Ancien joueur de basket professionnel passé notamment par Toulouse, Gravelines et Dijon, Ali BOUZIANE s’est reconverti avec succès dans le métier d’entraîneur. Aujourd’hui, à la tête de la sélection algérienne, il revient avec nous sur son parcours en tant qu’entraîneur principal et sur les différentes expériences qui ont marqué sa carrière.

Bonjour Ali, est-ce que dès la fin de votre carrière vous avez directement souhaité devenir entraîneur ?

« Non, pas vraiment. C’est venu beaucoup plus tard, même si, au départ, devenir entraîneur n’était pas un objectif pour moi. C’est avant tout la passion du jeu qui m’a donné envie de retrouver l’ambiance des matchs et le terrain. C’est pour cela que je suis devenu entraîneur. »

Votre première expérience en tant qu’entraîneur principal a eu lieu à l’Etoile Angers Basket. Comment se sont déroulées ces deux années au sein du club angevin ?

« Pour commencer, la première année s’est très bien passée. J’ai été très bien accueilli par le club. Nous avons remporté la Leaders Cup et nous avons même disputé les play-offs pour notre première saison en Pro B. C’était une réussite compte tenu du peu d’expérience de l’équipe à ce niveau-là. Humainement aussi, nous avons partagé beaucoup de choses. La deuxième année a été plus compliquée. Nous sommes descendus en fin de saison, notamment en raison de blessures et de difficultés financières. Il a donc été difficile de maintenir le même niveau de performance que lors de l’exercice précédent. J’ai alors pris la décision de quitter le club cinq matchs avant la fin du championnat, car l’EAB ne me permettait pas de m’inscrire dans un projet à long terme, contrairement à ce que me proposait Denain. J’ai donc fait le choix de partir. »

Est-ce que cette première expérience fut bénéfique pour vous ?

« Toutes les expériences sont bénéfiques. J’ai beaucoup plus appris lors de la deuxième année, que lors de la première. On apprend souvent davantage dans la défaite que dans la victoire, l’échec est une source d’apprentissage. Au cours de cette deuxième saison, j’ai pu grandir en tant qu’entraîneur. J’ai identifié certaines erreurs que je ne reproduirai plus à l’avenir et qui m’ont permis de progresser. »

Vous avez ensuite rejoint Denain voltaire, pourquoi ce choix ?

« À Denain, il y avait un maintien à assurer. J’avais cinq matchs pour maintenir l’équipe et trois victoires étaient nécessaires. Cet objectif a été atteint en seulement trois rencontres. Au cours des deux saisons, il y a eu une progression intéressante. Lors de la première année, nous avons terminé à la onzième place, aux portes des play-in. La saison suivante, nous avons fini neuvièmes et nous avons réussi à y participer. Globalement, tout s’est très bien passé. Ce fut une très belle expérience, tant sur le plan sportif qu’humain, et une aventure que j’ai beaucoup appréciée. »

Vous venez de quitter le club, allez-vous rejoindre un nouveau club la saison prochaine ?

« Pas pour l’instant. J’aimerais profiter de cette pause que je m’accorde. Je n’ai pas de contact concret ni de projet en cours. Je vais me reposer avant de me consacrer à la préparation de l’équipe d’Algérie, qui débute dans une quinzaine de jours. Pour le moment, je n’ai donc aucun projet en vue. »

En parallèle, vous êtes aussi sélectionneur de l’équipe nationale de l’Algérie, est-ce que c’est beaucoup de responsabilités pour vous ? 

« C’est beaucoup de travail. Ma plus grande responsabilité, c’est avant tout ma famille. Je suis passionné par mes activités, que ce soit à Denain, avec l’équipe nationale d’Algérie ou même à Angers par le passé. Mais oui, cela me prend du temps et de l’énergie. C’est aussi la raison pour laquelle je prends du recul. Cela fait cinq ans que j’enchaîne entre les équipes de jeunes, Angers, Denain et l’équipe d’Algérie. Cela représente aussi beaucoup de déménagements, en plus de mes trois enfants et de mon mariage. J’ai vécu cinq années très riche émotionnellement. Faire une pause est donc plutôt bénéfique. »

Quels sont les objectifs de la sélection algérienne dans les prochaines années ?

« L’objectif principal est de retrouver la scène africaine. L’Algérie a été écartée pour des raisons administratives, il y a quelques années et nous voulons nous requalifier pour les échéances à venir. Depuis le départ, c’est un projet à reconstruire, mais surtout un projet motivant avec la nomination d’un nouveau président. L’objectif, à terme, est de retrouver la scène africaine. Nous préparons cela par étapes, en essayant de créer une culture de jeu et une véritable philosophie de groupe. La préparation va être importante, tout comme la participation à des matchs amicaux. Nous allons essayer de construire un groupe uni sur le moyen et le long terme. »

Pour terminer, quels sont vos objectifs pour la suite de votre carrière ?

« Je veux continuer à me développer en tant que coach, mais aussi en tant qu’homme. Je ne me fixe aucune limite dans ma progression et je souhaite me préparer au mieux si des opportunités se présentent. L’objectif est avant tout de prendre du plaisir et d’avoir de la satisfaction dans ce que je fais. »