Il n’aura manqué que dix petites secondes à Simon Dubois pour atteindre son objectif. À l’occasion du Marathon Vert de Rennes, le coureur visait un chrono de moins de 2h30 pour son troisième marathon. À l’arrivée, le chronomètre affiche 2h30’10 ». Une immense déception, des larmes, mais aussi la satisfaction d’avoir réalisé une course solide et signé un nouveau record personnel. Dans cette interview, il revient sur un marathon riche en émotions, les difficultés rencontrées et les enseignements à retenir pour la suite.
Simon Dubois, dix secondes qui changent tout
Bonjour Simon, vous visiez un chrono sous les 2h30 au Marathon de Rennes. À l’arrivée, il vous manque seulement dix secondes. Comment avez-vous vécu ce moment ?
« Des larmes ont coulé. Il y avait énormément d’émotion et forcément de la déception. Le sub 2h30 était mon objectif pour ce troisième marathon, et je termine en 2h30’10 ». Tout ça si près du but… C’est difficile à accepter sur le moment. Quand on se prépare pour un objectif aussi précis, on imagine forcément le scénario idéal. J’avais envie de passer sous cette barre symbolique et j’y ai cru jusqu’au bout. Découvrir le résultat sur la ligne d’arrivée a été une véritable douche froide. Mais, avec un peu de recul, on relativise. C’est aussi ça, le sport : on ne maîtrise pas tout, et il faut savoir accepter les résultats. J’ai tout de même réalisé une belle course et battu mon record personnel. Il y a donc aussi du positif à retenir de cette expérience. »
Une course maîtrisée malgré quelques imprévus
Sur le plan sportif, quels sont les points positifs que vous retenez de cette course ?
« Globalement, j’ai réalisé une course solide. La nutrition a été validée, le cardio est resté correct et je n’ai pas eu de crampes. J’ai également réussi à conserver une belle régularité dans mon effort. Ce sont des éléments importants, car ils montrent que le travail effectué pendant la préparation a porté ses fruits. Sur un marathon, il faut être capable de gérer son allure, son alimentation et ses sensations pendant plus de 42 kilomètres. De ce côté-là, j’ai plutôt bien maîtrisé mon sujet. En revanche, le vent s’est levé à partir du dernier tiers de course et il a été particulièrement contraignant. Cela a forcément compliqué les choses au moment où la fatigue commence à se faire sentir et où chaque kilomètre demande davantage d’énergie. »
Vous avez également rencontré un problème de réglage avec votre montre. En quoi cela vous a t-il perturbé dans votre gestion de course ?
« J’ai fait une erreur de réglage : j’ai oublié d’afficher le chronomètre général. Je n’avais donc que l’allure moyenne, la distance et les données cardio comme indicateurs. Cela peut paraître anodin, mais lorsqu’on vise un chrono aussi précis que 2h30, chaque information compte. Je ne pouvais pas suivre directement le temps écoulé et estimer aussi facilement si j’étais dans les temps pour atteindre mon objectif. J’ai donc dû trouver une autre méthode pour calculer mes prises de gels pendant la course. Il a fallu m’adapter en avançant, sans perdre de vue ma stratégie nutritionnelle. C’est un point que je retiens pour la suite : les réglages du matériel font aussi partie de la préparation. Quand on vise une performance précise, il faut penser à tout. »
Du 10e au 31e kilomètre : la résilience prend le relais
Comment avez-vous vécu les différentes phases de ce marathon, du départ jusqu’aux derniers kilomètres ?
« Au 10e kilomètre, tout est facile. Je suis dans ma course, les sensations sont bonnes et je maîtrise les différents paramètres. Au 20e kilomètre, je suis seul, mais tout est toujours sous contrôle. Je gère mon allure, ma nutrition et mon effort. À ce moment-là, je suis bien dans mon marathon. C’est à partir du 31e kilomètre que la résilience commence vraiment à prendre le dessus. Les kilomètres sont comptés un par un. Il faut s’accrocher, continuer à avancer et rester concentré malgré la fatigue. Le plus compliqué, c’est que je ne connais toujours pas mon chrono estimé. Je dois donc me fier à mes sensations, à mon allure moyenne et à la distance parcourue, sans avoir une vision précise de mon temps de course. »
À l’approche de l’arrivée, pensiez-vous avoir réussi votre sub 2h30 ?
