Le FC Saint-André-Saint-Macaire peut-il prolonger son incroyable aventure en Coupe de France jusqu’à défier le FC Nantes ? Entraîneur du club des Mauges, Medhi Leroy savoure la perspective d’un parcours historique, sans perdre de vue l’essentiel : franchir d’abord l’obstacle du FC Nueillaubiers. Ancien footballeur professionnel et formé au FC Nantes, le technicien nourrit un rêve particulier : retrouver un jour la Beaujoire avec son équipe amateur, là où il a vécu certaines des plus belles émotions de sa carrière. Entre ambition collective, souvenirs européens et passion du football, il se confie sur cette aventure qui fait briller les yeux de tout un club.

« Pourquoi pas nous ? » : le rêve fou du FC Saint-André-Saint-Macaire

Bonjour Medhi, que représente cette aventure en Coupe de France et cette perspective de pouvoir affronter le FC Nantes ?

« En tant que petit poucet du département du Maine-et-Loire et du groupe H pour le tirage au sort, j’avais annoncé en début de saison que mon rêve était d’affronter la meilleure équipe de la région à ce stade de la compétition. Et surtout, pour moi, le FC Nantes est le club de mon cœur et mon club formateur. J’avais donc cette idée en tête : pouvoir jouer un jour contre eux.

Quand on commence les premiers tours de la Coupe de France avec une équipe amateur comme la mienne, je dis à mes joueurs qu’ils ont le droit de rêver. Chaque année, on regarde à la télévision les petits poucets réaliser des exploits et aller le plus loin possible. Cette saison, je leur ai posé une question : pourquoi pas nous ?

Le club de Saint-André-Saint-Macaire a bien évolué ces dernières saisons. Nos joueurs arrivent à maturité et nous avons de jeunes éléments prometteurs. Pourquoi ne pourrions-nous pas, nous aussi, réaliser un beau parcours dans cette compétition ?

Évidemment, le tirage au sort peut nous réserver des adversaires plus ou moins difficiles. On ne sait jamais à quelle sauce on va être mangés. Mais nous avons fait ce qu’il fallait sur le terrain pour arriver jusqu’ici. Nous avons gagné le droit de continuer à rêver.

Je leur ai même dit, en plaisantant, que nous devions aller jusqu’en seizièmes de finale ! Si je leur annonce simplement que l’objectif est d’atteindre le quatrième tour, cela reste plus abordable. En revanche, parler d’un seizième de finale, c’est presque comme leur dire qu’ils vont disputer une Coupe du monde et affronter l’équipe de France ! (Rires.)

Sans forcément y croire concrètement au départ, lorsque l’objectif se rapproche, on finit par se dire : pourquoi pas nous ? Aujourd’hui, les joueurs sont dans cet état d’esprit. Ils aimeraient que l’on puisse pointer du doigt le petit club de Saint-André-Saint-Macaire sur la carte de France. »

« J’espérais entendre le nom de Saint-Macaire »

Comment avez-vous vécu le tirage au sort et les émotions qui l’ont accompagné ?

« Nous étions parmi les derniers clubs à être tirés, donc l’attente a été un peu longue. Le FC Nantes est sorti dès la première boule. On espérait forcément que ce soit nous, même si nous savions que nos chances étaient infimes.

Finalement, les Nantais ont été associés au Stade Castelbourgeois, un club de Régional 1 de la région rennaise. Il y a eu une petite déception, forcément. Puis, dès la troisième boule, j’ai eu la grande joie d’entendre le nom de Saint-Macaire !

Cela signifiait déjà que nous allions recevoir à domicile. C’était une première grande émotion, car pouvoir accueillir un adversaire lors de ce septième tour de Coupe de France est quelque chose de particulier.

Nous avons actuellement un public formidable, capable de se déplacer en nombre et de nous soutenir dans les grands moments. Nos supporters sont derrière nous et nous apportent beaucoup.

Affronter le FC Nueillaubiers, en Régional 1, est également un tirage que nous pouvions espérer. C’est un club géographiquement proche, qui possède lui aussi de nombreux supporters. Même si nous ne sommes pas dans la même région, cela peut ressembler à un derby et donner lieu à une magnifique rencontre, dans une belle ambiance.

J’en ai discuté avec mon président, qui était lui aussi satisfait du tirage. Bien sûr, nous aurions pu espérer recevoir un très gros morceau. Mais deux clubs proches géographiquement, avec une telle perspective derrière, cela promet une belle fête.

Il faut toutefois rester lucide : nous avons d’abord un match à gagner contre le FC Nueillaubiers. Ensuite, il faudra également que le FC Nantes élimine le Stade Castelbourgeois. Avant cela, rien n’est fait. »

« Jouer à la Beaujoire serait le graal »

La perspective d’affronter le FC Nantes au tour suivant fait forcément rêver. Qu’est-ce que cela représenterait pour vous et vos joueurs ?

« Jouer un jour à la Beaujoire, cela reste le graal ! J’ai des joueurs qui sont supporters du FC Nantes. Aujourd’hui, leur petit club aux couleurs bleues et blanches pourrait potentiellement se déplacer là-bas.

