« En garde. Prêts ? Allez ! ». Immersion au sein du club du SCO Escrime à Angers. Ce club centenaire a su traverser les époques pour s’installer comme le club d’escrime majeur de la ville. Fort de la diversité de ses pratiques et de son activité continue, même en pleine crise, le SCO Escrime parvient également à décrocher des résultats autant dans les catégories jeunes que séniors. Tour d’horizon d’un club à la fois implanté et en plein développement.

Discrètement basé derrière le stade Raymond KOPA à Angers, le SCO Escrime est pourtant le club avec la plus grande influence dans la ville. Avec près de 190 licenciés (hors période COVID), le club a souffert de la pandémie, mais a su maintenir une activité partielle pendant la période. Il a toutefois des arguments pour séduire tous les publics. L’association sportive propose de très nombreuses disciplines, qui vont bien au-delà des trois armes classiques (fleuret, épée, sabre).

Toutes ces séances sont encadrées par les deux maîtres d’armes du SCO Escrime, Dorin et Carmen VARZARU. Ils sont présents au club depuis plus de quinze ans, après avoir évolué au plus haut niveau national roumain et international en tant que tireur ou entraîneur.

Du fleuret au sable laser, une diversité d’activités pour tous

Le SCO Escrime se démarque notamment par la richesse et la diversité des activités proposées. Contrairement aux autres clubs de la région, la pratique des trois armes est possible, en fleuret, épée et sabre. « C’est un plus pour nous vis-à-vis des autres clubs », explique Dorin VARZARU, maître d’armes. Leur pratique est à la fois dispensée auprès des jeunes et des adultes. Les différents groupes de travail sont divisés au cours de la semaine entre séances loisirs et compétitions pour permettre à chacun de pratiquer l’escrime au rythme de ses envies et de ses ambitions.

Mais, le projet du club est de pouvoir permettre à tous de faire de l’escrime. Laurence SALLE, présidente du SCO Escrime depuis le début de la saison 2020-2021 a fixé ce cap dès son arrivée à la tête du club. « L’objectif est de faire monter le projet sport santé, sport adapté, tout en maintenant la compétition où nous avons de bons résultats. C’est d’essayer d’équilibrer ces deux choses-là ».

La section Riposte contribue au développement du sport santé au sein du club (Crédit photo : SCO Escrime)

Ainsi, le club s’inscrit dans une démarche de sport santé à travers différentes pratiques pour s’adapter aux besoins de chacun. La section Riposte regroupe les femmes atteintes d’un cancer du sein, des séances d’escrime prescrites sur ordonnance sont proposées, ainsi que des interventions en EHPAD. Cela est très important pour le club, pour diversifier son offre, mais aussi pour permettre à chacun de faire du sport. « On essaye d’intégrer la personne comme elle est. Avec une pathologie ou sans pathologie, on doit pouvoir continuer à faire du sport tout le temps », explique Carmen VARZARU, maître d’armes.

Ce sport se décline aussi avec des pratiques un peu différentes de l’escrime traditionnelle. L’escrime artistique et médiévale pour les apprentis mousquetaires, à travers la section Les Épées du Roi René, et le sabre laser pour les padawans sont deux autres activités proposées par l’association sportive.

Face au COVID-19, le SCO Escrime contre-attaque

Depuis le début de la saison, et plus généralement depuis mars 2020, le SCO Escrime n’a d’autre choix que de vivre au rythme du COVID-19. Malgré les conditions et restrictions, le club a su faire preuve de persévérance et n’a jamais lâché, en maintenant le maximum d’entraînements possibles.

Le SCO Escrime a dû s’adapter pendant la crise sanitaire (Crédit photo : SCO Escrime)

Cela s’est notamment traduit pendant plusieurs mois par la tenue de séances en extérieurs pour les catégories jeunes, étant donné que la salle d’armes était inaccessible. « On a trouvé des solutions pour pérenniser les cours en extérieur sur du bitume, sur des parkings couverts ». Toutefois, cette solution n’aurait pas été adaptée pour une trop longue période notamment en raison de l’impact sur les sportifs. « C’est assez compliqué à l’extérieur. Nous, les escrimeurs, on sollicite beaucoup les jambes, donc s’entraîner sur le bitume ce n’est pas pareil que s’entraîner sur les pistes. Pour une petite période, ça va à l’extérieur, mais pour une période plus longue, ce n’est pas bon pour les genoux des escrimeurs », explique maître Carmen VARZARU. La solution a donc été d’alterner la pratique de l’escrime avec d’autres activités plus ludiques afin de maintenir une pratique du sport en extérieur.

Malgré les restrictions du moment, certains créneaux ont pu être maintenus en salle d’armes. C’est le cas par exemple de la section Ripostes, en raison de la situation des pratiquantes.

