Paul BILLARD a réalisé son premier podium en course à pied, à Saint-Melaine-sur-Aubance, sur les dix-neuf kilomètres des Foulées de l’Aubance, le dimanche 14 juin 2026. L’athlète de vingt-quatre ans ne s’attendait pas forcément à jouer la gagne, lui qui n’avait jamais participé l’épreuve et qui n’avait jamais fait de podium de sa vie, jusqu’à présent. Plutôt habitué aux longues distances, le curriculum vitæ du coureur est quand même impressionnant avec entre autres, la course SaintéLyon et l’intégrale des Causses au Festival des Templiers. Paul s’est mis à la course à pied, il y a seulement trois ans. Ancien footballeur au SO Cholet, il a dû arrêter le ballon rond après deux ruptures du ligament croisé. Touche-à-tout, il a exploré plusieurs univers sportifs, avant de se consacrer pleinement au running. Il reviendra avec nous sur son parcours sportif, sur ses motivations en course à pied, ainsi que sur ses futurs objectifs, où la notion de partage et le fait de se dépasser, prime avant le reste.

Bonjour Paul, pouvez-vous revenir avec nous sur votre parcours sportif ?

« Eh bien, j’ai commencé à l’âge de six ans à faire du football, au sein du SO Cholet. J’y ai évolué durant douze saisons. Cela m’a amené jusqu’à mes dix-huit ans. Ensuite, j’ai dû arrêter, car je me suis fait une rupture des ligaments croisés du genou droit. Cela m’est arrivé en début de saison en U19 avec le SOC. J’ai dû me faire opérer. J’ai été en convalescence entre six et huit mois. Malgré tout, j’ai continué le football en reprenant une licence à l’AS Le Puy-Saint-Bonnet. J’ai fait deux mois et la greffe de mon genou n’a pas tenu… J’ai dû me faire réopérer et j’ai pris la décision d’arrêter le football. Cela m’a donné envie de découvrir autre chose. »

Vous vous êtes mis à la musculation ?

« En effet, à la suite de cela, je me suis mis à la musculation durant deux ans, avec l’objectif de continuer à me dépasser, d’apprendre à me connaître et d’essayer à me développer sur différents points. Puis, j’ai souhaité découvrir un autre sport, en me fixant de nouveaux objectifs, d’essayer de me dépasser. »

Vous avez aussi testé le triathlon ?

« Oui, je me suis mis au triathlon durant six à huit mois, sur les distances M et S. »

Mais c’est finalement la course à pied, qui va l’emporter ?

« Disons que cela fait trois ans, maintenant, que je me suis mis à fond dans la course à pied, et cela depuis mes vingt-deux ans. Au football, je jouais au poste de latéral et j’ai toujours aimé courir, en faisant les efforts pour le collectif et même pour moi. Et aujourd’hui, dans la dimension de la course à pied, je m’y retrouve totalement. »

Vous êtes plutôt coureur sur route ou plutôt trailer ?

« Dans un premier temps, j’ai été plus sur des courses sur route. Puis, petit à petit, je me suis sur le format trail, parce que je voulais voir de nouveaux paysages et chercher plus de difficultés, notamment dans les dénivelés. »

Au final, vous avez changé du sport collectif avec la pratique du football, au sport individuel avec la course à pied ?

« Complètement, car ce sont des sports totalement différents entre le sport individuel et le sport collectif, mais on a toujours la notion du dépassement de soi et de donner le meilleur de soi-même. C’est ce qui me plaît. »

Êtes-vous licencié dans un club d’athlétisme ?

« Non, je ne suis pas licencié dans un club d’athlétisme, pour le moment. Je m’entraîne tout seul ou parfois, je vais courir avec des amis. »

Quels sont vos points forts dans la course à pied ?

« Je ne sais pas trop quoi répondre à cette question. En soi, je ne les connais pas forcément, car je n’ai pas encore échangé sur le sujet avec des personnes du milieu de la course à pied. Malgré tout, je dirais mon mental et cet esprit de me dire, ok je peux toujours donner plus et repousser mes limites, ainsi que les douleurs. Me dire que les douleurs sont éphémères et que ce que je fais sur une course sera gravé à jamais ou pendant très longtemps. Je dirais que c’est cela ma force, à savoir ma détermination et mon envie de montrer que tout est possible. Quand je cours et que j’ai mes amis qui me disent que j’ai fait une bonne performance, c’est trop fort. Je me dis que si j’en suis capable, tout le monde peut le faire. Il faut juste avoir de l’envie et tenir une rigueur. »

Avez-vous des challenges et l’envie de battre vos records ? Comment s’effectuent vos préparations ?

« Déjà, je dirais que les préparations sont complètement différentes suivant les compétitions visées, comme par exemple effectuer un 10 km ou un marathon. Pour un 10 km, c’est du court et j’essaie de tourner à trois ou quatre séances par semaine, avec une séance en fractionné au seuil. Ajouté à cela, j’y intègre une ou deux séances de renforcement musculaire. Je me suis remis un peu à la musculation, afin d’être un peu plus athlétique et de mettre toutes les chances de mon côté. La plupart du temps, je fais de l’endurance fondamentale assez longue. Je varie aussi les séances avec du dénivelé, un peu de cotes, afin de continuer à travailler les muscles du bas du corps, comme les ischio-jambiers ou les quadriceps, en restant sur du technique. Je pense que si tu es performant sur le trail, avec la capacité de gérer les cotes et les descentes, pour moi, cela va se répercuter sur la route, en étant plus solide physiquement. Tout le reste va suivre. »

Avez-vous une préparation spécifique pour le marathon ?

