La France au sommet de l’Olympe. Après le relais masculin ce mardi, c’est le relais féminin français qui a démontré toute sa supériorité sur la piste d’Anterselva. Grâce à ce nouveau triomphe, le camp tricolore ramène une troisième médaille d’or en autant de relais sur ces Jeux Olympiques d’hiver.

Comme dans un rêve. Après le brillant succès des hommes ce mardi, Camille BENED, Lou JEANMONNOT, Océane MICHELON et Julia SIMON ont écrasé le relais féminin, hier après-midi, en s’imposant avec cinquante secondes d’avance sur leur dauphin, la Suède. Pourtant, comme les hommes, tout avait mal commencé pour les Bleues. Remplaçante de Justine BRAISAZ-BOUCHET, Camille BENED, à l’instar de Fabien CLAUDE la veille, était contrainte de tourner sur l’anneau de pénalité après avoir manqué sa dernière balle de pioche. Après seulement deux tirs, la France pointait à cinquante-cinq secondes de la Bulgarie.

JEANMONNOT NOUS FAIT UNE JACQUELIN

Seulement, la performance de la veille d’Emilien JACQUELIN avait inspiré Lou JEANMONNOT. Après un premier tir couché moyen (deux balles de pioche), mais un excellent tour, elle s’installait sur le debout avec un débours de trente secondes. Elle réalisait alors le plein et sortait du pas de tir avec seulement onze secondes de retard sur la Norvégienne Juni ARNEKLEIV, qu’elle déposait sur les skis dans son dernier tour. Elle transmettait le témoin à Océane MICHELON en troisième position, dans le même groupe que les surprenants relais letton et bulgare. Largement supérieure à ses adversaires, la Savoyarde s’envolait et faisait le plein sur le couché pour repartir avec vingt-huit secondes d’avance. Le rouleau compresseur français était lancé. Malgré une faute sur le debout, Océane MICHELON quittait le pas de tir avant même que ses rivales n’arrivent : elle comptait désormais une avance de quarante-cinq secondes sur la Norvégienne Karoline KNOTTEN, la Suédoise Elvira OEBERG et la Tchèque Tereza VIBORNIKOVA.

SIMON CONCLUT AVEC BRIO

Il fallait désormais un miracle pour la Suède et la Norvège pour espérer recoller à la tête de la course. Il n’arrivait pas grâce à une Julia SIMON impériale sur le tir (10/10) qui n’avait plus qu’à gérer tranquillement son avance. Derrière, on se savait battu et dans la bataille pour la médaille d’argent, c’est la Suède qui a pris l’avantage grâce à Hannah OEBERG, plus adroite que la Norvégienne Marene KIRKEEIDE (deux balles de pioche sur le dernier debout). Avec près d’une minute d’avance, Julia SIMON se permettait même d’attraper un drapeau tricolore dans les ultimes hectomètres pour le brandir dans la dernière ligne droite. Nouvelle scène de liesse à l’arrivée : la France est belle et bien dans une autre dimension sur les relais. A titre individuel, Julia SIMON devient elle la première française à remporter trois titres olympiques la même année.

LES REACTIONS :

Océane MICHELON (biathlon), médaillée d’or avec le relais féminin : « C’est toujours difficile d’y croire sur le coup. On réalise un rêve collectif. C’est un peu comme sur le sprint, c’est une déferlante d’émotions, il y a beaucoup de choses qui se passent dans la tête. Il y a beaucoup de reconnaissance pour tous ceux qui nous accompagnent dans cette aventure. C’était chouette. Je me suis dit « fais ta course comme si t’étais seule ». J’ai déroulé mon plan en restant très calme alors que j’étais stressée avant le départ de la course. Les gars ont fait un relais exemplaire hier. On est ravies d’avoir pu être au même niveau. C’est en rentrant à la maison que je pourrais faire le bilan de mes premiers Jeux.« 

Julia SIMON (biathlon), médaillée d’or avec le relais féminin : « C’est incroyable d’être triple championne olympique. La seule fois que les femmes ont gagné le relais, c’était à Albertville en 1992. J’avais coché cette course depuis tellement longtemps. J’avais à cœur de concrétiser ces deux derniers titres mondiaux, ce n’est jamais facile. Quand j’étais petite, je regardais à la télé les athlètes franchir la ligne d’arrivée avec le drapeau français, c’était un rêve. Aujourd’hui, les filles m’ont permis de vivre ça, c’était incroyable. Mes partenaires ont fait le gros du travail, je n’avais plus qu’à me faire plaisir. On est une équipe forte, c’est une grande fierté. Ce relais aujourd’hui montre la puissance de notre équipe, filles et garçons confondus. »