Le multiplex à rebondissements de dimanche dernier a clôturé d’une bien belle manière l’exercice 2025/2026 de la Ligue 1 McDonald’s. Retour sur une saison marquée par de belles histoires, des gros clubs qui sombrent et des joueurs qui se révèlent.
Lens, Lorient et Lyon : les bonnes surprises de l’exercice
Nouveau coach, nouveau directeur sportif et paris tentés sur des joueurs à relancer, la saison du Racing Club de Lens avait tout d’une saison test. Portés par des leaders altruistes avec notamment Adrien Thomasson, meilleur passeur du championnat, et Florian Thauvin, désireux de montrer qu’il n’est pas fini pour le haut niveau, les Sang et Or ont réalisé une saison historique avec 70 points. Longtemps dans le coup pour la première place, la meilleure équipe à domicile n’a pas pu tenir le rythme effréné du PSG qui les devance de six petits points à l’arrivée. Reste à savoir s’ils vont arriver à convaincre leurs hommes forts de continuer avec eux : Malang Sarr et Wesley Said, tous deux en fin de contrat, sont déjà bien partis pour le Golfe, quant à Samson Baidoo, Mamadou Sangaré et Robin Risser, ils sont dans les petits papiers des géants européens. Cap maintenant sur la finale de la Coupe de France pour concrétiser cette saison magique avec un trophée.

Samson BAIDOO du RC Lens célèbre son but avec Andrija BULATOVIC, Matthieu UDOL, Morgan GUILAVOGUI, Florian SOTOCA lors du match de Ligue 1 entre Lens et Lorient au Stade Bollaert-Delelis le 2 novembre 2025 à Lens. (Photo by Johnny Fidelin/Icon Sport) — Photo by Icon Sport
Promus et orphelins de leur pépite Elie Junior Kroupi (meilleur joueur et buteur de Ligue 2 l’année dernière) transféré à Bournemouth cet été, on visait le maintien côté Lorientais. Après dix premières journées compliquées, les hommes d’Olivier Pantaloni se sont remobilisés en s’appuyant sur un système en transition classique mais parfaitement huilé, avec des éléments forts tels que le piston burkinabé Arsène Kouassi ou le meneur de jeu Pablo Pagis. Une honorable 9e place derrière les mastodontes du championnat, symbole d’un club qui travaille bien.

Jean-Victor Makengo, Darlin Yongwa et Bamba Dieng célébrant un but face à Angers.
Crédit : Maville Nantes
D’abord relégué administrativement par la DNCG, l’Olympique Lyonnais a réussi à régulariser sa situation en vendant ses éléments principaux. Paulo Fonseca a dû faire avec des joueurs recrutés à faible coût : Alfonso Moreira recruté 2 millions d’euros au Sporting, Ruben Kluivert pour 4M à Casa Pia… La cellule de scouting s’est démenée pour trouver des bonnes affaires. Et cela a plutôt bien fonctionné pour les Gones, qui sont restés pendant de longues journées dans les places européennes, une performance inimaginable compte tenu de l’été mouvementé. Portés par un Corentin Tolisso taille patron, un Dominik Greif qui rassure et un Endrick venu en renfort cet hiver, Lyon a assuré son rang de gros du championnat. Cette saison, qui restera sûrement dans les annales, s’est terminée hier par une lourde défaite face à Lens à domicile, obligeant les Lyonnais à passer par les barrages de la Ligue des Champions pour l’année prochaine.

Paulo Fonseca donnant des consignes à ses joueurs face à Toulouse pendant la 33ème journée de Ligue 1. Crédit : RMC Sport
l’OGC Nice, le FC Nantes et L’Olympique de Marseille: les mauvais élèves du championnat
La saison de l’OGC Nice n’a pas vraiment de sens. Trois petits points en Europa League en huit matchs, barragiste en Ligue 1 mais finaliste de la Coupe de France. Malgré un effectif qualitatif, les Aiglons n’ont pas réussi à engranger une dynamique positive et n’ont mesuré la gravité de la situation que trop tard dans la saison. Des ressemblances avec le Stade de Reims 2024/2025 (relégué via les barrages et finaliste de la Coupe de France) : mauvais signe. Résultat ? Un aller-retour piégeur contre Saint-Étienne, vainqueur des barrages de Ligue 2, et la dernière saison en professionnel de la légende Dante gâchée. La bande de l’ancien Angevin Mohammed Ali Cho jouera donc gros les 26 et 29 mai pour espérer limiter la casse.
Kevin Carlos, attaquant recruté cet été par l’OGC Nice, finit avec 0 but. Crédit : Sport.fr
Cela leur pendait au nez depuis des années, le couperet est tombé en 2026. Ogre du football français de par son histoire, ses supporters et son stade mythique, le FC Nantes va jouer en Ligue 2 l’année prochaine. La direction est particulièrement décrite comme responsable par les observateurs, notamment Waldemar Kita, le président et propriétaire, et son fils Franck, directeur général, à cause de choix sportifs douteux. Pas plus tard que cette année, lorsqu’ils ont fait le choix de virer Luis Castro, coach recruté six mois auparavant, après de « mauvais résultats ». Mais le changement de coach et le mercato hivernal n’ont rien changé : le problème se situe sensiblement ailleurs que dans le choix du coach et des joueurs… Avant-dernier avec 23 points, les Canaris sont loin derrière des équipes aux budgets bien plus modestes tels qu’Angers SCO ou Le Havre. Une cassure entre direction et public qui s’est symbolisée par l’envahissement du terrain par les ultras nantais à la 20e minute de jeu de la 34e et dernière journée de Ligue 1, synonyme de fin de rencontre prématurée. Une histoire qui va suivre en Ligue 2 donc, mais avec quels joueurs et avec quels dirigeants ? Telle est la question…

