Les 147 coureuses du Tour de France Femmes avec Zwift 2026 sont à Lausanne, où débutent samedi les nombreux défis qui couronneront une championne en jaune dimanche 9 août, à Nice : neuf étapes, 1.174,7 kilomètres de course, 18.775 mètres de dénivelé positif… Du Grand Départ suisse (une première) à l’arrivée sur la Côte d’Azur (également inédite pour l’épreuve), le parcours doit offrir un spectacle rythmé, avec un terrain varié permettant à différentes championnes d’exprimer leur talent.

Tout commence avec « une arrivée pour puncheuses sur la côte Saint-François, où Wout van Aert s’est imposé [Tour 2022] », décrit Marion Rousse, directrice de l’événement. « La deuxième étape, d’Aigle à Genève, est pour les sprinteuses, avec un paysage magnifique. » La séquence suisse s’achèvera en quittant Genève pour rallier Poligny : « C’est une étape pour les baroudeuses puisqu’on ira immédiatement chercher le premier col de ce Tour de France Femmes avec Zwift. »

Rouleuses et prétendantes au Maillot Jaune se mesureront à un contre-la-montre de 21 kilomètres à Dijon (4e étape) : « Il y aura forcément des écarts qui peuvent aussi influencer le scénario de course. Il va falloir attaquer pour reprendre le temps perdu. » Rendez-vous sur la route de Belleville-en-Beaujolais (5e) – « un parcours de classique, avec beaucoup de montées, de descentes, et des routes étroites » -, au Mont Ventoux (7e) – « on fait difficilement mieux, qu’il s’agisse du mythe ou de la difficulté » – et jusqu’au dernier jour : « avec quatre boucles effectuées sur le col d’Èze et la variante du chemin du Vinaigrier, on peut encore tout renverser.

FERRAND-PRÉVOT EST PRÊTE : « JE CHOISIS MES BATAILLES »

La dernière victoire de Pauline Ferrand-Prévot remonte au 3 août 2025, il y a quasiment un an. Ce jour-là, la star française triomphait à Châtel, Maillot Jaune sur les épaules. Là revoilà au pied des sommets alpestres, pour défendre le titre arraché l’an dernier en survolant ce même massif lors du grand final du Tour de France Femmes avec Zwift. « Depuis le début de l’année, mon objectif est d’être à 100% pour le Tour », explique la leader de l’équipe Visma – Lease a Bike, troisième de Paris-Roubaix Femmes Hauts-de-France au printemps. « Je ne suis pas une coureuse qui veut et peut être performante toute la saison. Je choisis mes batailles et je m’investis à fond pour être à mon meilleur sur cet objectif. Donc je ne me suis peut-être pas encore imposée cette année, mais je suis très contente de ce que j’ai pu faire jusqu’à présent. »

« Je me sens prête, physiquement et mentalement ; tout s’est passé comme nous l’avions prévu », poursuit celle qui a multiplié les stages d’altitude et s’est soumise à une préparation toute particulière pour le contre-la-montre de la 4e étape. « Le Tour sera complètement différent cette année. Et comme j’ai dit souvent, j’aime savoir où je mets mes roues. Je suis allée plusieurs fois au Ventoux juste pour des reconnaissances. Et je suis très heureuse de finir à Nice [où elle réside régulièrement]. La dernière ascension du Tour, je la fais quasiment tous les jours. J’adorerai y revenir après la course et me dire : “Okay, j’ai couru ici et j’y ai donné le maximum.” »

VOLLERING ANNONCE UN « TOUR FOU, TRÈS PASSIONNANT »

En tête du classement mondial UCI, comme elle l’était déjà en 2023 et en 2025, Demi Vollering est une favorite évidente pour la victoire au Tour de France Femmes avec Zwift 2026. Elle a remporté le Maillot Jaune en 2023 et dû se contenter de la deuxième place lors des autres éditions auxquelles elle a participé. Elle s’avance vers un nouveau défi avec confiance et ambition, consciente d’avoir réalisé « une saison parfaite jusqu’à présent », avec des victoires au Tour des Flandres, à La Flèche Wallonne Femmes, à Liège-Bastogne-Liège Femmes et au Giro Women. « On ne pouvait que rêver d’une saison comme celle-ci, et cela nous aide à aborder cette course dans un état d’esprit plutôt détendu. Nous n’avons rien à prouver. »

La star néerlandaise a quelques idées sur la façon dont la course pourrait se dérouler : « Ça va être un Tour fou, très passionnant. Le Maillot Jaune pourrait changer d’épaules à plusieurs reprises, et j’espère le porter après la dernière étape. Nous devons rester très concentrées chaque jour, car nous avons vu ces dernières années à quel point les choses peuvent changer très vite sur le Tour de France. » Vollering peut compter sur un collectif FDJ United-Suez très solide, entièrement dévoué à soutenir ses ambitions, avec des grimpeuses confirmées comme Juliette Berthet et Évita Muzic, ainsi que des coureuses puissantes comme Franziska Koch ou Célia Gery.

PAROLE D’EXPÉRIENCE : « IL S’AGIT DE SAISIR LES OCCASIONS »

L’expérience sera cruciale pour venir à bout des neuf étapes et peut-être s’imposer sur la Côte d’Azur. Aux côtés de Ferrand-Prévot et Vollering, Kasia Niewiadoma-Phinney (Canyon//Sram) est l’autre ancienne vainqueure du Tour de France Femmes avec Zwift qui vise un nouveau titre cet été. « Nous sommes ici pour remporter le Maillot Jaune », a réaffirmé vendredi la star polonaise, avant de livrer son analyse de la dynamique de course à laquelle elle s’attend : « Je pars du principe que je vais perdre du temps face à des coureuses comme Marlen [Reusser], Anna [van der Breggen] ou Demi [Vollering] lors du contre-la-montre, donc tout est question de trouver des opportunités ailleurs. Et j’ai l’impression qu’il y en a beaucoup, il s’agit donc de saisir ces occasions et de ne pas manquer d’audace. » Concernant le Mont Ventoux en particulier, « je ne pense pas que tout le monde attendra les derniers kilomètres pour lancer son attaque décisive. On peut s’attendre à un départ difficile, puis il s’agira de survivre. »

Anna van der Breggen (SD Worx-Protime), autre coureuse extrêmement expérimentée et talentueuse, envisage elle aussi une bataille ouverte pendant neuf jours alors qu’elle vise le Maillot Jaune après avoir porté le maillot rouge de La Vuelta Femenina by Carrefour.es (2e au classement général à l’arrivée).