Après une saison compliquée, conclue par une rétrogradation sportive en Nationale 2, le Saumur Loire Basket 49 reste suspendu à une possible place en NF1, après la rétrogradation financière de la SIG Strasbourg. Malgré cette incertitude, Nadir NAIDJI doit déjà préparer la saison prochaine et construire son futur effectif. Le coach saumurois revient sur la saison écoulée, les difficultés rencontrées et les ambitions du club pour la saison à venir.
Bonjour Nadir, avec un peu de recul, quel regard portez-vous sur cette saison ?
« Sportivement, c’est une saison décevante, puisque nous n’avons pas réussi à nous maintenir en Nationale 1. Nous sommes restés longtemps en Nationale 2 avant de monter en NF1, et nous redescendons aussitôt. C’est forcément frustrant. Tout se joue finalement à très peu de choses. On perd notamment contre Franconville de deux points. Si on gagne cette rencontre, aujourd’hui, j’aurai sûrement parlé d’une excellente saison. Malgré cela, je reste très satisfait humainement du groupe. Les joueuses ont été extraordinaires. Elles n’ont jamais rien lâché alors que les deux premiers mois ont été très difficiles. Personne ne peut réellement se rendre compte des difficultés auxquelles nous avons dû faire face. L’écart qu’il y a entre la NF2 et la NF1 est trop important. Nous avions l’habitude de gagner beaucoup de matchs en Nationale 2, puis nous nous sommes retrouvés dans un championnat, où nous avons énormément perdu. Mentalement, le groupe n’était pas encore prêt à ce niveau-là. Mais les joueuses ont énormément progressé au fil de la saison. Elles ont pris conscience des exigences nécessaires pour performer en NF1. Elles ont montré de très belles valeurs et une vraie solidarité tout au long de l’année. »
Sur plusieurs matchs, cela s’est joué à très peu de choses. Selon vous, qu’est-ce qu’il a manqué à l’équipe pour faire basculer ces rencontres du bon côté ?
« Très simplement, il nous a manqué de l’expérience. Nous avions besoin de joueuses capables de faire basculer des matchs à fort enjeu dans les moments importants. Sur plusieurs fins de rencontre, nous n’avons pas réussi à faire la différence. C’est ce qui nous a coûté cher cette saison. »
Malgré les résultats compliqués, avez-vous du positif à en tirer ?
« Oui, énormément sur le plan humain. Je suis très fier de l’état d’esprit irréprochable des joueuses. C’est clairement le plus gros point positif de la saison. Elles ont toujours été solidaires entre elles et ont donné une très belle image du club. Je tiens vraiment à les remercier pour leur investissement, aussi bien aux entraînements qu’en match. Je tiens également à remercier le public, les dirigeants et les partenaires. Le soutien du public a été très important tout au long de la saison, même dans les moments difficiles. Nous avons beaucoup appris dans la difficulté. Cette saison nous servira forcément pour les années à venir. »
Pendant la saison, deux joueuses sont parties : Tiana CARTER pour une opération et Camille CHATEAU pour des raisons personnelles. Est-ce que ces départs ont eu un impact sur la dynamique de l’équipe ?
« Il y a eu beaucoup de choses qui nous ont impacté. Je pense notamment à l’intégration d’Alanis THIEBAC et de Camille CHATEAU en début de saison, les départs de Tiana CARTER et de Camille après la trêve hivernale, les longues blessures de Chloé NAUDIN et d’Imelda AMEGNAGLO, ou encore le retour plus rapide que prévu de Clara BLACHIER, après ses ligaments croisés. Mais malgré tout, je ne veux pas me cacher derrière ces éléments. Ce seraient des excuses. La vraie problématique de notre saison reste surtout l’adaptation à la NF1. La marche entre la NF2 et la NF1 était très importante et nous n’étions pas encore prêts à franchir ce cap. »
La saison dernière, vous aviez fait le choix de recruter plusieurs joueuses venant de Nationale 2. Avec le recul, quel regard portez-vous sur ce choix ?
