À l’approche des premières arrivées en Guadeloupe, la Route du Rhum – Destination Guadeloupe entre dans une nouvelle phase décisive. Toujours solidement installé en tête de la catégorie Ultim, Tom Laperche (SVR-Lazartigue) est attendu samedi après-midi à Pointe-à-Pitre. Derrière lui, les batailles se poursuivent dans les différentes catégories, tandis que les skippers des Class40 s’apprêtent à affronter un épisode météorologique particulièrement musclé.

La traversée de l’Atlantique continue de tenir toutes ses promesses sur la Route du Rhum – Destination Guadeloupe. Ce jeudi 5 novembre 2026, les différentes flottes poursuivent leur progression vers les Antilles, avec des enjeux bien distincts selon les catégories. Si Tom Laperche conserve une avance confortable en Ultim, les autres classes offrent également leur lot de suspense et de rebondissements.

Mais le fait marquant de cette journée concerne particulièrement les Class40, qui vont devoir négocier un passage météorologique délicat, avec de fortes précipitations et des rafales de vent pouvant atteindre une quarantaine de nœuds.

Tom Laperche en patron, une arrivée attendue samedi

À bord de SVR-Lazartigue, Tom Laperche continue d’impressionner. Le skipper conserve les commandes de la catégorie Ultim et se rapproche progressivement de la Guadeloupe. Son arrivée est attendue samedi après-midi, sauf évolution des conditions de navigation.

Derrière lui, la lutte pour la deuxième place reste particulièrement serrée. Thomas Coville (Sodebo Ultim 3) et Louis Burton (Ultim Armand Thiery) se tiennent en seulement deux milles d’écart au classement de 15 heures. Une bataille à distance qui promet encore quelques changements avant l’arrivée.

IMOCA : Corentin Horeau creuse l’écart

Dans la catégorie IMOCA, Corentin Horeau réalise une course remarquable à bord de MACSF. Solidement installé en première position depuis son échappée, il possède désormais près de 190 milles d’avance sur son poursuivant direct, Boris Herrmann (Malizia 4).

Francesca Clapcich (11th Hour Racing) occupe la troisième place et reste à l’affût derrière les deux premiers.

Le leader doit néanmoins rester vigilant. Les conditions météorologiques se montrent parfois particulièrement instables, comme il a pu le constater lors d’un violent orage. « Le vent est passé de 8 à 40 nœuds en quinze secondes ! », raconte-t-il. Une situation qui l’a contraint à adapter rapidement sa navigation et à mettre son bateau en sécurité.

Malgré cet épisode impressionnant, le skipper de MACSF a réussi à maîtriser la situation sans subir de casse.

Ocean Fifty : Basile Bourgnon poursuit sa démonstration

En Ocean Fifty, Basile Bourgnon continue de faire la course en tête avec Edenred. Le skipper de la fusée rouge confirme sa domination et maintient ses concurrents à distance.

Derrière lui, Thibaut Vauchel-Camus (Solidaires en Peloton by Delanchy) a choisi une option stratégique différente. Parti plus au nord que ses concurrents mardi soir, il a amorcé un changement de cap vers le sud. Un pari tactique dont il faudra attendre les prochains classements pour mesurer la pertinence.

Class40 : un passage météo qui pourrait tout bouleverser

C’est dans cette catégorie que le suspense pourrait connaître un nouvel épisode majeur. Les Class40 s’apprêtent à traverser un front particulièrement actif, accompagné de fortes pluies et de rafales avoisinant les 40 nœuds.

Une séquence qui pourrait redistribuer complètement les cartes au classement. En tête de flotte, Guillaume Pirouelle (Sogestran Seafrigo) sait que sa position reste fragile. Une dizaine de concurrents se trouvent en embuscade et pourraient profiter de cette zone de transition pour prendre les commandes.

Le skipper Yannick Rebuffat (Mussulo40) prépare activement son bateau : « J’attache tout, je prépare le bateau pour affronter ce premier coup de tabac. »

Même prudence du côté de Gaëtan Thomas, à bord de Barco Brasil, qui préfère mettre momentanément la compétition de côté pour se concentrer sur la sécurité de son embarcation.

Guillaume Pirouelle anticipe également une navigation exigeante : « Les conditions vont devenir beaucoup plus instables, avec des rotations de vent potentiellement très fortes et très brusques. » La vigilance sera donc essentielle pour traverser ce passage sans encombre.

Vintage : des duels passionnants entre bateaux de légende

La Route du Rhum ne se résume pas aux grandes catégories professionnelles. Les flottes Vintage Mono et Vintage Multi proposent elles aussi des affrontements particulièrement disputés.

En Vintage Mono, quatre skippers se livrent une bataille serrée : Tanguy Caradec (Eurvad), Kieran Le Borgne (Armor-Lux – Le Finistère Assurance), Patrick Isoard (Groupe Cogedis Pour Enfants du Mékong) et Sidney Gavignet (Le Cigare Rouge).

Les écarts réduits et les vitesses relativement similaires entretiennent une véritable confrontation sur l’Atlantique. « On a à peu près la même vitesse, on se bagarre et on est à fond », résume Kieran Le Borgne.

En Vintage Multi, le duel au sommet oppose Damien Seguin (Arkéa – Handicap International) à Éric Péron (French Touch – Oceania Hotels). Les deux navigateurs évoluent à bord de trimarans ORMA et se livrent une bataille particulièrement intéressante.

Plusieurs avaries, mais des skippers en sécurité

Cette journée est également marquée par plusieurs événements qui rappellent les exigences et les risques de la course au large.

Trente heures après son chavirage, Matthieu Perraut a été récupéré jeudi matin à 6 h 15 TU par le Merida, le bateau de sauvetage d’Oceanic Assistance. Le skipper va bien et se trouve désormais en sécurité.

L’équipage dirigé par Adrien Hardy est parvenu à remettre le trimaran ELVEST à l’endroit. Le bateau est désormais remorqué en direction des Açores.

Autre incident, celui d’Erwan Le Draoulec. Alors qu’il naviguait dans des conditions de vent de nord-ouest de 25 nœuds, à environ 100 milles au sud-ouest de l’île de Flores, le skipper s’est luxé l’épaule lors d’une manœuvre à 7 h 39. Il a toutefois réussi à remettre son articulation en place quelques minutes plus tard.

Après concertation avec son équipe à terre et avis médical, il a décidé de faire route vers Horta, aux Açores.

Enfin, Pamela Lee, engagée en Class40 sur #Empower, a également choisi de se dérouter vers les Açores en raison de problèmes d’énergie à bord.

Une traversée toujours aussi exigeante

À l’approche de la Guadeloupe pour les premiers concurrents, la Route du Rhum – Destination Guadeloupe continue de proposer un spectacle sportif intense. Entre la maîtrise de Tom Laperche en Ultim, la domination de Corentin Horeau en IMOCA, la régularité de Basile Bourgnon en Ocean Fifty et les incertitudes météorologiques en Class40, les enjeux restent nombreux.

Les prochaines heures seront particulièrement importantes pour les concurrents confrontés au front dépressionnaire. Sur l’Atlantique, la performance sportive ne suffit pas : l’expérience, l’anticipation et la capacité à préserver son bateau peuvent faire toute la différence.

Une chose est certaine : sur la Route du Rhum, la victoire se construit aussi dans les moments où il faut savoir naviguer en marin avant de penser à la compétition.