De ses débuts en Anjou à son parcours en Ligue Magnus en passant par les Diables Rouges de Briançon, les Ducs d’Angers, les Brûleurs de Loups de Grenoble et les Boxers de Bordeaux avec lequel il vient de décrocher le titre de Champion de France, cette saison, Loïc FARNIER revient avec nous sur son chemin vers le hockey professionnel et les exigences du haut niveau en France.

Bonjour Loïc, pouvez-vous nous raconter votre parcours dans le hockey sur glace ?

« J’ai commencé le hockey sur glace à 8-9 ans dans le Maine-et-Loire. J’ai dû rattraper un peu le retard que j’avais avec un ami, donc je devais bosser après les cours. J’ai commencé à entrer dans des clubs plus gros par la suite. Je savais que je voulais en faire mon métier, car j’adore ce sport. Après quatre saisons dans le Maine-et-Loire, je suis rentré à Valence qui est ma ville natale, faire du hockey. Après, je suis partie un an à Grenoble, en sports études, puis je suis revenu à Valence un an. Par la suite, je suis partie aux Diables Rouges de Briançon. J’y ai passé six ans, où j’ai terminé mes jeunes années et où j’ai commencé ma carrière de hockeyeur professionnel dans la ligue Magnus. Par la suite, Briançon est descendu en Division 1. J’y ai évolué durant deux ans, avant d’être recruté à Angers. J’ai effectué quatre saisons chez les Ducs d’Angers et c’est vraiment là, où j’ai commencé mes années pro. Ensuite, je suis parti dans la région Rhône-Alpes, chez les Bruleurs de Loups de Grenoble. Enfin, je suis actuellement chez les Boxers de Bordeaux. Durant toutes ces années, je suis passé par l’équipe de France et je suis allé au championnat du monde. J’ai aussi remporté deux fois le titre de champion de France et deux fois la coupe de France. »

Cette saison s’est vraiment terminée en apothéose pour vous et pour le club de Bordeaux, avec le premier titre de champion de France de son histoire ?

« En effet, cette saison va rentrer dans l’histoire du club. Bordeaux a remporté son premier titre de champion de France en Ligue Magnus. Ce fut une sacrée saison avec plein de souvenirs. Il ne faut pas oublier que nous n’étions pas les favoris et que l’on a tout de même éliminé deux grosses équipes dans le dernier carré pour arriver au sacre, avec Rouen en demi-finale et Grenoble en finale, surtout après avoir terminé à la quatrième place de la saison régulière. »

À quoi ressemble une semaine type pour vous pendant la saison ? 

« Par semaine, nous avons entre deux et trois matchs à l’extérieur ou à domicile, ce qui représente quarante-quatre matchs de saison régulière. Cela permet d’établir un classement pour les play-offs. Donc, cela demande une bonne préparation physique et d’être bien préparés pour enchaîner les matchs. Le matin, en général, on a de la musculation et de la vidéo, c’est surtout le moment, où je vais m’entraîner à la patinoire. Puis, l’après-midi, nous sommes en repos. S’il y a des matchs le soir, c’est possible que l’entraînement soit plus court. Si on a un match le lendemain à l’extérieur, on part la veille, afin de dormir dans le bus et d’être déjà là-bas le matin pour ensuite commencer l’échauffement. Et si je ne joue pas de match, je suis soit en repos ou soit je m’entraîne. Je n’ai pas vraiment de routine d’échauffement précise. J’ai souvent la même journée, surtout sur la façon dont je vis après les entraînements, à savoir promener mes chiens, faire le ménage, faire à manger et puis passez du temps libre avant de me préparer pour partir aux matchs. »

À quel point la préparation physique prend une place importante dans votre quotidien ?

« La préparation physique prend énormément de place avec tous nos entraînements. On fait notamment de la musculation de maintien, c’est vraiment ce qui permet d’être en forme. Lorsque la saison est terminée, j’ai du repos, mais je vais continuer la musculation jusqu’au début de la prochaine saison. »

Est-ce que vous arrivez à avoir du temps de loisir pour vous, avec cette densité de matchs qu’impose la Ligue Magnus ?

« Il est vrai que le rythme est assez intense, car on a beaucoup de matchs, avec beaucoup de déplacements à l’extérieur, mais tous nos après-midis sont libres. Pour les relations humaines en général, c’est un peu compliqué, car nous avons moins de temps à passer avec nos proches. A la fin de la saison, nous avons beaucoup plus de temps pour nous et pour profiter de nos familles. »

Est-ce que les gens imaginent bien la réalité de la vie d’un hockeyeur professionnel en France ? 

« Les gens n’ont aucune idée du boulot et du travail d’un joueur de hockey par rapport à ce que l’on gagne et par rapport au rythme de vie que nous avons. Nous ne sommes pas des joueurs de foot. On fait quand même un sport de vitesse, de contact, de collectif, de tactique et de système. Aujourd’hui, c’est beaucoup de sacrifices, que ce soit dans l’alimentation et le repos. »

« Aujourd’hui, le hockey sur glace tend de plus en plus à être reconnu en France. Quand j’ai commencé, dix ans en arrière, nous étions loin du hockey, d’aujourd’hui. Il y a de plus en plus de monde dans les patinoires, qui regardent les matchs et qui préfèrent regarder le hockey plutôt qu’un autre sport plus connu. Je suis content que cela évolue de plus en plus. Malgré tout, je pense qu’il manque encore de la médiatisation, dont la télévision, pour qu’aujourd’hui, nous soyons encore plus mis en avant. »

Est-ce qu’en Europe, tous les joueurs peuvent vraiment vivre confortablement du hockey ?

« Oui, notamment en Allemagne, en Suède, en Finlande. C’est surtout les Ligues, selon les pays, qui changent la donne. En France, on ne gagne pas sa vie de la même manière, qu’un hockeyeur dans un autre pays. »

Est-ce que jouer en Amérique du Nord a déjà été un rêve pour vous ?

« Oui, toujours, mais ce n’est pas si facile quand tu viens de France, car nous sommes sous-estimés et mal vus. Pour aller jouer à l’étranger, il faut être bien meilleur que les autres pour avoir de la reconnaissance. Les clubs préfèrent miser sur un Canadien et d’autres étrangers, c’est pour cela que c’est difficile quand on est Français. »

Pour finir, si vous pouviez changer une seule chose dans le hockey en France, ce serait quoi ?

« Il faudrait surtout que le hockey sur glace soit beaucoup plus médiatisé que ça ne l’est aujourd’hui, c’est le seul cap qu’il nous manque pour grandir. »