L’Union Féminine Angers Basket 49 sort d’une saison contrastée et sportivement peu aboutie. Dernier de la saison régulière, le club angevin a dû défendre sa place en Ligue Féminine lors des play-downs, un mini-championnat opposant les quatre dernières équipes du classement (Angers, Lyon, La Roche-sur-Yon et Toulouse). Grâce aux points obtenus lors des confrontations directes face à ses concurrents, mais aussi à plusieurs victoires décisives pendant ces play-downs, l’UFAB a finalement su rebondir et assurer son maintien dans l’élite du basket féminin français. Marius BLANCHARD, actuel coach assistant de l’équipe, revient sur ce qui a fonctionné, les regrets d’une saison difficile et les ambitions du club pour l’avenir.
Bonjour Marius, pouvez-vous revenir sur la saison 2025-2026 de l’Union Féminine Angers Basket 49 ?
« Ce n’est évidemment pas une saison facile à retenir sur le plan des résultats. Malgré cela, nous avons réussi à assurer le maintien avec nos moyens, alors que ce n’était pas forcément gagné au départ. Je ne dirais pas que la saison est ratée, car les joueuses ont toujours répondu présentes dans l’investissement et l’intensité. Bien sûr, les résultats n’ont pas suivi comme nous l’espérions et c’est frustrant. Mais il y a malgré tout beaucoup de choses positives à retenir. Rien n’est à jeter. Sur plusieurs rencontres, nous avons manqué de maîtrise dans les fins de match. Ce sont des situations dont il faut tirer des leçons pour continuer à avancer. L’objectif restait, comme chaque saison, une qualification en play-offs. Nous n’y sommes pas parvenus, mais cela s’explique par plusieurs facteurs. À nous maintenant de progresser et d’apprendre de nos erreurs. »
Pensez-vous que le fait de disputer également l’EuroCup cette saison a pesé sur les performances de l’équipe en championnat ?
« Forcément, cela a eu un impact. Quand on joue davantage, on s’entraîne moins. Mais ce ne doit pas être une excuse. Depuis plusieurs saisons, le club parvenait à enchaîner l’EuroCup et la Ligue Féminine sans difficulté majeure. Cet enchaînement de matchs demande beaucoup physiquement et mentalement, mais il permet aussi de construire des automatismes et de renforcer la cohésion du groupe. D’ailleurs, notre début de saison en championnat était plutôt satisfaisant. Nous avions trouvé une bonne dynamique grâce à l’enchaînement des matchs. »
Vous terminez dernier de la saison régulière, mais vous parvenez malgré tout à assurer le maintien. Est-ce que cela montre la capacité de ce groupe à rebondir dans les moments difficiles ?
« Oui, clairement. Nous sommes restés sérieux jusqu’au bout, malgré les périodes compliquées et les longues séries de défaites entre février et avril. L’objectif était de conserver une cohésion forte entre les joueuses et le staff. Le groupe a fait preuve de persévérance et d’abnégation. La victoire contre La Roche Vendée lors du dernier match de la saison (88-67), symbolise bien cet état d’esprit. Le travail reste la base de tout. Sans l’investissement de tout le monde au quotidien, il est impossible d’obtenir des résultats. »
La situation du Roche Vendée Basket Club, relégué administrativement, a-t-elle selon vous eu un impact sur ces play-downs, même si cela n’était pas encore officiel ?
« Nous sommes restés concentrés uniquement sur le sportif. La situation de La Roche Vendée relevait de l’administratif et ce n’était pas à nous de gérer cela. Nous savions que notre maintien devait avant tout passer par nos performances sur le terrain. Il était important de ne pas attendre une éventuelle décision extérieure pour assurer notre avenir en Ligue Féminine. »
Offensivement, Anna NGO NDJOCK a eu un rôle très important cette saison, avec plus de quinze points de moyenne toutes compétitions confondues. Pensez-vous que l’équipe a parfois été trop dépendante d’elle ?
« Ce n’est pas aussi simple. Anna a effectivement eu un rôle très important dans notre animation offensive et elle a réalisé une excellente saison. Mais cela fait aussi partie de la construction d’une équipe : certaines joueuses prennent davantage de responsabilités à certains moments. Elle nous a énormément apportés offensivement et a été essentielle dans plusieurs matchs. C’est un équilibre à trouver entre les joueuses et en tant qu’équipe. »
Comment jugez-vous le travail réalisé avec Aurélie BONNAN dans ce contexte compliqué ? Quelle relation entretenez-vous avec elle au quotidien ?
