L’athlète angevin, né en 1994, a été victime à seulement deux mois d’une méningite. Suite à la guérison, il a gardé des séquelles en devenant sourd profond. Cependant, malgré son handicap, Théo MOREAU a su redoubler d’efforts pour réaliser ses rêves. Il s’est notamment pris de passion pour la course à pied, suite à une course à Chemillé en 2014. Depuis, il a parcouru beaucoup de chemins, en obtenant un important palmarès. Il performe à la fois chez les handisports, que chez les valides. Il a décroché le titre de champion olympique sourd au Brésil en 2022, sur un contre-la-montre de cyclisme. Il est également devenu champion d’Europe de duathlon chez les valides, l’année dernière. Le Français, a aussi été victime d’un AVC en 2023. Une nouvelle épreuve qu’il a surmontée après une longue rééducation, et dont il ressort encore plus motivé. Nous avons eu la chance de le rencontrer pour lui poser quelques questions sur sa carrière sportive et évoquer avec lui ses futurs objectifs. Une phrase importante : « Il faut vivre son rêve et non pas rêver de sa vie ».
Bonjour Théo, pouvez-vous nous expliquer votre handicap et en quoi cela est-il devenu une force pour vous ?
« Suite à une méningite contractée à l’âge de deux mois, je suis devenu sourd, mes oreilles internes n’étant plus fonctionnelles. Cela impacte les sports dans lesquels j’ai besoin d’équilibre, notamment la natation, le vélo ou la course à pied. Cependant, j’en tire aussi une grande force. Pendant mes courses, je regarde beaucoup autour de moi et j’analyse constamment l’environnement. De plus, quand je suis lancé, je ne fais pas attention à mon handicap et je cours comme quelqu’un qui n’en possède pas. Il faut aussi savoir que je n’utilise jamais mes appareils auditifs pendant les épreuves, je suis donc plongé dans un silence total et cela m’aide à performer. »
Pouvez-vous nous faire un bilan de vos performances depuis votre AVC survenu en 2023 ?
« Cet AVC (Accident Vasculaire Cérébral) a été très difficile pour moi, je suis comme reparti de zéro. Sur la fin de l’année 2023, j’ai commencé ma rééducation et j’ai enfin repris des sensations en compétition pendant l’année suivante. J’ai aussi eu beaucoup de difficultés à récupérer ma licence de sport, car mon médecin s’y est longtemps opposé. Cependant, je suis désormais en pleine progression depuis mon accident, j’ai réussi à revenir à mon niveau compétitif au début de l’année 2025. Je suis devenu champion d’Europe de duathlon dans ma catégorie d’âge (30/34 ans) en avril dernier, ainsi que vice-champion du monde de duathlon en juin. Pour finir sur 2025, en fin d’année, je suis devenu champion de France de paratriathlon dans la catégorie PTS8. C’est donc une année 2025 réussie pour ma part et j’en suis heureux après tout ce que j’ai traversé. »
Maintenant, pour la suite, pouvez-vous nous expliquer vos objectifs ?
« Cette année, mon objectif principal est de devenir champion du monde de duathlon. L’année passée, j’ai fini second pour trente secondes de retard. Je suis donc motivé à m’améliorer, pour pouvoir, à mon tour, devenir champion du monde sur route à la mi-novembre prochain ! Ensuite, je me suis fixé un nouveau défi : prendre part aux duathlons version cross, c’est-à-dire en trail et en VTT. J’ai arrêté le VTT durant dix ans, donc je reprends sérieusement la discipline en ce début d’année. Je suis en préparation active pour un cross de duathlon au mois de juin prochain, les XTERRA. »
Quelle est votre discipline favorite et pourquoi ?
« Alors ma discipline favorite, c’est sûrement la course à pied, mais j’aime aussi le cyclisme. Pendant les triathlons, je monte en puissance durant la course. Je rattrape mes concurrents au fur et à mesure de l’épreuve, puis je termine la course par ma discipline favorite, ce qui me permet d’avoir une motivation finale. C’est pour cela que je me rabats surtout sur le duathlon, une épreuve avec de la course à pied et du cyclisme seulement. Du côté de la natation, je m’entraîne aussi beaucoup depuis un an. En résumé, ma discipline favorite est la course à pied, mais je travaille aussi énormément les autres disciplines du triathlon.
Pour terminer, que pourriez-vous dire à un jeune athlète victime d’un handicap, qui souhaiterait se lancer dans la compétition ?
« Tout d’abord, il ne faut surtout pas avoir peur de se lancer, chacun progresse à son rythme. J’ai aussi une phrase importante, dont j’ai pris conscience avec mon AVC ainsi que mon handicap : « il faut vivre son rêve et non pas rêver de sa vie ». Je pense qu’il est important de prendre en compte cette phrase, que ce soit pour un athlète victime d’un handicap ou également pour une personne avec un objectif en tête. Il faut donc réaliser son rêve sans avoir peur de se lancer, et ainsi vivre sa vie pleinement ! »








