Il s’agit d’un territoire et d’habitants qui sont indissociables de l’histoire de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe. Depuis 1978, la course s’est toujours achevée sur l’île antillaise. Au fil des éditions, les Guadeloupéens ont tissé un lien très fort avec l’événement en célébrant avec passion chaque arrivée, du premier au dernier concurrent. Cette année encore, l’accueil promet d’être à la hauteur avec une multitude d’initiatives pour célébrer les marins, leurs exploits et leur magnifique terrain de jeu, de l’Atlantique à la mer des Caraïbes.
C’est un horizon encore lointain pour les concurrents de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe. Ce moment où ils découvriront la terre face à eux, la Guadeloupe qui se dessinera au bout de leur étrave. Pourtant, tous savent qu’il restera encore beaucoup à faire. Le contournement de l’île est particulièrement délicat : il faut passer la tête à l’Anglais, virer de bord à la bouée de Basse-Terre, traverser le Canal des Saintes… Il convient de résister aux courants, aux dévent, aux caprices de la météo et à la fatigue qui ronge.
Il faudra tenir, donc, jeter ses dernières forces dans la bataille et conserver un maximum de sang-froid et de concentration avant de franchir enfin la ligne d’arrivée. Enfin, ils pourront prendre une profonde inspiration, ressentir la chaleur antillaise et savourer leur retour à terre.
Tous contribueront ainsi à écrire la foisonnante histoire qui relie la Route du Rhum à la Guadeloupe depuis 1978. Les Guadeloupéens ont été aux premières loges des grandes transformations de la course au large : l’émergence des multicoques, la folie des Orma, les foils sur les IMOCA , la nouvelle ère des Ultim… À eux aussi, les émotions les plus fortes, la victoire fondatrice de Mike Birch (1978), l’arrivée triomphale de Florence Arthaud (1990), le doublé de Laurent Bourgnon (1994, 1998), le duel Joyon-Gabart (2018), le record de Charles Caudrelier (2022)… Des exploits qui ont marqué l’histoire, fait chavirer les cœurs et suscité des vocations des deux côtés de l’Atlantique.
« Cette course est le rêve de nous tous, s’enthousiasme Victor Jean-Noël, président de la Ligue de voile de Guadeloupe. C’est le rêve de ceux qui souhaitent naviguer, de ceux qui admirent ces femmes et ces hommes qui traversent l’Atlantique, de ceux qui se disent : « pourquoi pas moi ? » Ulysse Pozzoli (Earwen, Class40) fait partie de ces Guadeloupéens qui seront sur la ligne de départ : « J’ai grandi avec tous ces grands marins et, depuis, mon objectif a toujours été de participer à la Route du Rhum », raconte-t-il.
« Un moment de fête et de partage qui rassemble »
« La Route du Rhum, c’est la plus grande des courses au large, poursuit Ulysse. C’est un moment de fête et de partage qui rassemble. Nous avons tous eu beaucoup d’admiration et de respect pour ces marins qui vont au bout de cette incroyable aventure ». En accueillant avec ferveur et passion ces femmes et ces hommes de mer, les Guadeloupéens ont tissé au fil du temps un rapport fort avec la course au large. Et progressivement, plusieurs d’entre eux ont sauté le pas en devenant acteurs de la course.
Aux côtés d’Ulysse, Rodolphe Sepho (Rêve de large, Class40), Yannick Rebuffat (Mussulo40, Class40) et David Ducosson (Trilogik, Vintage Multi) se préparent à disputer la prochaine édition depuis la Guadeloupe. À cette liste s’ajoutent Keni Piperol (Drépavoile, Class40) installé en métropole mais aussi Thibaut Vauchel-Camus (Solidaire en Peloton, Ocean Fifty) et Damien Seguin (Arkea Handicap International, Vintage Multi) qui ont grandi en Guadeloupe. « Il reste encore beaucoup à faire mais on voit que la voile rassemble les Guadeloupéens, que ce soit avec la voile traditionnelle, le canot saintois ou la course au large », poursuit Ulysse.