« Sur une préparation marathon, c’est la même chose, à savoir quatre sorties minimum par semaine, avec une sortie longue le dimanche. En général, les plus grosses sorties, je les fais trois ou quatre semaines avant le départ. Je vais me taper environ trente-cinq kilomètres sur une sortie. Mais sinon, cela me fait des semaines entre soixante-dix et quatre-vingts kilomètres d’entraînement. Je ne suis pas un très grand « borneur », car avec le travail, c’est compliqué. En tout cas, j’essaie de varier les séances, avec toujours du renfo à la maison, car c’est important. »

Quels sont vos meilleurs souvenirs dans l’athlétisme ?

« Je ne sais pas s’il y en a un meilleur qu’un autre, car chaque souvenir de course à pied est spécial. C’est souvent un moment particulier et partagé, avec les amis et avec la famille. Mais si je devais en ressortir un, je dirais les 10 km de Cholet, puisque mes parents habitent à Cholet et c’est là-bas que j’ai commencé à courir. Le fait de voir que chaque année, j’arrive à battre mon record, c’est plaisant. Donc, c’est à chaque fois de bons souvenirs. Mais la course qui m’a fait aimer l’athlétisme, c’est celle où j’arrive à me dépasser à chaque fois. Il y a aussi bien évidemment, mon premier marathon, que j’ai fait à la Rochelle (en 2h54). C’est pour moi un immense souvenir. Il y a aussi mon premier semi-marathon que j’ai fait à Nuaillé. Toutes mes premières courses ont été des moments forts et émouvants pour moi. C’est aussi la même chose pour les trails et mes premiers « tops 10″. Même si ce n’est pas un podium, qui reste l’objectif, c’est avant de se dire que l’on monte en puissance. Mais le plus important, c’est le fait que je prenne du plaisir dans ce que je fais. »

Peut-on revenir avec vous sur votre premier podium lors des Foulées de l’Aubance ?

« C’est vrai que mon premier podium a été sur les Foulées de l’Aubance. Mais sur l’année dernière et cette année, ce que j’ai particulièrement aimé, c’est le fait de battre mes records personnels. Mes meilleurs souvenirs, c’est aussi lorsque je me suis donné les moyens, j’ai toujours obtenu le résultat souhaité. J’ai aussi participé à l’intégrale des Causses, au Festivale des Templiers, avec un top 30 sur les 63 km. J’ai aussi d’autres bons souvenirs, où mes amis et ma famille étaient présents. Je fais de la course à pied pour partager des moments, se dépasser et rendre fier mes proches. C’est mon mindset (mon état d’esprit) »

Quelles seront futurs objectifs ?

« Si je dois parler du 10 km à Saint-Gilles-Croix-de-Vie, en Vendée, c’est une course que l’on fera entre amis. Chacun voudra se dépasser, avec des niveaux différents. Pour certains, cela sera leur première course. L’objectif sera de passer un moment tous ensemble et de partager la passion pour la course à pied, que j’ai pu leur transmettre. Pour ma part, ce sera toujours de me dépasser et d’aller chercher encore plus loin. On verra si je peux atteindre les trente-deux minutes. C’est peut-être ambitieux. Mais cela sera au moins d’atteindre mon record personnel et pourquoi pas descendre en-dessous de trente-trois minutes, cela sera déjà bien. On ira étape par étape. Pour le trail de la Pommeraye, j’irais comme d’habitude pour prendre du plaisir, pour me dépasser et donner tout ce que j’ai à donner. Et concernant le marathon de Rennes, c’est un objectif que je vais attendre tout particulièrement, puisque c’est un marathon qui est roulant, il y aura du niveau. Je vais essayer de suivre le rythme et d’essayer d’aller chercher un nouveau record personnel. Cela va être mon objectif. Je pense que cela sera mes dernières courses sur route, pour ensuite me consacrer aux trails, dont le 130 km, aux Herbiers, en fin d’année. Je n’ai jamais fait de distance de plus de 92 km. L’objectif est d’aller chercher du long, de l’ultra-trail, car j’ai pour ambition dans deux ou trois ans de faire de l’UTMB ou la Diagonale de Fous. C’est vraiment mon objectif ultime de faire de l’ultra, d’aller me découvrir et d’aller explorer de nouveaux paysages, développer de nouvelles capacités, prendre de l’expérience… C’est l’ultra qui pourra me le permettre. »

Pour conclure, vous ne souhaitez pas spécialement vous orienter sur des courses rapides ?

« Non pas spécialement. L’objectif n’est pas d’aller sur des courses rapides. Cela sera d’aller sur du long, de l’endurance avec du dénivelé. Cela va vraiment être ce qui va m’animer sur les deux ou trois années à venir, tout en callant des objectifs sur la route, histoire de voir ce que je peux valoir après ces préparations trails. Donc, on verra ce qui se présente, car la vie nous réserve souvent des opportunités qu’il faudra saisir. Je suis un touche-à-tout et j’ai envie de continuer sur cette dynamique. J’essaierais de répondre à chaque objectif, tout en restant déterminé et focus sur les objectifs principaux. »