Cet article a été lu 858 fois.

Passion Sports 49 est allé à la rencontre de Sébastien Château, un sportif à la vie bien remplie, avec qui nous avons pu avoir un entretien sur son impressionnante carrière que ce soit d’un point de vue sportif ou professionnel. Retour sur l’entretien avec ce boxeur, entraîneur, entrepreneur.

Bonjour Sébastien, pouvez-vous, vous présenter ?

“Je suis Sébastien Château, je suis boxeur professionnel de full-contact, je pratique les sports de combat depuis l’âge de douze ans, j’ai commencé par la boxe chinoise que j’ai pratiquée pendant six ans, puis je me suis dirigé vers le full-contact parce qu’il y avait des diplômes, des compétitions, des grades, donc, c’était plus facile pour moi qui voulait devenir boxeur professionnel plutôt que d’attendre qu’il se passe des choses en boxe chinoise. Aujourd’hui, je suis ceinture noire quatrième dan de full-contact et ceinture noire deuxième dan self-défense. A côté de cela, j’entraîne des personnes au full-contact et j’ai aussi une entreprise de tailleur.”

Vous avez un palmarès incroyable, pouvez-vous nous le présenter ? 

“Mes premiers bons résultats furent en 1995. J’ai remporté la coupe de France de Light Contact et j’ai été finaliste de la coupe de France de full-contact. Ensuite en 2010, j’ai été encore finaliste de full-contact. En 2012, je progresse en terminant vice-champion de France de full-contact. C’est en 2014, que j’accède au titre de champion de France. Dans la même année, j’ai obtenu la médaille de bronze aux championnats d’Europe. En 2015, j’ai terminé quatrième des championnats du monde en Irlande. L’an dernier, j’ai fini quatrième aux championnats du monde en Allemagne, mais je pense avoir été défavorisé par rapport à ce combat, car je combattais face à un Anglais avec un arbitre anglais, mais bon ce n’est pas grave. J’ai aussi participé à la coupe du monde cette année-là, où j’obtiens la médaille d’argent. Pareil, dans ce combat, je domine facilement mon adversaire, je lui mets un crochet du gauche qui le met limite K.O et après cela, il ne fait que s’accrocher, il s’est accroché plus de six fois donc là normalement, il devait être disqualifié car ce sont trois points de pénalités, mais cela n’a pas été compté. Après c’est la loi du sport, je suis quand même content de mes performances surtout à mon âge.”

Pouvez-vous nous expliquer pourquoi vous n’avez pas fait de résultats de 1995 à 2010 ?

“Oui, j’ai eu un arrêt important. Je me suis cassé le genou lors d’une démonstration pour Carrefour et, malheureusement, les tatamis étaient mal mis, et sur un coup de pied retourné, mon pied s’est coincé entre deux tapis et tout mon genou a tourné lors du coup de pied. C’est mon premier arrêt important. Après, une fois remis, bien prêt à repartir, on me déclare une maladie d’Hodgkin, c’est un cancer de la lymphe qui affaiblit le système immunitaire. Ce cancer m’a stoppé net dans mon élan, donc, il a fallu se battre contre la chimio, heureusement que j’ai un physique hors norme, par rapport aux autres patients atteints de cette maladie, qui m’a permis de remonter assez rapidement la pente et de remettre les gants quelques années après.”

Qu’est-ce qui vous a donné la force de surmonter ces épreuves et de retourner sur le ring ?

“Je suis un compétiteur, c’est dans ma nature. Si je n’ai pas d’objectifs dans la vie, je m’ennuie. L’objectif pour moi, c’était de rattraper ou, au moins de faire une partie de ce que je devais faire à l’époque. Parce qu’en 1995, j’étais déjà sélectionné en équipe de France pour les championnats d’Europe et du monde. J’ai réussi à intégrer l’équipe en 2014, alors évidemment, j’arrive un peu plus vieux que prévu mais, cela n’empêche que l’objectif a été atteint et pour l’instant je suis content de ce que j’ai fait.”

Êtes-vous un peu déçu par ce coup du sort qui vous a empêché d’être un plus grand champion que vous ne l’êtes déjà ?