« Aujourd’hui, c’est clairement quelque chose qu’il ne faudra pas reproduire. Nous avons besoin de joueuses prêtes pour ce niveau, capables de performer dans des matchs à fort enjeu. S’appuyer principalement sur des joueuses venant de Nationale 2 était trop juste pour rivaliser avec des équipes déjà bien installées en NF1. Le club a des ambitions et les assume. Jouer au troisième niveau français, ce n’est pas rien. Mais nous devons aussi être réalistes. Il nous faut désormais des joueuses semi-professionnelles capables d’évoluer et de performer à ce niveau. »
Vous êtes aujourd’hui officiellement rétrogradés en NF2. Mais avec la rétrogradation financière de la SIG Strasbourg en NF2, une place pourrait se libérer en NF1. Est-ce que vous allez prochainement recevoir une réponse officielle ?
« La réponse devrait arriver entre mi-juillet et début août. Mathématiquement, nous terminons devant Chauray, qui était dans l’autre poule, avec une victoire de plus. Pour l’instant, nous ne sommes pas encore officiellement fixés, mais il y a de fortes chances que nous évoluions en NF1 la saison prochaine. »
Comment prépare-t-on une intersaison avec autant d’incertitudes, notamment sur le recrutement et la construction de l’effectif ?
L’effectif va encore évoluer cet été avec plusieurs départs. Quel profil de joueuses recherchez-vous pour la saison prochaine ? Et vers quel style de jeu souhaitez-vous aller ?
« Cette saison, notre principal problème a été la défense. Collectivement, nous avons été catastrophiques dans ce domaine et cela nous a coûté beaucoup de matchs. En Nationale 2, nous avions l’habitude d’encaisser entre quarante et cinquante points par match. Cette saison, nous étions parfois proches des quatre-vingts points encaissés. Nous avons perdu cette identité défensive qui faisait notre force depuis plusieurs années. Nous devons absolument changer cela. Aujourd’hui, nous cherchons donc des joueuses capables d’apporter davantage d’impact défensif, et donc plus athlétique et physique également. »
Si vous êtes finalement repêchés en NF1, l’objectif restera-t-il simplement le maintien ou est-ce que vous souhaitez viser plus haut la saison prochaine ?
« Quand on regarde notre saison, nous ne gagnons que quatre matchs. Mais honnêtement, nous aurions pu en prendre quatre de plus, notamment contre Dieppe, Nantes, Calais ou le Stade Français. Sur beaucoup de rencontres, cela s’est joué à très peu de choses et nous n’avons pas réussi à faire la différence sur la durée. Avec quelques victoires supplémentaires, nous aurions pu terminer autour de la sixième ou la septième place. Cela montre que nous avons la capacité de faire beaucoup mieux. Bien sûr, ce sera une nouvelle fois, une montée d’Everest qui nous attendra. Mais, le club est ambitieux et nous visons un top 6 ou 7. L’objectif est clairement de progresser et de continuer à avancer.»
Vous êtes au club depuis maintenant dix ans. Est-ce que vous vous projetez encore sur le long terme à Saumur, ou est-ce que vous avez aussi l’envie, un jour, de découvrir un nouveau projet ailleurs ?
« Non, pas du tout. Le SLB 49 est mon club de cœur. Je l’appelle le « fort bleu ». Je suis très attachée au club et à son projet. Je dirais même que nous n’en sommes encore qu’aux prémices de son développement. Nous avons aussi une vraie ambition autour de la formation des jeunes. Nous voulons les accompagner et les faire progresser. La saison prochaine, le club comptera quatre équipes en région, une académie, un pôle élite, ainsi qu’une option basket à Saint-Louis. Le club continue de grandir, avec des salariés, des apprentis et des services civiques investis au quotidien. Tant qu’il avancera, j’ai envie d’avancer avec lui. Le projet du club ne se limite pas à l’équipe première et personnellement, je compte poursuivre l’aventure avec SLB 49 encore plusieurs années. »








