Nous retrouvons aujourd’hui Pascal BARON, fondateur de l’association I-Romane. Cette association a pour objectif de promouvoir l’intégration du handicap par le sport, en mettant gratuitement du matériel à disposition pour que le bonheur et les sourires passent les lignes d’arrivée.
Bonjour Pascal, nous aimerions d’abord revenir sur la création de l’association I-Romane : comment avez-vous eu l’idée ?
« Pour commencer, en 2019, j’ai participé à mon premier triathlon long distance au Portugal. Et lors de cette épreuve, j’ai pu voir deux frères le faire ensemble en duo, l’un était en situation de handicap et l’autre le tirait, lors des épreuves de natation et de cyclisme, et le poussait lors de la course à pied. J’ai trouvé cela incroyable. Je me suis, donc, dis pourquoi pas le faire avec ma fille Romane qui est en situation de handicap. J’ai alors acheté le matériel et on a pu faire notre premier triathlon long distance, en 2020, à Tours. Suite à cet événement, on a fait quelques courses à pied avec des dix et des cinq kilomètres. En voyant le bonheur que cela procurait à Romane et à toute la famille, je me suis dit qu’il serait intéressant de partager ce bonheur à d’autres personnes en situation de handicap. J’ai donc eu l’idée de fonder l’association pour pouvoir prêter le matériel nécessaire pour les personnes qui souhaiteraient l’utiliser. Je mets aussi en place une aide aux personnes n’ayant pas de membres de leur famille pouvant les pousser pendant une course. On participe donc à de nombreux événements comme par exemple le semi-marathon de la Loire qui a eu lieu le 10 mai ou bien à la Grammoirienne qui a lieu le 30 mai (événement annulé dernièrement à cause des fortes chaleurs). »
Avec cette association, qu’elles sont les principales barrières que vous souhaitez lever ?
« Il n’y a pas de barrière à lever, il y a juste à dire aux gens : venez passer un bon moment et venez avec votre sourire. J’aime bien dire que l’on est une fabrique à sourires. L’association permet aux personnes en situation de handicap de ne pas avoir le poids administratif. Je prends l’exemple de Charles qui l’a bien compris, car il va participer aux 10 km de la Grammoirienne et il a participé au semi-marathon de la Loire. L’objectif, c’est de permettre aux personnes de venir prendre du bon temps et de s’amuser. Je sais ce que cela procure quand je le fais avec ma fille et, en termes de fierté, on est sur un nuage, on est hors du temps. »
Est-ce difficile de mobiliser des personnes pour pousser les fauteuils ?
« Eh bien, paradoxalement, ce n’est pas le plus compliqué. Le plus compliqué, c’est de trouver des personnes qui veulent essayer la course avec ou sans pousseur. On a quelques habitués que j’appelle pour savoir s’ils sont disponibles ou non. On a un noyau dur et, au fur et à mesure, des personnes nous rejoignent, car elles nous ont vus lors d’une course. C’est plus dur de trouver des personnes en situation de handicap, car il peut y avoir de l’appréhension à être assis pendant la course, cela peut être physiquement compliqué et il peut aussi y avoir des questionnements. »
À combien d’éditions de la Grammoirienne avez-vous participé ?
« Pour Romane, ce sera la troisième fois et pour son fauteuil la quatrième fois, car lors d’une édition, nous n’étions pas là et c’est un papa et son fils qui l’ont utilisé. Cette année, avant que l’événement soit finalement annulé par l’organisation, à cause des fortes chaleurs actuelles, Romane devait participer aux 5 et aux 10 km. Le 10 km, elle devait le réaliser avec Catherine THOMAS-PESQUEUX, avec qui elle a déjà réalisé le semi-marathon de la Loire. Elle préfère courir avec Catherine qu’avec moi. Et nous ferons ensemble le 5 km. »
Souhaitez-vous développer l’association à plus grande échelle ?
« J’ai un sentiment ambivalent entre faire grandir l’association au niveau national ou international, et le fait de rester à notre échelle actuelle. Mais si on voulait ce changement, cela voudrait dire que ce serait un travail à temps plein, car il faudrait des sponsors pour les courses, des transports et cela prend énormément de temps. J’aimerais bien que l’association se développe, mais je n’ai pas le temps de le faire. Maintenant, je prends les choses comme elles viennent. On a eu la chance d’avoir d’autres fauteuils grâce au financement d’Acer comme sponsor, donc ce sont des petits pas. »
Et quels sont vos projets après cette course ?
« Je vais partir faire un semi-Ironman au Canada dans un mois. Ensuite, nous participerons au triathlon de Villevêque, le dimanche 6 septembre. Lors de l’édition de l’année dernière, on a fait le S en relais : il y avait une personne qui nageait, une autre qui pédalait et une autre qui courait (c’était Catherine THOMAS-PESQUEUX). On a aussi fait le M, mais seulement tous les deux avec Romane, car j’avais besoin d’un temps de référence pour emmener Romane au championnat du monde. Enfin, j’ai pour projet de faire le semi-Ironman de Venise en mai 2027, avec Romane. Les fauteuils de l’association partent toute l’année. L’idée serait d’acheter du matériel pour permettre aux personnes de faire des triathlons. L’objectif, c’est de faire participer les fauteuils à des courses régionales et, avec Romane, d’évoluer sur des triathlons et des semi-marathons. Le calendrier n’est pas encore fixé. »
Avez-vous un dernier mot pour conclure ?
« On est toujours à la recherche de dons et de sponsors pour emmener les participants sur les courses et leur donner le sourire. »








