Nous retrouvons aujourd’hui David MAILLOCHON, créateur de l’association Ent’Raid. Cette association solidaire, humaine et sportive œuvre en faveur des enfants en situation de handicap. Il revient avec nous sur les actions menées par l’association ainsi que sur son dernier défi, récemment achevé au profit de l’association Condenados al Bordillo.

Bonjour David, nous aimerions d’abord revenir avec vous sur la création de l’association. Comment vous est venue cette idée ?

« L’idée était simple au départ. À l’époque, je me suis mis au trail et j’ai participé à la Diagonale des Fous. Je voulais mettre en avant ce sport tout en faisant quelque chose d’utile. J’ai donc créé l’association avec des amis, avec pour objectif de récolter des fonds au profit du Téléthon. Nous avons alors lancé le Défi 24 heures sur Angers en 2002, dont les bénéfices étaient reversés au Téléthon. En 2008, nous avons décidé d’arrêter l’organisation de ce défi, car je trouvais cela un peu impersonnel. Le Téléthon nous fournissait des enveloppes et venait ensuite les récupérer. Nous avons donc souhaité changer de fonctionnement en collaborant avec des associations locales, afin d’être plus proches d’elles et de leurs actions. En 2011, est née l’idée d’organiser un périple à vélo, après qu’un membre de l’association ait rencontré à Dénia une structure venant en aide aux enfants en situation de handicap. Nous avons alors eu l’idée de relier Angers à Dénia à vélo tous les deux ans, afin de récolter des fonds pour différentes associations. »

Avec cette association, qu’elles sont les principales barrières que vous souhaitez lever ?

« La première des barrières, c’est de les aider. Je pense par exemple à l’autisme. Il y a très peu de structures qui sont aidées par l’État en France. De ce côté-là, l’État français est très en retard et les familles se retrouvent en difficulté. La Maison de l’Autisme à Angers est une initiative individuelle qui rencontre des difficultés financières, car elle n’est pas aidée par l’État. Il faut aussi aider les familles. On se plaint parfois, mais il y a des personnes qui vivent des situations très compliquées lorsqu’elles ont des enfants atteints de maladies ou de handicaps. Pour aider les associations, nous allons par exemple verser entre 20 000 et 25 000 euros. Depuis le début de l’aventure, nous avons ainsi reversé entre 150 000 et 250 000 euros au total. »

Vous venez de boucler la huitième édition de votre périple entre Angers et Dénia, en Espagne. Que pouvez-vous nous raconter sur ces quelques jours qui viennent de s’achever ?

« C’était une édition très difficile, car il faisait extrêmement chaud. Nous avons parfois roulé sous des températures dépassant les quarante degrés. Ce fut une aventure exigeante et compliquée, mais avant tout solidaire et sportive. Nous étions huit cyclistes, accompagnés de cinq personnes chargées de l’assistance. »

Comment avez-vous eu l’idée de créer cette aventure ?

« On a un membre de l’association qui vit entre Dénia et Angers. Il a découvert l’association Condenados al Bordillo, qui vient en aide à une centaine d’enfants polyhandicapés. Nous avons alors eu l’idée de créer cette aventure symbolique en reliant Angers à Dénia tous les deux ans. »

Souhaitez-vous continuer à faire grandir cette aventure dans les prochaines années ?

« C’est un événement qui a lieu tous les deux ans et qui demande beaucoup de travail. Nous sommes avant tout des bénévoles et cela représente une grosse logistique. Nous aimerions récolter davantage de fonds, afin de faire grandir l’association. Pour cela, nous utilisons notamment les réseaux sociaux, afin de mettre en avant cette aventure. Chaque jour, nous publions un résumé de l’étape afin que les personnes puissent suivre notre progression au plus près et, si elles le souhaitent, apporter leur contribution. Nous aimerions pérenniser cet événement. Cela fait maintenant quinze ans que l’aventure existe et c’est déjà une grande satisfaction pour nous. »

Pour terminer, souhaitez-vous développer l’association à plus grande échelle ?

« Pas spécialement. Encore une fois, nous récoltons des fonds que nous reversons ensuite, donc notre objectif est avant tout d’organiser des événements. Le but n’est pas forcément de faire grandir l’association, mais plutôt de lui donner davantage de visibilité, tout comme aux événements que nous organisons. Par exemple, il y a deux ans, puis de nouveau lors de cette édition, nous avons réalisé un film pour mettre en valeur le périple et le faire découvrir au plus grand nombre. L’objectif est de gagner en visibilité grâce à ce type d’initiatives et de sensibiliser davantage de personnes à notre démarche. »