“Effectivement, si je n’avais pas eu la blessure du genou et la maladie, je pense qu’aujourd’hui je serais plusieurs fois champion d’Europe et du monde. Mais bon, la vie est faite comme cela, donc, j’ai fait autrement, je me suis adapté. Entre-temps, j’ai créé mon entreprise de chemise sur mesure et j’ai passé des diplômes pour devenir entraîneur de full-contact et de self-défense. Aujourd’hui, j’arrive à faire ce que je voulais faire à l’époque en full-contact, différemment vu que j’ai 48 ans mais le fait de retrouver un niveau mondial à cet âge et je sais que je peux faire encore mieux donc c’est motivant.”

Vu votre expérience et votre âge, vous devez être un peu le vétéran du full-contact ?

“Oui, c’est vrai. Je boxe en catégorie master qui est à partir de 36 ans. Dans cette catégorie, ce qui prime, c’est la technique que l’on acquiert avec l’expérience contrairement aux catégories plus jeunes où c’est le cardio qui est important. Donc oui, malgré mon âge, je suis bien avantagé, car j’ai beaucoup d’expériences que ce soit en tant que boxeur ou en tant qu’entraîneur. Le niveau master, pour moi, représente l’excellence parce que tous les combattants sont expérimentés, les gestes sont maîtrisés parfaitement, ce sont les meilleures années. Et je suis content de pouvoir encore boxer à ce niveau.”

Revenons sur votre parcours d’entraîneur, pourquoi avez-vous choisi d’enseigner le full-contact ?

“Cela fait 23 ans que je suis entraîneur dans mon club avec mon associé Jean-Baptiste, à l’American Boxing Club. J’aime bien partager, aider les gens si cela peut leur apporter quelque chose. Alors, j’ai décidé de passer mes diplômes pour enseigner le full-contact. Au départ, c’étaient des diplômes fédéraux. Maintenant, ce sont des brevets d’État, que j’ai passé et réussi donc je suis actuellement titulaire d’un DEJEPS niveau 2 qui me permet d’encadrer et d’apprendre sans aucun problème et en accord avec le ministère de la Jeunesse et des Sports. Là, je suis le dernier diplôme, le DESJEPS, que je vais essayer d’obtenir et pour récompenser tout ce que j’ai fait dans le full-contact depuis toutes ces années. J’ai aussi un autre club qui s’appelle Coach Self Défense, où je donne des cours privés surtout à des chefs d’entreprises. Je les aide sur la partie physique et mentale. Aujourd’hui, être chef d’entreprise, c’est dur, je le sais, car je le suis aussi. Avec toutes les charges que nous avons à gérer, il est important de se défouler à un moment ou à un autre et c’est là que j’interviens.”

Donc, vous êtes aussi chef d’une entreprise de chemise sur mesure, “Empreinte-Moi”, pourquoi avez-vous eu cette idée ? Est-ce parce que vous aviez choisi l’option couture à l’école quand vous étiez jeune ?

“Moi avec mon gabarit important (1m83, 115kg), pour trouver une chemise sympa avec des beaux tissus et adapter à sa morphologie, c’est compliqué. Donc, j’ai eu l’idée de créer une entreprise de chemise sur mesure pour les personnes dans le même cas que le mien. Pour l’histoire, la marque Empreinte-Moi, c’est ma vraie empreinte de doigt et c’est aussi lié au full-contact, car quand je frappe, je laisse mon empreinte. Après quand j’étais à l’école, j’avais le choix entre deux options la couture ou l’anglais et j’ai choisi parce qu’il y avait plus de filles ! C’était une bonne expérience, mais ce n’est pas forcément grâce à cela que j’ai choisi de créer une entreprise de chemise, cela m’a quand même un peu aidé, car j’en avais déjà fait et du coup, j’avais déjà des connaissances par rapport à ce domaine. Aujourd’hui, mon entreprise connaît un certain succès, la fabrication est française à 100%. J’ai une styliste qui s’occupe des prototypes, je suis en train de mettre en place un commercial sur Miami et un autre sur la région de Rennes.”

Pour finir, pouvez-vous nous dire quels sont vos objectifs pour cette année ?’

“L’objectif, ce sont trois ou quatre combats dans l’année avec deux titres mondiaux à la clé. Il y a plusieurs fédérations, donc, c’est pour cela que je peux combattre pour plusieurs titres et là, je vais combattre pour les deux plus grosses fédérations avec l’intention de parvenir à mes objectifs, c’est-à-dire la médaille d’or.”