« Je m’entends très bien avec Aurélie. Nous essayons tous les deux de garder une intensité constante dans les moments difficiles, de faire preuve également de rigueur et de sérieux. C’est important pour montrer l’exemple au groupe et maintenir un cadre de travail sérieux tout au long de la saison. »
Quel est précisément votre rôle au sein du staff et dans le fonctionnement de l’équipe ?
« Mon rôle consiste principalement à préparer les matchs à travers le scouting et l’analyse vidéo des équipes adverses. Je travaille beaucoup sur les systèmes, les profils des joueuses et les aspects tactiques, afin d’apporter un maximum d’informations au staff et au groupe. L’objectif est d’aider l’équipe à être la plus prête possible avant chaque rencontre.»
La saison prochaine permettra de repartir sur de nouvelles bases. Peut-on s’attendre à des changements importants dans l’effectif, avec des recrues ou des départs ?
« Comme chaque saison, nous essayons de construire une équipe performante, qui conserve les valeurs faisant notre identité. Nous insistons sur la défense et la capacité à se projeter rapidement vers l’avant. Nous devons évidemment nous adapter aux éventuels départs ou non des joueuses. Le recrutement évolue tous les ans, donc forcément, on l’anticipe. Mais nous restons aussi un club qui veut profiter pleinement de chaque saison. Se concentrer trop tôt sur le recrutement peut parfois faire perdre de vue des échéances importantes. Il n’existe pas vraiment de période idéale pour recruter. Nous essayons surtout de connaître un maximum de joueuses, afin de faire les choix que nous jugeons les plus cohérents pour l’équipe. Avec l’une des plus petites masses salariales du championnat, nous devons composer avec nos moyens, que ce soit pour recruter des joueuses françaises ou étrangères. Nous avons aussi cette volonté de faire progresser toutes les joueuses qui passent au club. Nous voulons leur offrir un maximum d’opportunités, les aider à grandir et à prendre des responsabilités. Cette saison encore, plusieurs joueuses ont franchi des caps. Le club accorde également une grande importance à la formation. Plusieurs joueuses Espoirs s’entraînent régulièrement avec l’équipe professionnelle et certaines intègrent même les groupes les jours de match. Il existe une vraie volonté de faire progresser les jeunes joueuses pour les amener progressivement vers le haut niveau. Amélie AUREL a d’ailleurs entraîné pendant deux ans une équipe de France jeune. De mon côté, j’ai également un passé d’entraîneur auprès des jeunes. Cette dimension formation fait vraiment partie de notre ADN. »
Quels seront les objectifs de l’équipe la saison prochaine : assurer rapidement le maintien ou viser plus haut ?
« L’objectif reste le même chaque saison : atteindre les play-offs. La Ligue Féminine est un championnat très dense, où tout le monde peut battre tout le monde. Cette saison, par exemple, nous faisons partie des rares équipes à avoir battu Basket Landes, le champion en titre. Si l’on fait les efforts et le travail nécessaire, on pourrait essayer d’atteindre le haut du classement. Pour cela, il faudra se battre tous les jours, maintenir une vraie exigence quotidienne et construire une dynamique positive sur la durée. »
À titre personnel, vous projetez-vous toujours à Angers la saison prochaine ou envisagez-vous un nouveau défi à l’avenir ?
« Oui, j’ai prolongé pour deux saisons comme assistant coach au côté d’Aurélie BONNAN. Ce sera ma cinquième année au club. C’est un environnement dans lequel je m’épanouis énormément et où je continue d’apprendre et de progresser. Je remercie Aurélie qui m’aide à prendre mes marques dans le monde professionnel du basket féminin. Le rôle d’assistant demande beaucoup de travail de recherche, d’analyse et de préparation. Je ne vois pas ce rôle comme secondaire. Je ne suis pas quelqu’un qui se projette très loin. Je profite de chaque saison. Aujourd’hui, je suis très heureux à l’UFAB et je me sens intégré dans le projet de l’UFAB. Il y a plein de belles choses à vivre. Je sens que j’ai encore beaucoup de choses à développer et sur lesquelles je dois travailler dans ce métier. »








