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Aujourd’hui, c’est à la salle de sport de l’Espace Ligeria que je retrouve Arthur Maupoint, 18 ans, le gardien de but de l’AAEEC Ponts-de-Cé Handball, évoluant en Pré-Nation (Régionale). Plus qu’une passion, le Handball est pour lui un besoin, une obsession. Mais ce jeune homme, très investi, a aussi une tête bien pleine. Diplômé du Baccalauréat avec mention, il est étudiant en ce moment même en licence d’Information Communication à l’Université Catholique de l’Ouest. C’est pour vous faire partager son parcours et ses émotions “sportives” que je suis parti à sa rencontre.

Bonjour Arthur, à quel âge avez-vous commencé le Handball ? Était-ce à l’AAEEC Ponts-de-Cé Handball ?

“J’ai commencé le Handball à l’âge de neuf ans. A l’époque, je vivais à Charcé Saint-Ellier, et mes parents connaissaient les Ponts-de-Cé en ayant joué quelques années là-bas. Donc, c’est ici effectivement que j’ai commencé le Handball, et j’en suis aujourd’hui à ma neuvième saison avec ce club.”

Cela fait donc neuf ans que vous pratiquez ce sport aux Ponts-de-Cé. La question que je me pose en tant que journaliste est la suivante : Comment vous est venu l’idée de jouer au Handball ? Était-ce par passion ? Ou encore pour suivre la trace d’un membre de votre famille (Vos parents par exemple) ? Ou bien sur un coup de tête, où vous êtes vous lancé sans penser que vous y joueriez pendant des années ?

“Avant je faisais de la natation à la piscine de Thouarcé, et puis j’ai eu envie de changer de sport. Je n’étais pas tellement attiré par le football et tous les autres sports très connus… Et je pense que c’est venu assez naturellement, car mon père ayant donc joué là-bas et étant actif dans le club m’a proposé de faire ce sport. Il m’est arrivé de regarder quelques matchs à la télévision et je me suis dit “Pourquoi pas ? A la base, ce n’était pas forcément une passion, mais je voulais tester. Et puis ce sport m’a fasciné et cela fait bientôt dix ans que je joue aux Ponts-de-Cé. Je pense même que mon père était ravi que je fasse du Handball plutôt que du Football (rire).”

On peut donc dire que ce sport vous a, d’une certaine manière, conquis ?

“Au fur et à mesure oui ! Au final, je ne regarde pas tant que cela les matchs de Handball à la télévision, mais je regarde beaucoup de matchs dans le coin ou bien à la salle où je suis pas mal présent. Je peux limite, passer des week-ends là-bas.”

Cela fait neuf ans que vous jouez en tant que gardien de but ?

“Non, la première saison, je jouais en tant que joueur de champs. J’étais en moins de douze ans et l’on faisait tourner les joueurs dans les buts car, nous n’avions pas forcément de gardien de but défini. On avait un joueur qui était plutôt bon, mais parfois, on changeait. J’ai voulu tester comme d’autres et il se trouve que je me suis vite senti à l’aise dans les buts. La saison d’après, j’étais dans les buts quasiment toute l’année.”

Pourquoi ce poste ? Que ressentez-vous à travers le poste de gardien de but, que vous ne ressentiriez pas si vous étiez joueur de champ ?

“Vous savez, à douze ans quand tu arrêtes des tirs ou quand tu marques des buts, tu es vraiment content (dit-il en souriant). Moi je pense que le fait d’être une sorte de dernier rempart m’a tout de suite séduit. Lorsque tes défenseurs souffrent, ils comptent sur toi pour sauver l’équipe. Et puis on ne va pas se mentir, quand nous voyons notre Titi Omeyer national cela donne envie !”