« Oui, c’est ce que je pensais. À l’approche de la ligne, j’imaginais que le sub 2h30 était acquis. Comme je croyais être dans les temps, je n’ai pas réussi à trouver les ressources pour me surpasser davantage dans les derniers mètres. Et puis, à l’arrivée, je découvre le résultat : 2h30’10 ». Dix secondes de trop. C’est là que la déception est la plus forte. Avec le recul, on se dit forcément qu’il manquait très peu de chose. Mais, sans le chrono général sous les yeux, il était difficile de savoir exactement où j’en étais. Cette expérience m’apprend aussi qu’il faut savoir gérer les imprévus et conserver une marge de sécurité lorsque l’on vise une performance aussi exigeante. »
Un record personnel malgré l’objectif manqué
Malgré la déception, vous repartez donc de Rennes avec un nouveau record personnel. Est-ce une satisfaction importante ?
« Bien sûr. Même si l’objectif principal n’est pas atteint, je ne peux pas ignorer le chemin parcouru et le résultat obtenu. Un marathon reste une épreuve exigeante, qui demande beaucoup de travail, de rigueur et d’investissement. Battre mon record personnel montre que j’ai progressé et que ma préparation m’a permis de franchir une nouvelle étape. Je connais également déjà les points clés à améliorer et les faiblesses sur lesquelles je dois travailler. C’est aussi l’intérêt de cette course : elle me donne des informations concrètes pour préparer la suite. Je vais prendre le temps de récupérer, digérer cette déception et analyser ce qui a fonctionné, mais aussi ce qui peut être amélioré. »
La suite déjà en ligne de mire
Après cette préparation et ce marathon chargé en émotions, quels sont vos prochains objectifs ?
« D’autres objectifs vont bientôt arriver et vont me permettre de tourner la page de ce marathon et de cette préparation. Pour le moment, place à la récupération. Il faut laisser le corps assimiler les efforts fournis et prendre le temps de souffler avant de repartir vers de nouveaux défis. Cette expérience me servira pour la suite. Je sais désormais un peu mieux ce que je dois améliorer, et je compte m’appuyer sur ce marathon pour continuer à progresser. »
Vous souhaitez également adresser quelques remerciements après cette course.
« Félicitations à mon frère Nicolas, qui améliore une nouvelle fois son chrono et signe un sub 4 heures. Bravo à lui ! Je tiens également à féliciter l’organisation du Marathon Vert de Rennes, le groupe Interaction, qui a dû gérer des aléas compliqués. Merci et bravo à tous les bénévoles pour leur engagement. Merci à toutes les personnes qui m’ont soutenu, ainsi qu’à mon entourage et particulièrement à ma femme, Mélina Dubois, pour sa présence et son soutien tout au long de cette préparation. »
Dix secondes de trop, mais une expérience précieuse
À Rennes, Simon Dubois est passé tout près de son objectif. Avec un chrono de 2h30’10 », le coureur échoue à seulement dix secondes du sub 2h30, une barrière qu’il espérait franchir pour son troisième marathon.
La déception est immense, mais ce résultat ne doit pas occulter la performance réalisée. Un record personnel, une nutrition maîtrisée, un cardio satisfaisant et une course globalement régulière constituent des motifs de satisfaction, malgré un vent contraignant et une erreur de réglage de montre qui a compliqué le suivi du chrono.
Le marathon est une école de patience, d’humilité et de résilience. Pour Simon Dubois, Rennes laisse un goût amer, mais aussi des enseignements précieux pour l’avenir. Les dix secondes manquantes ne sont peut-être que le début d’une nouvelle quête : celle d’un prochain marathon où le sub 2h30 ne sera plus un rêve, mais une réalité.
La récupération est désormais au programme, avant de nouveaux défis sportifs. Car si le chronomètre n’a pas répondu aux attentes, l’envie de progresser, elle, reste intacte.







