Coureur de fond et co-fondateur du club d’athlétisme de l’AS Saint-Sylvain-d’Anjou Athlétisme (ASSSA) dans sa jeunesse, devenu organisateur, puis animateur des courses de la région, Alain DOHIN tiendra le micro une ultime fois lors du Sylvanais, son semi-marathon de coeur, le 1er mars prochain. Le point final de six décennies passées dans le monde de la course à pied.
Bonjour Alain, pouvez-vous nous retracer votre parcours dans le monde de la course ?
« Eh bien, j’ai commencé l’athlétisme à l’âge de quatorze ans à Saint-Barthélémy-d’Anjou. J’étais d’ailleurs le premier inscrit au club lorsqu’il a été créé, il y a soixante ans. J’y suis resté jusqu’à mes vingt ans, avant de partir à Paris pour mon travail. En région parisienne, j’ai continué la course à pied en individuel. Lorsque je suis revenu en Anjou, on a créé le club de l’AS Saint-Sylvain-d’Anjou Athlétisme (ASSSA) avec quelques copains amateurs de marathon et de course à pied sur route. A la base, on voulait simplement avoir une piste dans le village et obtenir des équipements pour s’entraîner. La commune nous a alors demandé de créer un club pour pouvoir répondre à notre demande, ce que l’on a fait. J’ai été le premier président du club pendant seize ans. Après l’obtention de la piste, on a pu organiser nos premières courses. Elles étaient au début un peu sauvages, mais elles sont vite devenues des courses officielles, comme le Marathon du Loir. Après seize ans de présidence, j’ai senti qu’il était temps de passer la main, mais je suis resté le secrétaire du club de Saint-Sylvain. »
En plus de votre rôle dans le club de Saint-Sylvain-d’Anjou, vous vous êtes lancé dans une autre activité…
« Oui, en parallèle, je me suis lancé dans l’animation des courses à pied. Au début, je ne faisais que l’animation des courses disputées à Saint-Sylvain-d’Anjou. Mais en 1998, l’animateur du semi-marathon de Beaufort-en-Vallée ne pouvait pas être présent le jour de l’événement. L’organisation, qui appréciait mon travail à Saint-Sylvain-d’Anjou, m’a alors contacté pour que j’anime leurs courses et c’est ce que je fais depuis désormais vingt-huit ans, aux quatre coins du Maine-et-Loire. J’ai toutefois décidé que l’année 2026 serait ma dernière. Le 1er mars, ce sera mon dernier semi-marathon à Saint-Sylvain-d’Anjou, où la passation s’effectuera avec Alexis FROGER, qui est présent sur déjà pas mal de courses à pied dans la région. Même si je me mets en retrait, je resterai toujours disponible pour mon club au cas où. »
Vous avez donc animé le semi-marathon, mais aussi de nombreuses courses dans la région depuis des années. En quoi vos missions ont-elles consisté ?
« Il y a beaucoup de missions. Le matin, on accueille les participants et les partenaires. Il faut récupérer toutes les informations de dernière minute relatives à la course, comme les inscriptions tardives ou les changements. On récupère les messages de l’organisation pour pouvoir les transmettre à tous les acteurs de la course, notamment pour des questions de sécurité. Avant le départ, on essaie de plonger le public dans le bain en les ambiançant, en présentant les favoris… Pendant la course, on commente avec les informations qui nous parviennent et notamment les pointages. On communique au public, parce qu’il est toujours friand de savoir ce qu’il se passe en tête. Le plus important, c’est annoncer les coureurs qui passent la ligne. C’était plus compliqué à l’époque, mais c’est devenu beaucoup plus facile aujourd’hui grâce aux prestataires de chronométrie. C’est une reconnaissance bien perçue par les coureurs et appréciée du public. On essaie aussi d’interviewer les vainqueurs, mais ce n’est pas toujours évident. »
La préparation en amont de l’événement est aussi très importante…
« Oui, c’est important. L’avant-veille ou la veille d’un événement, je passe toute une journée à préparer la course. Je fais le point sur les favoris qui s’alignent, sur leurs performances récentes, les régions et départements représentés, les plus âgés, les plus jeunes… Cela prend du temps, mais je suis heureux de le faire parce que le public est satisfait. Je le fais avant tout pour eux, afin qu’ils passent une bonne course et qu’ils puissent suivre les performances de leurs proches. Je ne garderai que de bons souvenirs de mes années d’animation. »
Avez-vous le sentiment d’avoir fait tout ce que vous avez pu pour faire de ce semi-marathon l’un des événements majeurs de la région ?
« Quand j’anime, j’essaie de ne pas parler uniquement du semi-marathon de Saint-Sylvain-d’Anjou, mais aussi des autres courses dans la région. Je ne veux pas seulement mettre en avant cet événement parce que d’autres méritent aussi leur publicité. En tant qu’animateur, oui, j’ai le sentiment d’avoir accompli ce que je devais faire. Par exemple, lorsque nous avons organisé les Championnats de France en 2001, j’ai dû prendre quinze jours de congé pour préparer l’événement. Je n’ai pas compté mon temps et je pense avoir fait le maximum. Pour moi, la meilleure des récompenses, c’est que les courses se passent bien et que les gens passent un bon moment. »
Pour terminer, quels sont vos meilleurs souvenirs en tant qu’animateur ?
« Mon meilleur souvenir, c’est d’avoir organisé et animé le fameux Championnat de France de marathon en 2001. J’avais les deux casquettes organisation et animation et c’est un super souvenir qui restera toujours gravé en moi. Récemment, j’ai en tête le semi-marathon de Beaufort-en-Vallée. Pour me dire au revoir, l’organisation avait prévu des banderoles, avait fait intervenir Patrick MONTEL (ancien commentateur de l’athlétisme sur France Télévisions) à distance et m’a remis un superbe trophée. Cette course est particulière pour moi, c’est ma course de cœur parce que c’est celle qui m’a lancé en tant qu’animateur dans toute la région, il y a vingt-huit ans. Je m’attends à de beaux souvenirs dans les prochaines semaines, parce que c’est ma dernière sur plusieurs événements et on m’a déjà prévenu que j’allais être célébré à la Corrida de Longué. »