Matthis Abline, attaquant du FC Nantes lors de Nantes-PSG.
Crédit : France Info
Cinquième avec 59 points, l’Olympique de Marseille termine à une place qui, sur le papier, ne devrait pas faire honte. Mais au regard des ambitions affichées en début de saison et du budget conséquent investi sur le mercato estival, cette cinquième place a le goût amer d’un échec. Roberto De Zerbi avait pourtant tout pour réussir : un effectif renouvelé, un Vélodrome bouillant et une ville entière derrière lui. Mais les Phocéens n’ont jamais réussi à enchaîner les bonnes séries, alternant les performances de haut vol et les contre-performances inexplicables, symptôme d’un groupe encore trop irrégulier pour prétendre au titre. Le tournant de la saison a sûrement été le Trophée des Champions perdu aux tirs au but après une égalisation parisienne à la dernière minute ; la cassure mentale chez les joueurs s’est ressentie dans les matchs qui ont suivi. Après la démission de De Zerbi, Habib Beye, ancien capitaine de la maison, fut nommé à la tête de l’équipe pour essayer de remobiliser les troupes et accrocher la Ligue des Champions. Il a échoué, faute à un effectif lessivé, en manque de repères. L’Olympique de Marseille jouera l’Europa League l’année prochaine.

Les joueurs de l’Olympique de Marseille après la défaite face à Strasbourg.
Crédit : Icon Sport
Sangaré, Moreira et Panichelli, les promesses révélées
Il faisait partie des paris tentés par Jean-Louis Leca cet été, il finit dans le XI type de Ligue 1. Personne ne connaît Mamadou Sangaré lorsque le RC Lens l’achète au Rapid Vienne pour 8 millions d’euros en août dernier. Milieu de terrain athlétique mais pas fâché avec le ballon, il impressionne directement par son volume de jeu et son intelligence. Véritable pilier de la folle saison lensoise, sa valorisation s’est multipliée au cours de cet exercice : il vaudrait plus de 30M aujourd’hui selon Transfermarkt. Grand absent des nominés du meilleur joueur de Ligue 1 UNFP, il a dû se contenter du prix Marc-Vivien Foé récompensant le meilleur joueur africain de notre championnat. Il sera difficile de le garder en terre lensoise cet été : Liverpool aurait déjà pris des renseignements. Reste à savoir s’il souhaite confirmer une deuxième saison dans le Nord, lui qui disputera la plus grande des compétitions européennes avec les Sang et Or, s’il reste…

Mamadou Sangaré à Bollaert. Crédit : L’Equipe
Recruté au Sporting pour 2 millions d’euros alors qu’il n’avait toujours pas fait ses preuves avec l’équipe première, on pouvait se poser des questions sur le transfert d’Alfonso Moreira à l’Olympique Lyonnais cette saison. D’abord considéré comme doublure de Malick Fofana, il est devenu titulaire après la blessure du virevoltant ailier belge. Rapide, pas avare d’effort, altruiste et bon finisseur, Moreira a les caractéristiques de l’ailier moderne. Très bien intégré dans le groupe lyonnais, on a vite senti qu’il s’entendait parfaitement avec ses coéquipiers. Son match référence reste sans doute la victoire lors du match retour contre le PSG au Parc des Princes, avec une performance XXL, un but et une passe décisive. Son entente avec Endrick, arrivé en janvier, a fait le bonheur des Gones et a permis au club du Rhône d’arracher les barrages de la Ligue des Champions. Quant à son avenir, la revalorisation de sa valeur marchande et le contexte économique du club peuvent tenter les dirigeants lyonnais à le faire partir, mais rien n’est encore acté. Avec le retour de blessure de Malick Fofana, on ne le voit cependant pas accepter un rôle de doublure.

Alfonso Moreira après son but salvateur dans les arrêts de jeu du match contre Strasbourg au Groupama Stadium.
Crédit : 20 minutes
Joaquin Panichelli est un attaquant à l’ancienne. Physique, instinctif, le natif de Córdoba en Argentine peut nous rappeler les légendes de son pays à son poste. Prêté par Alavés à Mirantes la saison dernière, il claque 20 buts et 8 passes décisives en deuxième division espagnole. Strasbourg craque et pose 12 millions d’euros. Venu pour concurrencer Emmanuel Emmegha, Panichelli va finalement se montrer indispensable de par son importance statistique et sa rage propre à l’Amérique du Sud. Il finit l’exercice 2025/2026 avec 20 buts, 4 passes décisives et une première sélection avec l’Albiceleste, avec qui il aurait participé à la Coupe du Monde cet été s’il ne s’était pas fait une rupture du ligament croisé lors du dernier rassemblement. Une blessure qui a marqué la saison de Strasbourg qui, sans lui, a tout perdu : éliminé en demi-finale de Conference Europa League et de Coupe de France, et une triste 8e place en Ligue 1. À voir comment le nouveau chouchou de la Meinau va revenir sur les pelouses, mais le troisième meilleur buteur du championnat cette saison (premier ex-aequo avec Esteban Lepaul au moment de sa blessure) aura à cœur de rattraper le temps perdu.

Joaquin Panichelli célébrant son but face à l’OGC Nice.
Crédit : DNA