« Vivre des émotions fortes avec tous les Guadeloupéens »
Pour les Guadeloupéens, la Route du Rhum – Destination Guadeloupe est « bien plus qu’un événement sportif », rappelle Rodrigue Solitude, directeur du Comité du tourisme. C’est un marqueur de l’identité guadeloupéenne, un formidable moyen de faire rayonner notre archipel. La force de la course réside surtout dans le fait que les Guadeloupéens se sont pleinement approprié la course ». En matière de retombées économiques et de rayonnement, l’événement participe en effet à fédérer la population mais aussi à susciter « des désirs de voyage ». « L’enjeu essentiel dépasse la fréquentation ponctuelle, poursuit Rodrigue Solitude. Ce qui compte, c’est la puissance d’exposition offerte par la Route du Rhum aux îles de la Guadeloupe ».
Les pouvoirs publics s’y préparent, notamment au sein de la Région où « une équipe dédiée à la Route du Rhum a été constituée avec des spécialistes de l’événementiel », précise Aurélie Deglas, directrice de l’événementiel, de la promotion économique du territoire et cheffe de projet de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe. Les mairies, les collectivités territoriales, les chambres consulaires, le Comité du tourisme et les partenaires privés sont en ordre de marche afin de susciter une dynamique autour de l’épreuve. « Tous attendent la course avec impatience pour vivre des émotions fortes et permettre aussi des retombées pour tous les Guadeloupéens », souligne Aurélie.
L’implication de la Guadeloupe sera visible dès le départ, à Saint-Malo. Les visiteurs pourront en effet découvrir le pavillon des îles de Guadeloupe qui sera situé à proximité du ponton des IMOCA. Au sein de ce pavillon immersif de 950 m², il sera possible de faire le plein d’informations pour se rendre en Guadeloupe, de découvrir des produits d’artisanat local ou encore de s’immerger dans un espace dédié au rhum. Par ailleurs, l’animation d’un stand de snacking a été confiée aux élèves du lycée hôtelier du Gosier.
Au Mémorial ACTe, « faire dialoguer les mémoires et les récits de l’Atlantique »
De l’autre côté de l’Atlantique, à l’arrivée, plusieurs initiatives seront mises en place. La région Guadeloupe a notamment renforcé sa collaboration avec le Mémorial ACTe, lieu consacré à la mémoire et à l’histoire de l’esclavage, qui est situé face aux pontons d’honneur où accosteront les skippers. « Nous souhaitons saisir cette visibilité afin de faire dialoguer les mémoires et les récits de l’Atlantique », confie Isabelle Vestris, directrice générale du Mémorial ACTe. Objectif ? Que la Route du Rhum – Destination Guadeloupe soit « un moment de transmission, de partage et de mémoire ». Concrètement, le Mémorial ACTe « proposera un programme autour de la notion de Traversée » dans sa programmation et ses actions de médiation.
Trois villages pour que la fête soit totale
Des initiatives que les spectateurs qui se déplaceront aux arrivées pourront ainsi découvrir. En parallèle, tout a été organisé afin de vivre une expérience à part. Ils pourront ainsi profiter d’un village installé à proximité. Du 5 au 15 novembre, il permettra de ne rien manquer des arrivées, de se restaurer mais aussi de profiter des concerts qui auront lieu chaque soir.
Par ailleurs, lors du premier week-end des arrivées (du 5 au 8 novembre), un village sera mis en place à Basse-Terre. Des expositions, des stands dédiés à la restauration et des concerts auront également lieu. Enfin, la Région a décidé, comme il y a quatre ans, d’installer un troisième village à la marina de Bas du Fort à Pointe-à-Pitre. À vocation pédagogique, il permettra de découvrir l’économie bleue, les métiers de la mer et la nécessité de préserver les écosystèmes marins. De nombreux élèves des écoles aux alentours y sont attendus. Il y a quatre ans, plus de 300 000 spectateurs avaient assisté aux arrivées de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe.








