L’équipe de France masculine a pris la troisième place collective ce dimanche matin sur les 42,195 km, avec Valentin Gondouin en leader. Ce soir, Hilary Kpatcha à la longueur et Baptiste Thiery à la perche se sont parés de bronze, lors de finales d’un niveau exceptionnel. Un premier accomplissement pour ces deux sauteurs talentueux, qui ne demandent qu’à aller encore en plus loin et plus haut. Avec ces deux nouvelles récompenses, l’équipe de France termine la compétition avec onze podiums et quarante-et-un finalistes, un dernier chiffre record.

Valentin Gondouin, sixième du marathon en 2h09’34’’ : « C’est dur quand même. C’était la configuration que je voulais. Il a manqué 600 mètres. Dans la montée, c’était dur. J’ai eu très tôt une ampoule au talon droit. Je pense que j’ai un peu compensé à gauche et, du coup, le quadriceps a commencé à saturer. Dans le finish, les gars ont été monstrueux. Je suis quand même là où j’espérais être dans le dernier tour. J’ai joué avec des mecs qui font 2h05’-2h06’. Ça a couru vraiment vite sur un parcours comme ça. Ça me donne plein de confiance pour un parcours à chrono. J’espère que je vais bientôt exploser mon record. On est sur le podium par équipes ? Ah, trop bien, c’est la petite cerise sur le gâteau. Toute l’équipe s’est battue. Ça confirme que le marathon français est en bonne forme. Il faut lui donner les clés et il va progresser. On va tous se tirer vers le haut. C’est mon premier marathon en grand championnat à 27 ans, je pense qu’il y en aura d’autres. »

Emmanuel Roudolff-Lévisse, onzième du marathon en 2h10’34’’ : « C’était brutal ! Au bout de dix minutes, c’était déjà parti fort. Avec l’enchaînement des côtes et des descentes, c’était surtout musculairement qu’il fallait être fort. Il m’en a manqué un peu, mais je peux quand même être fier de moi. J’ai essayé de courir juste tactiquement et de ne pas exploser, c’était important pour l’équipe. C’est ma première médaille avec l’équipe de France depuis 2017. Je vais la savourer quand on va monter sur le podium ! »

Hassan Chahdi, dix-neuvième du marathon en 2h12’04’’ : « Comme le parcours était difficile, je voulais faire une course prudente. Je devais assurer la course par rapport au classement par équipes. Je suis parti doucement. A un moment donné, je me suis retrouvé avec Félix (Bour). Il y a eu des relances qui ont fait mal sur ce tracé. J’ai commencé à avoir mal aux jambes et j’ai temporisé pour essayer de bien finir. Je suis très content, c’est ma première médaille. Je lui donne une vraie valeur. Je suis fier du collectif, quel que soit le classement. Je pensais qu’on avait une équipe pour décrocher l’or, mais visiblement, sur ce championnat, on est abonnés au bronze. On espère que ça va changer ce soir ! »

Hilary Kpatcha, médaillé de bronze à la longueur avec 6,98 m : « Je crois que je ne réalise pas trop. C’est hyper intense, je suis tellement heureuse ! Ça a été un concours vraiment dur et très serré. Le niveau était très fort. Je suis contente d’avoir tiré mon épingle du jeu. Je suis restée dans ce que je sais faire. L’objectif était de construire et à chaque fois de grappiller un peu plus. Et aussi d’utiliser l’énergie et le challenge pour essayer de faire mieux. C’était dingue mais il fallait rester dans la maitrise de ce que je sais faire, plutôt que de partir dans l’émotionnel. Pendant un moment, je me suis dit que rien n’était fait. Il fallait que je reste concentrée sur moi et que j’envoie du pâté. Il m’a fallu dix ans avant d’avoir ma première médaille chez les seniors. Je peux dire que je suis une personne persévérante, c’est le moins que l’on puisse dire. En dix ans (depuis sa première médaille internationale en juniors, ndlr), j’ai tellement grandi. Ce sont dix années d’expérience, de connaissance de soi, d’apprentissage du haut niveau et de comment s’entourer. C’est tellement riche… J’espère que ça n’est que le début ! »

Baptiste Thiery, médaillé de bronze du saut à la perche avec 5,85 m : « Je suis troisième derrière deux monstres, mais je suis à ma place au vu de ce que j’ai fait ces derniers mois. J’ai tenu mon rang de la saison et j’en suis très content. Les dernières semaines n’ont pas été faciles, notamment après ma chute à Monaco. J’ai dû me remobiliser, y compris après les qualifications. Mes sauts du soir sont très bons, et m’ont mis en confiance. J’avais vu les montées de barre, et je savais qu’il serait très important d’être très propre sur chacune des hauteurs jusqu’à 5,85 m. Quand j’ai capté que j’étais sur le podium, il y a eu un peu de relâchement, même si j’avais à cœur de passer 5,95 m. Je suis fier d’apporter une nouvelle médaille à la perche française, après celle de MJ (Bonnin) et des anciens. C’est important de montrer qu’on est présents sur la scène, même si c’est plus compliqué avec le niveau actuel. Il y en aura d’autres prochainement. Karalis est humain comme moi, il a capté quelque chose que j’espère capter à mon tour dans les deux ans à venir, parce que mon ambition est plus grande qu’une médaille de bronze aux championnats d’Europe. On va devoir élever le niveau de jeu pour les Mondiaux en 2027 et les Jeux en 2028. Maintenant, mon objectif des semaines à venir, c’est de claquer 6 m pour finir l’année en beauté. »