“Ce que je ressens à ce poste, c’est qu’il y a un côté spectaculaire. Un côté que n’a malheureusement pas un pivot par exemple. Il peut faire un énorme travail sur le terrain, mais qui ne se voit pas forcément. Il va réaliser des blocs, des remises, il va s’effacer pour créer de l’espace, mais cela, personne ne le voit. Alors qu’un gardien de but, qui fera des parades ou un joueur qui marquera, on le verra. Il y a ce côté “satisfaction” je dirais, car en aidant ton équipe, cela se voit, et forcément tout le monde sera content, que ce soit sur le banc ou chez les spectateurs.”

Lorsque vous arrêtez un tir décisif, comme par exemple un arrêt qui sauve votre équipe, ressentez-vous la même sensation que si vous marquiez un but ou est-ce même beaucoup plus fort que cela ?

“Je pense que dans un sens c’est presque la même chose, car c’est sans doute équivalent au fait de marquer le but de la gagne. Mais dans l’autre, c’est quelque chose de différent, car je pense que c’est surtout sur un moment décisif, où tu sauves l’équipe, qu’un arrêt provoque une sensation d’extase comme cela. Parfois un gardien de but peut faire un match médiocre et sortir la parade du siècle qui nous sauve à la dernière minute, mais il peut également très bien faire un match excellent tout au long de la rencontre et prendre le but qu’il ne faut pas prendre à la fin.”

Vous avez l’habitude de jouer devant un bon nombre de spectateurs quelque fois. Qu’est-ce que vous ressentez lorsque toute une salle vous applaudit à un moment où vous êtes décisif ?

“Je sais que cela m’est arrivé quelques fois à la salle surtout lors des finales, et cela arrive à pas mal d’autres joueurs également. C’est plutôt plaisant, on ne va pas se mentir (sourire aux lèvres). Quelque part, cela t’envoie un retour au niveau de ta prestation, car cela montre que tu fais un bon match ! Quand parfois tu n’es pas trop dedans et que tu sors une parade où l’on t’applaudit par la suite, et bien cela te remet d’aplomb et surtout cela te donne de la confiance. Et la confiance primordiale pour un gardien de but.”

Pendant un match, la plupart du temps, êtes-vous dans votre bulle ? Ou êtes-vous sensible aux bruits du public (qu’ils soient positifs ou négatifs) ?

“Au poste de gardien de but, tu peux être totalement épuisé alors que tu n’as pas couru. Car tu es en permanence concentré, donc oui forcément tu es dans ta bulle. Après on est toujours plus ou moins sensible aux bruits du public. Quand il est négatif, tu essayes de faire abstraction, mais en général tout se passe bien et je pense que l’on a de la chance d’être dans un sport qui ne manque pas forcément de respect envers les adversaires ou même envers les propres joueurs que l’on supporte. Les critiques et les avis négatifs sont surtout présents envers les arbitres. Comme dans pas mal de sports d’ailleurs. Mais pour ma part, il y a eu très peu de moments comme cela, car le plus souvent les parents des joueurs ou même les spectateurs en général sont du côté des arbitres. Mais s’il faut hausser le ton pour se faire respecter, on le fait.” 

Aujourd’hui, vous avez dix-huit ans, et vous effectué quelques matchs en Pré-Nationale. Pensiez-vous jouer aussi haut, il y a quelques années ? Voulez-vous être encore plus haut classé ?

“Je dois avouer que non, pas forcément. Quand j’étais petit, l’équipe première jouait en National 3, donc le niveau au-dessus. Par conséquent quand j’allais les voir, j’étais un peu émerveillé et puis je regardais les gardiens de but, car je commençais tout juste à jouer à ce poste-là. Mais je me disais qu’il y avait peut-être moyen d’accéder à un échelon semblable grâce au bon niveau du club. Après tout dépendra des opportunités que j’aurais, car avec mes études, peut-être que je serais amené à arrêter, mais avant tout, le but est de prendre du plaisir, et c’est ce que je fais avec l’AAEEC Ponts-de-Cé Handball.”

Vous êtes quand même un compétiteur ?