Pour le moment, cela reste évidemment hypothétique. Il faut que nous nous qualifiions, tout comme les Nantais. Mais si cela se concrétise, j’aimerais que nous puissions tous nous retrouver à la Beaujoire.

C’est une pelouse sur laquelle j’ai vécu mes premières émotions de footballeur professionnel. Pouvoir y retourner avec mon équipe, mes joueurs et les personnes qui font vivre le club serait quelque chose d’extraordinaire. Ce serait un moment que nous pourrions partager et garder en mémoire toute notre vie.

J’aimerais aussi faire découvrir à mes joueurs ce petit monde du football professionnel que j’ai connu lorsque je portais le maillot nantais. Ils pourraient se retrouver dans un stade emblématique, devant leur famille, et vivre une expérience qu’ils n’oublieraient jamais.

Mais mon côté entraîneur reprend vite le dessus ! (Rires.) Il reste de nombreuses étapes à franchir. Il faudra faire abstraction de tout ce qui pourrait se passer ensuite et ne surtout pas considérer que nous y sommes déjà.

La première étape, c’est le FC Nueillaubiers. Nous savons que cette équipe déplacera des supporters et qu’elle aura, comme nous, à cœur de se qualifier pour espérer affronter Nantes. Nous devons donc rester concentrés sur notre objectif immédiat. »

« Mes joueurs avaient tous des étoiles dans les yeux »

Comment avez-vous retrouvé votre groupe après le tirage au sort ? Avez-vous senti une motivation supplémentaire ?

« J’ai retrouvé les joueurs hier soir pour la première fois depuis le tirage au sort. Ils étaient tous contents et avaient des étoiles dans les yeux. C’était beau à voir.

Je leur ai immédiatement rappelé que le possible match contre le FC Nantes était encore très loin. La route est longue et il faut d’abord bien faire les choses en championnat, puis lors de ce septième tour de Coupe de France contre le FC Nueillaubiers.

Nous devons avancer étape par étape, sans nous disperser. Le mois de novembre sera important et je n’aurai aucune absence à déplorer sur cette période. C’est une bonne chose, car nous allons pouvoir travailler avec un groupe mobilisé et concentré.

Je sais que les joueurs sont excités par cette perspective. C’est normal : lorsqu’on est footballeur amateur, pouvoir envisager un match contre une équipe professionnelle est un rêve. Mais il faut transformer cette émotion en énergie positive sur le terrain.

Nous ne devons pas oublier le chemin parcouru pour arriver jusque-là. Nous avons beaucoup travaillé et nous devons continuer à le faire pour offrir une nouvelle belle émotion à nos supporters. »

Deux Coupes de France remportées avec le FC Nantes : des souvenirs inoubliables

Vous avez vous-même connu de grandes émotions en tant que joueur professionnel. Quels souvenirs gardez-vous de vos deux Coupes de France remportées avec le FC Nantes ?

« J’ai remporté deux Coupes de France avec le FC Nantes. Sur le papier, je les ai donc gagnées, même si, dans les faits, je n’ai pas été sur le banc des remplaçants lors des finales au Stade de France.

J’avais fait partie du groupe lors de l’un des parcours, notamment à l’occasion d’une demi-finale, et j’avais été sur le banc lors d’un quart de finale pour l’autre édition. Ensuite, je n’ai pas pu aller plus loin en raison d’une blessure sur l’un des parcours et d’une non-convocation avec le groupe sur l’autre.

Malgré cela, j’ai fêté ces deux victoires avec mes coéquipiers. Il y a forcément un petit goût amer lorsqu’on n’a pas la possibilité de s’asseoir sur le banc lors des deux finales au Stade de France. Mais cela reste de très bons souvenirs.

C’était une véritable communion avec nos supporters, qui avaient fait le déplacement à Paris. Il y avait une ambiance extraordinaire, une grande fête autour du club et beaucoup d’émotion. La Coupe de France possède cette magie particulière : elle rassemble les joueurs, les supporters et tout un club autour d’un objectif commun.

Aujourd’hui, j’aimerais pouvoir transmettre cette émotion à mes joueurs de Saint-André-Saint-Macaire. À notre niveau, nous pouvons nous aussi vivre de grandes choses et créer des souvenirs qui resteront gravés. »

Arsenal, Highbury et les grands joueurs : « Cela donne la chair de poule »

Au-delà des Coupes de France, quel est votre meilleur souvenir de footballeur professionnel ?

« Mes meilleurs souvenirs sont surtout liés au FC Nantes. Je pense notamment à la double confrontation européenne contre Arsenal, avec le match aller à Highbury, leur ancien stade.

C’est une émotion forte pour moi, car j’avais joué les deux rencontres, à l’aller comme au retour. C’était la magie de la Coupe d’Europe !

Le match en Angleterre avait été extrêmement compliqué. Nous avions perdu 3-0 au match aller, avant de faire match nul 3-3 chez nous. Mais ce sont des moments magiques, parce que l’on se retrouve face à certaines des meilleures équipes du monde.

