Alexis BILLARD, coach des U18 du Hockey Club Ajoie, revient sur sa deuxième saison en Suisse, entre adaptation, exigences du haut niveau et ambition de monter en U18 élite.

Bonjour Alexis, comment vivez-vous cette deuxième saison en Suisse avec les U18 d’Ajoie ? 

« J’étais à Lausanne la saison dernière et maintenant, je m’occupe des U18 d’Ajoie. J’ai, donc, un peu plus d’expérience. Aujourd’hui, je commence à mieux connaître les codes du hockey Suisse. Je les maîtrise beaucoup mieux et on me fait surtout beaucoup plus confiance. La première année en Suisse n’a pas vraiment changé la façon dont j’entraînais les jeunes. Donc, pour l’instant, je dirais que c’est très positif. » 

Le hockey en Suisse est-il considéré comme un sport national par rapport à la France ? 

« Entre la France et la Suisse, c’est le jour et la nuit, c’est incomparable. En Suisse, c’est le sport national, tout est beaucoup plus professionnel. Tous les joueurs s’entraînent sur les douze mois de l’année. La « National League » (première division du championnat de Suisse de hockey sur glace), c’est un peu comme le deuxième championnat, après la « NHL » (Ligue nationale de hockey professionnelle nord-américaine). Si vous discutez avec des gens en Suisse, ils connaissent tous quelqu’un, de près ou de loin, qui travaille ou qui fait du hockey sur glace. Tout le monde sait quand et où sont les matchs, ils s’intéressent beaucoup plus à ce sport qu’en France, les patinoires sont pleines, il y a vraiment un fort engouement dans le hockey Suisse. »

Qu’est-ce que cette expérience en Suisse vous a apporté sur le plan professionnel ? 

« Ces deux années en Suisse m’ont apporté beaucoup de choses sur le plan professionnel. Déjà en tant qu’entraîneur, on est toujours obligé de se mettre un peu en danger. On doit tester et faire de nouvelles choses. J’ai eu la chance en fin de saison, sur les matchs de play-down, de coacher l’équipe première d’Ajoie. Là, je m’occupe de toute la préparation d’Eté des attaquants, c’est vraiment un pas en avant au niveau professionnel. »

Comment avez-vous vécu votre passage d’entraîneur adjoint à Head Coach ? 

« En effet, aujourd’hui, je suis devenu Head Coach (entraîneur principal) à Ajoie. C’était un objectif à plus ou moins long terme. Quand on vient dans un nouveau pays, c’est un peu repartir à zéro, il y a un peu d’incertitude et il faut gravir les échelons. Cela n’a pas été quelque chose de nouveau pour moi, je l’ai souvent été chez les jeunes, c’était surtout l’administratif qui était nouveau pour moi, car je n’avais pas encore les codes en Suisse, notamment sur comment faire les feuilles de match par exemple. Aujourd’hui, j’ai beaucoup plus de certitudes sur ce que je peux faire et sur ce que je dois faire. Comme prêter les joueurs à droite et à gauche. Un joueur en U18 qui n’a pas beaucoup de temps de jeu, je peux le prêter à une autre équipe, cela me permet de gérer la progression individuelle de chaque joueur. »

Quel regard portez-vous sur la saison réalisée avec les U18 ?

« L’objectif, c’était de monter en U18 élite, chose que l’on n’a malheureusement pas pu faire. On a terminé le championnat à deux points de Zurich, le champion en titre. La saison reste tout de même positive, nous allons tout faire pour monter en élite. C’est surtout de la frustration, puisque l’équipe a très bien répondu sur la glace. C’est une nouvelle culture, un nouvel ADN et cela met toujours un peu de temps de mettre en place un nouveau fonctionnement, surtout avec les jeunes. La deuxième année doit servir de tremplin et valider cette montée en U18 élite. Au niveau des ajustements, c’est un peu plus compliqué pour les jeunes, puisque c’est une nouvelle génération qui arrive, il faut avoir une mentalité ou même si on perd, il ne faut jamais lâcher. Je suis quelqu’un d’assez exigeant, surtout sur l’intensité des entraînements. C’est quelque chose pour moi qui est non négociable, il n’y a pas de souci de faire des erreurs, mais l’intensité et le fait de toujours vouloir se battre est quelque chose que je mets beaucoup en avant, c’est très important. » 

Pour finir, quels sont vos objectifs et ambitions désormais ?

« Je vais continuer encore une saison en Suisse, avec Ajoie, pour l’instant. Mon objectif est d’être un meilleur entraîneur d’année en année, que ce soit par les schémas de jeux et les techniques d’apprentissage. Je veux toujours essayer de m’améliorer, apprendre de nouvelles choses, c’est ce que ce sport m’apporte au quotidien. Surtout ne pas avoir peur de se tromper et faire des ajustements en fonction de nos erreurs. Sinon l’objectif pour la saison prochaine est de monter en U18 élite. Puis, essayer de grimper dans le monde professionnel Suisse par la suite, c’est quelque chose qui demande du temps, mais il faut savoir regarder les opportunités et les saisir. »