D’un point de vue extra-sportif, l’arrêt des compétitions a permis de recentrer le club sur ses objectifs et de dépoussiérer la partie administrative. « La période COVID a plus été une opportunité qu’une difficulté » détaille la présidente du club. Cette période difficile a permis de restructurer le club et de mettre en place une nouvelle communication et de retravailler le site internet. De nouveaux projets ont été imaginés et la préparation de la saison 2021-2022 ont été des axes de travail majeurs au cours de la période.

Des escrimeurs angevins à l’assaut des compétitions

Malgré la très grande diversité de pratiques proposées, le club brille en compétition. Ces bons résultats s’échelonnent des catégories moins de 15 ans (M15) aux catégories vétérans.

En vétéran, Bella ROUSSELOT, fleurettiste, performe régulièrement aux niveaux national et européen. Elle a notamment obtenu une médaille de bronze aux championnats d’Europe de sa catégorie et se classe première au classement européen.

Les compétiteurs ont retrouvé la salle d’armes et brillent en compétition (Crédit photo : SCO Escrime)

Dans les catégories plus jeunes, plusieurs escrimeurs et escrimeuses réussissent à performer au niveau national. Plusieurs d’entre eux sont même classés parmi les dix premiers dans leur catégorie. Des résultats notables ont été obtenus lors des compétitions précédant la crise sanitaire où des médailles ont été ramenées par des escrimeurs de M15 et M17 lors des compétitions régionales.

Depuis quelques semaines, les compétitions reprennent et les résultats des tireurs du SCO Escrime suivent, malgré les conditions d’entraînement pendant plusieurs mois. « Les jeunes ont retrouvé la salle d’armes le 19 mai. Trois semaines après, ils étaient en compétition régionale pour les qualifications aux Championnats de France. On a six qualifiés aux Championnats de France individuels et on a une équipe sur les trois armes ». Ces résultats sont valorisants pour le club et pour les jeunes, étant donné que les centres de formation ont pu continuer à s’entraîner en intérieur.

 

Former des arbitres, un enjeu pour le club

Le SCO Escrime souhaite aussi développer la formation à l’arbitrage dès les plus jeunes catégories. Pour participer aux compétitions, chaque club doit emmener avec ses tireurs un arbitre sur le lieu de compétition. L’idée est donc de faire découvrir l’arbitrage aux apprentis escrimeurs dès leurs premières années de pratique.

Pour mettre en place cet apprentissage, le club initie déjà les jeunes pendant une séance lors des stages qui ont lieu durant les vacances scolaires. Cela ne dure que quelques heures, mais leur permet d’avoir un premier aperçu des exigences de l’arbitrage. Maxime BELLIN, arbitre au niveau national et licencié du club, espère pouvoir développer et généraliser la formation au sein du SCO Escrime. « On aimerait mettre en place des séances dédiées à l’arbitrage ». Mais au-delà de la théorie que le règlement représente, une connaissance parfaite des règles permet de progresser dans la pratique de l’escrime, surtout dans les catégories jeunes qui débutent la compétition. La finalité de cette formation réside dans l’arbitrage en compétition, qui est le meilleur moyen de progresser en tant qu’arbitre. « On n’apprend qu’en compétition, c’est l’expérience, la pression… À l’entraînement, il n’y a pas les coachs en bout de piste qui mettent la pression pour ne pas faire de connerie », explique-t-il.

Les projets futurs

En plus de tout ce qui est mis en place aux différentes échelles, le SCO Escrime souhaite rester actif et continuer son développement. « On veut continuer notre développement sur le sport adapté et surtout maintenir le niveau de compétition. Mais c’est un peu difficile parce que ça demande beaucoup d’énergie, beaucoup de temps et des moyens financiers » explique Laurence SALLE. Ces deux axes sont importants pour le club dans sa politique d’ouvrir l’escrime à tous, tout en continuant sur la lancée des bons résultats dans les différentes compétitions. En parallèle, le club va développer ses sections artistiques, médiévales et sabre laser où des projets sont déjà prévus pour la saison prochaine.

Dans cette optique de développement, le SCO Escrime se lance dans un projet international ERASMUS. Les maîtres d’armes du club, Carmen et Dorin VARZARU, auront l’occasion de se rendre à Bucarest (Roumanie) et à Barcelone (Espagne) pour y faire un partage d’expérience avec les maîtres d’armes de trois clubs. Une découverte culturelle et une autre façon d’enseigner permettront aux deux Angevins d’en apprendre plus sur ce qui se fait à l’étranger, mais aussi de partager leur savoir-faire, leurs méthodes d’apprentissage et leur expérience.

 

Des portes ouvertes ont lieu chaque samedi dans la salle d’armes du SCO Escrime. Toutes les informations sont disponibles sur le site internet du club.

 

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