D’abord avec l’envie, comme beaucoup d’enfants, de devenir footballeur professionnel, Corentin BARON, originaire d’Angers, s’est finalement tourné vers le foot freestyle.

Depuis 2006, après une jeunesse consacrée au football, Corentin BARON s’est ensuite essayé au foot freestyle, discipline peu connue du grand public, encore plus à l’époque. Le football freestyle est une discipline qui mêle ballon rond et technique, mais sans avoir aucune règle. L’objectif est de réaliser des gestes techniques, des acrobaties, que ce soit seul ou même par équipe parfois. L’idée est de faire le show, de mêler jonglage et enchaînement de différents gestes pour en faire un spectacle.

Cela fait vingt ans maintenant que Corentin BARON a fait du foot freestyle sa nouvelle passion : « J’ai d’abord fait du football, de tout petit jusqu’à l’âge de quinze ans. Puis, j’ai ensuite découvert le freestyle avec notamment les pubs de Ronaldinho à l’époque, qui faisait des gestes techniques, j’ai essayé et jamais arrêté. C’est ensuite devenu mon métier et j’ai monté mon statut professionnel en 2014. Dans le freestyle, ce que j’aime, c’est ce côté liberté et amusement. Le foot, je m’y retrouvais de moins en moins, il y avait trop de structures, trop de cadres, ça allait à l’encontre de ce que j’aimais, l’amusement et la liberté. Ce qui m’a donné envie, c’est d’imiter les gestes techniques, surtout ceux de Ronaldinho à l’époque, qui était vraiment impressionnant par son niveau technique. C’est pour cela que j’ai démarré et que j’ai continué, car cela plaisait à beaucoup de monde quand je faisais des démonstrations. Avec le temps, je suis ensuite allé dans les stades et j’ai fait des événements. Quand j’ai commencé, il n’y avait pas grand-chose. A aucun moment, je me suis dis que j’allais devenir pro, je faisais ça juste par plaisir. Aujourd’hui, l’objectif est de continuer à faire des spectacles. Pendant qu’on m’appelle, je continue, et pour l’instant, je profite. J’ai arrêté les compétitions depuis 2012-13, car ce n’est pas ce que j’aime le plus en réalité, mon vrai kiff, c’est juste de faire du spectacle. »

Envieux dans un premier temps de devenir footballeur professionnel, Corentin s’est rapidement rendu compte que ce rêve ne verrait pas le jour. A 12-13 ans, les futurs pros sont déjà souvent pour la plupart repérés et recrutés par un centre de formation, comme il nous l’explique : « J’ai assez vite compris que c’était trop tard pour passer professionnel et que les futurs professionnels étaient déjà dans les centres de formation. Après, est que c’est réellement cela qui m’a mis vers le freestyle ? Je ne sais pas. En tout cas, je ne pensais pas finir professionnel dans le freestyle, c’est la liberté et l’amusement qui m’ont fait aller vers le freestyle, le côté professionnel, c’est moi qui ai été le chercher. Dans le foot, on vient vous chercher, dans le freestyle il y a beaucoup de facteurs, mais s’il n’y a pas la volonté de se vendre, vous pouvez être le meilleur freestyler du monde, mais ne pas finir professionnel. Je suis pro, car j’ai monté un site, j’ai démarché, communiqué, j’aurais pu faire des compétitions sans jamais vivre de cela. »

Originaire d’Angers, Corentin avoue également qu’il est compliqué de se faire une place dans le monde du freestyle, notamment par manque de structure dans le Maine-et-Loire : « Il n’y en a jamais eu (des structures mises en place pour le foot freestyle) sur Angers. J’avais essayé de créer des cours en semaine, comme des cours de danse, il y avait eu des enfants au début, mais ça a été dur de maintenir cette idée-là dans le temps. Les enfants qui s’entraînent deux fois par semaine pendant une heure, ça représente 5% de tout l’entraînement qu’il faut pour s’améliorer. En France, d’autres ont tenté comme moi de faire des cours etc, mais ça n’a pas réellement fonctionné. En plus, il n’y a pas de fédération, car le foot freestyle est trop indépendant, trop niche. Le gros de notre travail se fait tout seul, à la maison, avec son ballon, un club au foot c’est bien pour avoir un rythme et des conseils, mais nous au freestyle on a tous appris tout seul. »

Alors, l’avenir du football freestyle est-il en péril ? Corentin BARON, lui, n’est en tout cas pas vraiment inquiet : « Avec l’arrivée des réseaux sociaux, il y avait cette peur que la discipline disparaisse, mais ces derniers ont permis que cela continue à être visible. Au fur et à mesure, le freestyle se structure de plus en plus avec les compétitions, mais c’est encore très amateur. Je ne vois pas pour autant de réelles évolutions là-dessus. C’est encore trop niche, on n’a pas de fédération comme les autres sports, donc on n’a pas de sponsor. Pour moi, le freestyle restera un événement lié au spectacle. Je pense que le freestyle continuera à exister, car ça va toujours impressionner les enfants, mais aussi car il y en a toujours qui continuent de faire perdurer la discipline et qui se lancent au fil des années. »