J’ai eu la chance de jouer contre de très grands joueurs comme Thierry Henry, Emmanuel Petit, Patrick Vieira, Marc Overmars ou encore Fredrik Ljungberg. Se retrouver sur le terrain face à de tels joueurs, dans une ambiance anglaise aussi chaude, cela donne la chair de poule.

Ce sont des expériences qui marquent une carrière. Quand on est jeune footballeur, on rêve de jouer ce genre de rencontres. Puis, un jour, on se retrouve au milieu du stade, face à ces joueurs, avec toute cette atmosphère autour de soi. Ce sont des émotions difficiles à décrire.

J’ai également vécu de beaux moments avec l’ESTAC Troyes et le SC Amiens. À Amiens, nous avons notamment été tout près d’une montée en Ligue 1, qui ne s’est malheureusement pas concrétisée alors qu’il restait environ deux mois de championnat.

Si je devais résumer ma carrière, je dirais que j’ai vécu beaucoup de bons moments. J’ai eu la chance de découvrir plusieurs environnements, de côtoyer de grands joueurs et de connaître des émotions fortes. »

« Je veux encore emmener mes joueurs loin pour les faire rêver »

Aujourd’hui, vous êtes entraîneur. Est-ce que votre vécu du football professionnel influence votre manière d’accompagner vos joueurs amateurs ?

« Bien sûr ! Aujourd’hui, je veux faire rêver mes joueurs, même si nous évoluons au niveau amateur. Nous avons le droit d’avoir des ambitions et de vivre des émotions fortes à notre échelle.

Je veux les emmener le plus loin possible, leur faire découvrir de nouvelles choses et leur permettre de vivre des moments qui resteront dans leur mémoire. Mais il y a aussi une autre dimension qui me tient à cœur : celle de donner envie aux jeunes qui arrivent derrière nous.

Lorsque les enfants voient les joueurs seniors réaliser un beau parcours, ils peuvent se projeter. Ils se disent qu’un jour, eux aussi, ils pourraient être à leur place.

C’est important pour la vie d’un club. Les résultats permettent de faire parler de nous, mais ils peuvent également créer une dynamique, attirer les jeunes et donner envie aux nouvelles générations de s’investir.

Le FC Saint-André-Saint-Macaire a évolué ces dernières saisons. Nous avons des joueurs qui arrivent à maturité et des jeunes prometteurs. Nous voulons continuer à avancer ensemble, tout en conservant cet esprit collectif qui fait notre force.

Si nous pouvons vivre une grande aventure en Coupe de France, ce sera une formidable récompense pour tout le monde : les joueurs, les dirigeants, les bénévoles, les supporters et les jeunes du club. »

Le FC Nueillaubiers, première marche avant le rêve nantais

Quel message souhaitez-vous adresser aux supporters des Mauges, déjà fiers de votre parcours en Coupe de France ?

« Je sais que nos supporters sont déjà très fiers de ce que nous avons accompli. Leur soutien est essentiel et nous sentons qu’il y a une véritable ferveur autour de l’équipe.

J’espère que les Mauges auront à cœur de faire de grandes choses avec nous. Nous voulons être acteurs de nos matchs, donner le maximum sur le terrain et continuer à offrir des émotions à ceux qui nous suivent.

Le match contre le FC Nueillaubiers sera une première étape importante. Il faudra répondre présent, dans le jeu comme dans l’état d’esprit. Nous savons que l’adversaire aura lui aussi beaucoup d’ambition et que la qualification se jouera sur le terrain.

Je ne sais pas encore si nous évoluerons dans notre stade ou dans une enceinte voisine, afin d’accueillir davantage de public. Ce qui est certain, c’est que cette rencontre suscite déjà beaucoup d’attentes.

Nous savons ce qui pourrait nous attendre derrière, mais nous ne devons pas brûler les étapes. La Coupe de France est une compétition magnifique parce qu’elle permet de rêver, mais elle exige aussi de rester humble et concentré à chaque tour.

Si nous parvenons à nous qualifier, et si le FC Nantes fait également le nécessaire de son côté, alors nous pourrons peut-être écrire une page exceptionnelle de l’histoire du FC Saint-André-Saint-Macaire.

Ce serait une petite cerise sur le gâteau pour nos supporters et pour tout le club. Mais avant de penser à la Beaujoire, nous avons un match à gagner ! »

Un rêve de professionnel, une ambition d’amateur et toute une région derrière eux : le FC Saint-André-Saint-Macaire est désormais face à un nouveau défi. Avec Medhi Leroy à sa tête, le club des Mauges entend poursuivre son aventure en Coupe de France sans perdre de vue l’essentiel. Le FC Nueillaubiers se dresse d’abord sur sa route. Et si le rêve nantais devenait réalité, les Bleus et Blancs pourraient alors vivre une soirée exceptionnelle dans l’antre du FC Nantes, sur une pelouse qui a profondément marqué leur entraîneur.