Après deux saisons marquantes sous les couleurs de Villeneuve-d’Ascq, Marie-Ève PAGET s’apprête à relever un nouveau défi dans sa carrière. Figure du basket français et de l’équipe de France 3×3, la meneuse revient sur son passage dans le Nord, son rôle de capitaine et ses ambitions pour la suite.

Bonjour Marie-Ève. Vous avez récemment annoncé votre départ de Villeneuve-d’Ascq, après deux saisons au club. Pourquoi avoir pris cette décision aujourd’hui ?

« J’ai pris cette décision pour des raisons personnelles. Avec le club, nous avions l’intention de continuer ensemble, mais nous ne sommes finalement pas parvenus à trouver un accord sur le plan contractuel. »

Quels souvenirs garderez-vous principalement de ces deux saisons à Villeneuve d’Ascq ?

« J’en garde de très bons souvenirs. Ces deux saisons auront été faites de moments difficiles, mais aussi de très beaux moments. Quand je suis arrivée à Villeneuve-d’Ascq, j’étais dans une période personnelle assez compliquée, notamment l’après Jeux Olympiques de Paris 2024, qui a été difficile à vivre pour moi, avec aussi le changement de poste de jeu au club. Tous ces éléments ont fait que je n’étais pas dans la meilleure période de ma carrière sur le plan personnel. Malgré cela, ces deux années m’ont énormément apporté. J’ai rencontré de très belles personnes, j’ai appris sur moi-même et j’ai pu progresser dans plusieurs aspects de mon jeu. Ce sont clairement deux saisons qui resteront importantes dans ma carrière. »

Le club a salué votre engagement en affirmant que vous aviez “incarné l’esprit Guerrière” durant votre capitanat. Qu’est-ce que cela représente pour vous ?

« Forcément, cette déclaration me fait plaisir et me touche beaucoup. Le club a senti chez moi une volonté d’être investie à 100 % et de toujours tout donner pour l’équipe. Aujourd’hui, nous restons en très bons termes et cette déclaration prouve que la belle histoire écrite ensemble, pendant deux saisons, se termine de la meilleure des manières, avec le club, les joueuses, le staff et les supporters. »

Cette saison, vous avez atteint les demi-finales de l’EuroCup, la finale de la Coupe de France et les quarts de finale du championnat, sans pour autant réussir à décrocher de titre. Est-ce que cela vous laisse quelques regrets ?

« Oui, forcément. Ne pas réussir à aller au bout de ces compétitions reste une déception. Je pense sincèrement que nous avions le potentiel pour accomplir encore davantage et décrocher un titre. On n’a pas réussi à construire les choses solidement pour aller au bout. Mais, il ne faut pas non plus oublier tout ce que nous avons vécu ensemble. Je pense notamment au deuxième titre en EuroCoup remporté l’année dernière après le premier du club en 2015, ou encore à cette finale à Bercy qui restera une superbe expérience. Nous avons accompli de belles choses et, honnêtement, j’en suis très fière. »

Vous avez été capitaine dans plusieurs clubs au cours de votre carrière. Est-ce que vous sentez, aujourd’hui, que l’on vous considère comme une joueuse d’expérience et un repère dans un vestiaire ?

« J’ai eu la chance d’endosser assez jeune le rôle de capitaine, notamment lors de ma dernière saison à Nice à seulement vingt ans. Avec les années passées en Ligue Féminine, j’ai aussi acquis une certaine expérience qui explique peut-être pourquoi les clubs me font confiance, aujourd’hui. J’ai prouvé de nombreuses choses. Je pense également que ma personnalité joue beaucoup. Je suis quelqu’un de très altruiste, aussi bien sur le terrain qu’en dehors. J’aime faire briller mes coéquipières et aider le collectif. À Villeneuve-d’Ascq, mon rôle de capitaine s’est aussi construit dans un contexte particulier, puisque j’étais l’une des seules joueuses encore présentes au club. À Basket Landes également, cela s’est fait assez naturellement, c’était une suite logique. J’ai toujours essayé d’être quelqu’un de fiable et sur qui l’on peut compter. »

Souhaitez-vous rapidement prendre un rôle de leader dans votre future équipe ?

