Aurélien Quinion a décroché la première médaille internationale de sa carrière ce samedi dans les rues de Birmingham, au bout de l’effort sur un marathon marche achevé dans un nouveau record de France. Plus tard dans la soirée, Jimmy Gressier a lui aussi pris le bronze sur 10 000m, débloquant ainsi son compteur européen sur piste chez les seniors.
Aurélien Quinion, médaillé de bronze du marathon marche en 2h59’29 » : « C’est compliqué de réaliser parce que, sur le circuit, tout le monde me parlait en même temps : on me disait d’accélérer, de ralentir, d’aller à droite ou à gauche… Je ne comprenais plus vraiment ce qui se passait. Mais la médaille est là. Ça fait longtemps que je tourne autour, que mes proches me disent que je vais finir par en décrocher une. Cette fois, ça y est. L’effort a été extrêmement dur. Trois heures sur un parcours comme celui-là, avec des montées, des descentes, des demi-tours et une chaussée très irrégulière, ça use énormément les jambes. Cardiaquement, je n’étais même pas aussi haut que d’habitude, mais musculairement, ça faisait très mal. Je savais aussi que le Hongrois pouvait être sous la menace d’une pénalité, même si avec près de 140 athlètes sur le circuit, il était difficile de suivre précisément la situation. Le fait de faire partir autant de monde ensemble sur une route aussi étroite n’était clairement pas idéal. Il y avait constamment du trafic, des dépassements et parfois des chutes. En revanche, ça mettait aussi beaucoup de monde sur le parcours et une vraie ambiance. Maintenant, je réalise un peu mieux ce qui vient de se passer. Pendant des années, mon objectif était simplement d’obtenir une médaille internationale. Maintenant que je l’ai, j’ai déjà envie d’aller chercher l’or. J’ai l’impression d’être parti du fond de la classe et d’avoir avancé d’un rang à chaque fois. Aujourd’hui, je commence enfin à faire partie de ceux qui montent sur les podiums. »
Jimmy Gressier, médaillé de bronze en finale du 10 000 m en 28’07 »90 : « C’est ma première médaille européenne. Je ne suis forcément pas satisfait, parce que je n’étais pas venu avec ces ambitions, mais je relativise aussi. Je sais à quel point il est difficile d’aller chercher une médaille, même à l’échelle européenne où le niveau est aujourd’hui monstrueux. Je ne repars pas avec ce que j’étais venu chercher, mais je suis quand même heureux de décrocher ce bronze et de pouvoir le ramener dans l’armoire de Pépé. Je pense qu’il aurait fait un peu la tête si je n’avais rien rapporté, et de toute façon, il ne fait pas vraiment la différence entre les couleurs ! Avec mon coach, on s’était dit que si Andreas Almgren n’avait pas couru le 5000 m, c’était probablement pour aller vite sur le 10 000 m. Quand il a pris les commandes, il nous a fait très mal, physiquement comme mentalement. Aujourd’hui, il était tout simplement plus fort. Contrairement au 5000 m, où je pense avoir commis des erreurs tactiques alors que je me sentais très bien, là, je n’avais pas les jambes pour le suivre. Avec Crippa, on a donc surtout essayé d’assurer une médaille. Lorsqu’il a temporisé, ça m’a permis de récupérer et je savais qu’il faudrait le surprendre. Alors j’ai mis un gros coup d’accélérateur. Je courais sûrement très mal, mais avec une énorme envie d’aller chercher cette première médaille européenne. Je l’ai défendue comme si c’était un titre mondial. Je ne pensais pas que ça me ferait autant d’effet de l’avoir autour du cou. Avant de penser aux vacances, il reste les championnats du monde de 5 km route, une discipline que j’adore et sur laquelle je prends énormément de plaisir. »








