suscite est plus que vive. Elle anime le cœur des Malouins, fait rêver les enfants qui grandissent avec elle et nourrissent même parfois le rêve, un jour, de s’aligner au départ . « C’est toujours un grand moment, confie Luke Berry (Le Rire Médecin Lamotte, Ocean Fifty), Malouin depuis près de dix ans. Saint-Malo se transforme, les habitants en parlent toujours… C’est un peu comme si la ville se préparait pour un grand festival ». « Quand on a grandi à Cancale comme moi, la Route du Rhum, c’est une histoire de cœur, abonde Florian Gueguen (Graine de Courage, Vintage Multi). Elle est tellement mythique qu’elle nous paraît inaccessible quand on est gosse ».
À Saint-Malo, même en période estivale, la Route du Rhum – Destination Guadeloupe est dans toutes les têtes. « Il y a les bateaux qui s’entraînent devant les plages et puis toutes les discussions, continue Florian. La réaction de tout le monde, c’est de se dire que les quatre années sont passées vite ! ». « Cette course, les Malouins l’attendent impatiemment pendant quatre ans, sourit Baptiste Hulin. La ville commence déjà à se mettre aux couleurs de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe… On sent que ça se rapproche ! »
A terre, tous les acteurs économiques à pied d’oeuvre
Si les marins s’emploient depuis des semaines à faire en sorte que tout soit prêt à bord de leurs bateaux pour mettre le cap sur la Guadeloupe le dimanche 1er novembre, à terre aussi, les préparatifs vont bon train. Hôteliers, restaurateurs, commerçants, acteurs du tourisme et entreprises locales mettent également tout en œuvre pour être prêts à recevoir les centaines de milliers de visiteurs à compter du 20 octobre, date de l’ouverture du village départ à Saint-Malo.
La ville et l’agglomération déjà en ordre de marche
La préparation a commencé depuis plusieurs mois. Les services de la ville et de Saint-Malo Agglomération s’activent en effet en lien avec l’organisateur OC Sport Pen Duick. « Il y a eu une réflexion de fond afin que l’événement soit plus vertueux et, par conséquent, nous avons réalisé des aménagements afin que le village soit 100 % électrique, explique le maire, Gilles Lurton. Ce sont des projets d’ampleur que nous allons accélérer pour qu’ils soient opérationnels pendant la Route du Rhum ».
Dans le même temps, les acteurs locaux se sont employés afin « d’engager tous les publics du territoire ». « Nous avons à cœur que les publics les plus isolés et les plus éloignés de l’événement puissent aussi se l’approprier », explique le maire. Pour y parvenir, les marqueurs qui incarnent de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe sont pleinement intégrés aux événements organisés. C’était le cas notamment à la Fête du Jeu qui s’est tenue dans les quartiers prioritaires, où la mascotte, Tymal, était présente. Le Trophée a également entamé un tour des communes de Saint-Malo Agglomération où les habitants peuvent l’approcher dans les mairies.
« Que la fête ne s’arrête pas au village ! » Gilles Lurton, Maire de Saint-Malo
L’une des nouveautés de cette édition 2026 est également la volonté commune entre les collectivités locales et l’organisateur, de valoriser davantage le programme d’animations hors du village, afin de mettre en lumière les territoires et poursuivre l’expérience. Il a ainsi été décidé de mettre en place le premier festival Off de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe afin de prolonger l’événement dans les rues, les quartiers et les communes de l’agglomération. Animations, rencontres, expositions, et rendez-vous culturels permettront de vivre le Rhum autrement, en faisant de la cité corsaire tout entière un terrain de jeu et de fête. L’ambition est simple : que le public ne vienne pas seulement voir la Route du Rhum-Destination Guadeloupe, mais qu’il puisse la vivre partout à Saint-Malo.
« Désormais, on entre dans la phase opérationnelle », confie Gilles Lurton. Des réunions sur la sécurité se tiennent avec la préfecture, d’autres afin de préciser le déroulé complet de l’avant course. Le montage des installations débutera dès le 14 septembre.
Rester concentrés, malgré l’émotion d’un départ à domicile
Pour les skippers, il convient néanmoins de veiller à ne pas se faire emporter par l’effervescence et ce, qu’ils soient “rookies” comme Baptiste Hulin ou chevronnés comme Louis Burton (Ultim Armand Thiery/Ultim). Malgré les sollicitations des proches et les partenaires à honorer, les écarts sont proscrits pour avoir le maximum d’énergie au moment du départ. Un équilibre qui n’est pas si facile à trouver, surtout pour les skippers malouins. « Nous avons tous des copains et des membres de la famille qui viennent nous voir, sourit Luke Berry. Mais on doit faire attention à être rigoureux et à ne pas trop sortir : c’est très énergivore et ça peut être problématique avant l’intense dépense d’énergie liée à la course ».
« Il faut gérer cet aspect-là en faisant attention dans les derniers jours, poursuit Florian Gueguen. Moi, j’appréhende plutôt le départ, la foule, les bateaux côte à côte, la pression… » Il y a quatre ans, alors engagé en Class40, Florian, tellement affairé à bien faire, avait « grillé » la ligne de départ. L’appréhension du grand départ est à la hauteur de l’événement : au moment où les bateaux s’élanceront, ils seront des centaines de milliers le long des côtes. Des spectateurs venus pour des encouragements nourris, pour un dernier « au revoir » et pour capter leur petit moment d’histoire.