“Bien évidemment et c’est cela qui m’apporte le plaisir de jouer. Si un jour je ne prends plus de plaisir j’arrêterais, pour moi c’est évident. Quand je viens jouer, il faut que cela soit vivant et que les joueurs se donnent, mais ce n’est pas pour autant que je suis un mauvais perdant non plus.”

Je voulais aussi vous parler de votre père, qui a joué également au Handball, et vous a même encadré lors de votre parcours en équipe de jeunes. Vous a-t-il aidé à progresser ? Est-ce facile de se faire coacher par son père ?

“J’ai eu mon père en tant que coach pendant trois ou quatre ans. Lui était gardien de but aussi, donc, il m’a donné pas mal de conseils qui me servent aujourd’hui. Mais pour la petite anecdote, quand j’étais petit, j’avais du mal à accepter les conseils, parce que je pensais pouvoir tout résoudre tout seul… Bon, il se trouve que ce n’était pas le cas ! (rire) C’était donc un peu compliqué au départ d’être entraîné par son père. On avait souvent des altercations en dehors des matchs sur des faits de jeu etc… J’avais 13-14 ans et j’étais très têtu ! Et puis, il faut dire que c’était très difficile pour moi de faire la différence entre “père” et “coach”. Mais en grandissant et en prenant de la maturité, j’ai vite compris que les deux choses sont différentes.”

Le club vous sait très impliqué dans l’équipe, notamment en tant qu’arbitre comme vous l’avez dit et membre de la commission communication. Dans un futur proche ou lointain, pensez-vous entraîner une équipe de jeunes comme votre père ?

“Au niveau de l’arbitrage, avec mon binôme (Hugo Laîné), nous sommes en Région. Les valeurs de l’arbitrage sont parlantes pour nous. Au niveau de la commission communication, ce que je fais au club rentre dans le cadre de mes études. L’équipe de communication apporte au club ses compétences professionnelles, sa touche personnelle et ses idées pour l’AAEEC Ponts-de-Cé Handball. Et puis en ce qu’il concerne le fait de coacher une équipe, je serais fortement intéressé. Mais je voudrais, dans ce cas-là, me donner à fond pour mon équipe, c’est-à-dire être là à tous les entraînements et tous les matchs. Je voudrais être coach à plein temps en quelque sorte. Mais il faut avoir du temps aussi pour faire cela.”

Au niveau de l’organisation du club, comment cela se passe ? Il y a une bonne entente ?

“Oui absolument, il y a une bonne entente et chacun apporte son grain de sel dans les différents projets du club. Nous avons plusieurs pôles, avec deux salariés qui s’occupent du secteur jeunes. Sinon, nous avons pas mal de bénévoles. Il faut savoir qu’il y a plus de 300 licenciés au club, donc, il faut quand même pas mal de bénévoles pour faire tourner la “machine” si l’on peut dire ça comme ça. Nous, avec Sarah Cochet, on s’occupe de faire rayonner le club à différentes échelles, ainsi que  promouvoir les événements réalisés par le club, comme par exemple le “Night Handball.”

Sentez-vous votre président, Philippe Hocquart, investi dans le club ?

“Bien sûr ! Cela fait trois ans et demi qu’il est président, et il connaît très bien le club. Il connaît aussi très bien la ligue et le comité départemental. Il est suffisamment investi dans le club, car de mon point de vue, c’est très compliqué d’être président notamment au niveau de toutes les missions et des réunions qu’il doit faire avec la mairie, avec l’AAEEC etc… Donc oui, c’est un très bon président, je trouve.”

Pour un jeune, qui veut se lancer dans le Handball, l’AAEEC Ponts-de-Cé Handball est un club qui est une bonne école au niveau de la formation des jeunes ?

“Tout d’abord, on peut dire que c’est un club qui est ancré dans le département. On a joué en N3, les filles ont joué en N2, les moins de 18 ans féminines sont aujourd’hui en Nationale etc… Donc bien évidemment que c’est une bonne école de formation et nous sommes d’ailleurs assez réputés pour cela.”

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