« Oui, je pense que je pourrais assumer ce rôle. Dans le projet que je rejoindrai, j’espère pouvoir apporter toute mon expérience, ma vision du jeu, ainsi que ma confiance. J’aimerais que les personnes qui me choisiront, le fassent pour les qualités humaines et sportives que je peux apporter au groupe et pour mon vécu en tant que joueuse. Si l’on me confie le brassard, je serai prête à endosser ce rôle de capitaine. Mais le contexte sera différent, puisque j’arriverai dans un nouveau club. Contrairement à mes expériences précédentes, où j’avais déjà passé au moins une saison dans l’effectif, je devrai d’abord m’intégrer et apprendre à connaître l’environnement, le staff et les joueuses. Je serai également prête à me mettre au service de l’entraîneur et du groupe, même si cela signifie occuper un rôle secondaire, en soutien d’une autre capitaine par exemple. Pour moi, le rôle de capitaine ne repose jamais sur une seule personne. Les joueuses autour ont aussi un rôle important à jouer pour accompagner la capitaine, maintenir le lien entre le coach, l’équipe et la direction, et contribuer à l’équilibre du groupe. »

Vous revenez tout juste du stage de préparation à Saint-Jean-de-Maurienne avec l’équipe de France 3×3. Comment s’est déroulé ce rassemblement ?

« Ce stage de préparation s’est très bien déroulé. Avant celui-ci, nous nous étions déjà regroupées à l’INSEP, mais sans les joueuses ayant disputé les finales du championnat de Ligue Féminine. L’effectif était alors réduit à douze joueuses. L’objectif était de commencer à mettre en place le travail en vue de la Coupe du monde de juin. Lors du stage à Saint-Jean-de-Maurienne, le but était donc de permettre aux finalistes de reprendre tout ce que nous avions déjà travaillé auparavant. Je pense notamment à Myriam DJEKOUNDATE, Louise BUSSIERE, Yohana EWODO, Sixtine MACQUET, Laëtitia GUAPO ou encore Camille DROGUET. Pendant ce stage, comme lors d’autres rassemblements internationaux, nous avons également l’occasion de nous entraîner avec les équipes de France U23 et U25. C’est vraiment très intéressant, car ce sont les joueuses qui représentent la relève. Il est important de les intégrer progressivement et de créer un véritable lien entre les différentes catégories. Ce stage avait justement pour objectif de nous permettre de travailler toutes ensemble et de nous projeter encore davantage vers l’été à venir. »

Savez-vous déjà si vous ferez partie de la liste des sélectionnées pour la Coupe du monde qui débute le 1er juin ?

« Non, malheureusement, je ne serai pas présente. J’ai actuellement une gêne au genou qui m’empêche de participer à la compétition. Je suis forcément déçue, car le timing est mauvais, mais je pense pouvoir revenir assez rapidement. »

Malgré la déception de Paris 2024, les Jeux Olympiques de Los Angeles 2028 restent-ils un objectif important pour vous ?

« Oui, bien sûr. L’après Jeux Olympiques 2024 a été assez compliqué. Les résultats n’ont pas été ceux espérés et la période qui a suivi a été très douloureuse à vivre. Le processus pour rebondir, digérer et prendre conscience des belles choses qui pouvaient encore m’attendre a pris du temps. Mais une chose est sûre. Lorsque je suis sortie de l’Arena de la Concorde après les Jeux de Paris 2024, j’avais déjà dans un coin de la tête l’objectif de participer à ceux de Los Angeles en 2028. C’est une ambition forte, aussi bien pour l’équipe de France que personnellement. Maintenant, il faudra d’abord se qualifier, puis performer là-bas. »