Tout semblait reposer sur les épaules de Jannik SINNER à Paris. Numéro un mondial et grand favori de cette édition 2026 de Roland-Garros, l’Italien a pourtant quitté le tournoi prématurément. Un coup de tonnerre qui aurait pu faire vaciller tout le tennis italien. 

La chute du roi Jannick SINNER

Depuis plusieurs mois, Jannik SINNER dominait le circuit mondial. Son statut de numéro un mondial et l’absence de Carlos ALCARAZ faisaient de lui l’homme à battre à Paris. Pourtant, son élimination précoce a totalement rebattu les cartes du tournoi.

Beaucoup imaginaient alors la délégation italienne en difficulté. Mais au lieu de s’effondrer, la Squadra Azzurra a répondu de la plus belle des manières. Matteo ARNALDI, Matteo BERRETTINI et Flavio COBOLLI ont pris le relais et ont offert à l’Italie une présence historique dans le dernier carré des prétendants au titre. Une démonstration de profondeur rarement vue dans l’histoire du tennis transalpin.

Matteo ARNALDI, l’éclosion au grand jour

C’est sans doute lui la sensation de cette quinzaine. Classé loin des têtes d’affiche avant le tournoi, Matteo ARNALDI s’est révélé aux yeux du grand public. Il s’est d’abord défait de Tallon GRIEKSPOOR, en quatre sets avant d’écarter l’ancien troisième mondial Stefanos TSITSIPAS.

Puis, le 104e mondial à notamment dominé l’Américain Tommy PAUL, au troisième tour en quatre sets (6-4, 3-6, 6-3, 7-5), mais il a frappé encore plus fort en huitièmes de finale.

Son duel face à Frances TIAFOE restera comme l’un des matchs de cette édition 2026. Pendant plus de cinq heures, les deux hommes ont livré une bataille exceptionnelle. Mené à plusieurs reprises, Matteo ARNALDI a finalement renversé l’Américain au terme d’un combat épique (4-6, 7-6, 6-7, 7-5, 6-4). Un match marqué par des échanges spectaculaires et plusieurs points déjà considérés parmi les plus beaux du tournoi. 

Matteo ARNALDI se démarque par son sens du combat, sa couverture de terrain et sa capacité à transformer des situations désespérées en coups gagnants ont marqué les esprits. À vingt-cinq ans, il disputera le premier quart de finale en Grand Chelem de sa carrière, face à… Matteo BERRETTINI son compatriote, lui aussi auteur d’une quinzaine folle. Un match épique qui à lieu ce soir. 

Matteo BERRETTINI, le retour du guerrier

Longtemps freiné par les blessures, Matteo BERRETTINI semblait s’être éloigné du très haut niveau. Pourtant, depuis le début du tournoi, l’ancien finaliste de Wimbledon retrouve progressivement son meilleur tennis.

Au premier tour, il élimine FUCSOVICS en quatre sets, au terme d’un bon match. Il est ensuite le bourreau du numéro un français,en l’absence d’Arthur FILS, Arthur RINDERKNECH battu en trois sets (6-4, 6-4, 6-4 ). L’italien a totalement dominé, faisant même craquer Arthur RINDERKNECH, le forçant à briser sa raquette.

Après avoir survécu à un marathon de plus de cinq heures au troisième tour, il a fait plier le terrien argentin Francisco COMESANA ( 7-6, 5-7, 6-7, 6-4, 7-6). En huitième, il a effacé Juan Manuel CERUNDOLO, l’argentin qui avait profité du coup de mou de Jannik SINNER, pour se hisser en huitièmes de finale de la compétition. Matteo BERRETTINI a retrouvé un niveau de jeu très élevé et a pris le dessus facilement en trois sets, en vengeant son compatriote (6-3, 7-6, 7-6).

Son expérience, son service et sa claque en coup droit font aujourd’hui de lui l’un des hommes les plus dangereux du tableau. Plus qu’un simple retour, Matteo BERRETTINI est redevenu un candidat crédible aux grands rendez-vous.

Flavio COBOLLI, l’efficacité comme signature

Moins spectaculaire que ses compatriotes, Flavio COBOLLI impressionne par son pragmatisme. Tête de série numéro 10, il avance avec sérénité.

Dès le premier tour, il a pris le dessus sur son compatriote Andrea PELLEGRINO en trois sets (6-4, 7-6, 6-3). Il a ensuite confirmé face au Chinois Wu YIBING, dominé avec autorité sur le même score (6-4, 6-4, 6-4).

Au troisième tour, Flavio COBOLLI a livré l’une de ses prestations les plus convaincantes du tournoi en balayant l’Américain Learner TIEN, pourtant tête de série et considéré comme l’un des jeunes joueurs les plus prometteurs du circuit. L’Italien s’est imposé sans trembler en trois manches sèches (6-2, 6-2, 6-3).

En huitièmes de finale, il a toutefois connu sa première véritable alerte. Opposé à l’Américain Zachary SVAJDA, l’une des nombreuses surprises de la quinzaine et tombeur de Francisco CERUNDOLO au tour précédent, Flavio COBOLLI semblait filer tranquillement vers la victoire avant de voir son adversaire revenir dans la partie. Solide dans les moments décisifs, il a finalement validé son billet pour les quarts de finale en quatre sets (6-2, 6-3, 6-7, 7-6).

Dans un Roland-Garros marqué par les surprises, le Romain avance discrètement, mais avec une efficacité redoutable, même s’il ne part pas favori lors du prochain match, puisqu’il affrontera le canadien Félix AUGER ALIASSIME en quarts de finale.

Une génération qui suit les traces de Sinner

L’élimination du numéro un mondial aurait pu être le symbole d’un échec. Elle est finalement devenue la preuve de la richesse du tennis italien. Pour la première fois de l’histoire, trois Italiens se retrouvent en quart de finale d’un même tournoi du Grand Chelem. 

Matteo ARNALDI incarne la révélation, Matteo BERRETTINI la renaissance et Flavio COBOLLI la confirmation. Ensemble, ils rappellent que l’Italie ne dépend plus d’un seul champion. À Roland-Garros 2026, la dynastie italienne ne porte plus seulement le nom de Jannik SINNER. Elle s’écrit désormais au pluriel.