Quel exploit pour Esteban Vacelet ! Samedi 3 octobre 2026, au parc du Grand Marais à Amiens, les Championnats de France du 100 km ont offert un spectacle exceptionnel. Pour son tout premier 100 km, le jeune espoir de 20 ans a frappé un immense coup en s’imposant en 6h14’33 », pulvérisant le record de l’épreuve et passant tout près du record de France de la distance, établi en 6h13’42 ».
Derrière cette performance hors normes, Ambroise Bonfils, deuxième en 6h27’42 », et l’Angevin Emmanuel Bonnier, troisième en 6h29’25 », complètent un podium masculin de très haut niveau.
Chez les femmes, Océane Chanet décroche le titre national en 7h33’32 », devant Chloé Chevalier, deuxième en 7h36’24 », et Stéphanie Gicquel, troisième en 7h49’53 ».
Esteban Vacelet, un premier 100 km déjà historique
Il rêvait certainement d’une première expérience réussie sur 100 km. Esteban Vacelet a fait bien davantage.
À seulement 20 ans, le jeune espoir français a réalisé une performance majuscule pour ses débuts sur la distance. En 6h14’33 », il s’adjuge le titre de champion de France et signe un chrono qui restera comme l’un des grands moments de cette édition 2026.
Le nouveau champion de France échoue à seulement 51 secondes du record de France du 100 km, fixé à 6h13’42 ». Une performance d’autant plus impressionnante qu’elle intervient dès sa première expérience sur la distance.
Derrière lui, la bataille pour les places d’honneur a également été particulièrement relevée. Ambroise Bonfils prend la médaille d’argent en 6h27’42 », tandis qu’Emmanuel Bonnier s’offre une magnifique médaille de bronze en 6h29’25 ».
Pour l’Angevin, cette troisième place prend une dimension particulière : il franchit pour la première fois la mythique barre des 6h30 sur 100 km.
Emmanuel Bonnier : « Je suis très content, même si j’aurais aimé obtenir le titre »
Déjà performant sur la distance, Emmanuel Bonnier avait affiché de hautes ambitions avant ce championnat de France. L’Angevin ne cachait pas son envie de jouer le titre national.
S’il termine finalement troisième, il ressort d’Amiens avec une immense satisfaction, notamment grâce à un chrono de 6h29’25 », mais aussi avec trois médailles autour du cou.
« Je suis très content, même si j’avais annoncé que j’aurais aimé obtenir le titre de champion de France. Malgré tout, il n’y a aucun regret puisque Esteban Vacelet a réalisé une performance incroyable. Il était sur une autre planète. »
Le coureur de l’E2A nourrit toutefois un petit regret concernant la deuxième place, qui semblait à sa portée dans les derniers kilomètres.
« Si j’avais éventuellement un regret à avoir, ce serait pour la deuxième place, qui était potentiellement prenable, car il n’était pas très loin de moi. En plus, il a pas mal ralenti sur la fin de course, alors que de mon côté, je maintenais encore un rythme élevé. »
Mais Emmanuel Bonnier a préféré ne pas prendre tous les risques, avec un podium et une médaille nationale à sécuriser.
« Je pense que j’aurais pu aller encore un peu plus vite, mais j’avais peur d’exploser et de terminer en perdant ma troisième place. J’ai donc préféré assurer ma place sur le podium et ma médaille nationale. »
Trois médailles pour l’E2A et Emmanuel Bonnier
Le bilan de l’Angevin ne se limite pas à sa troisième place au classement scratch.
Emmanuel Bonnier repart d’Amiens avec trois médailles : une médaille de bronze individuelle, une médaille d’argent par équipes avec l’E2A, qui devient vice-championne de France, et une médaille d’or dans sa catégorie Master 1.
Une moisson particulièrement réussie pour le coureur angevin.
« En plus des deux autres médailles que j’ai eues, j’ai une médaille d’argent en équipe, où le club de l’E2A a terminé vice-champion de France. Et pour terminer, je fais médaille d’or dans ma catégorie en tant que premier Master 1. »
Mais au-delà des médailles, c’est surtout son chrono qui constitue l’une des grandes satisfactions de sa journée.
6h29’25 » : l’objectif des 6h30 enfin franchi
Avant le départ, Emmanuel Bonnier avait identifié un objectif particulièrement symbolique : passer sous les 6h30.
Mission accomplie.
« Je suis aussi extrêmement content du chrono, car je rêvais de passer la ligne d’arrivée en moins de 6h30. C’est chose faite, puisque je termine en 6h29’25 ». C’est vraiment l’objectif ultime que je m’étais fixé si toutes les planètes étaient alignées et si j’étais dans un grand jour. »
Une barrière symbolique comparable à celles que les coureurs recherchent sur d’autres distances.
« C’est un peu comme dans tous les formats, il y a toujours des paliers. En marathon, par exemple, la barre des 3 heures ou des 2h30. Ce sont toujours des chiffres ronds. Sur un 100 km, il y a la barre des 7 heures et des 6h30. Et là, je suis passé sous les 6h30. »
Avec 6h29’25 », Emmanuel Bonnier signe également, selon ses propres estimations, la treizième meilleure performance française de tous les temps sur la distance, une marque qui vient confirmer son changement de dimension sur 100 km.
« C’est vraiment exceptionnel pour moi. Je suis vraiment ravi. Ce n’était pas inespéré, car je l’espérais. J’ai travaillé pour cela. Mais cela fait vraiment plaisir quand cela se concrétise. »
Une gestion de course millimétrée
Sur 100 km, la gestion de l’effort constitue souvent l’une des clés de la réussite. Emmanuel Bonnier avait choisi une approche différente de celle de nombreux spécialistes de l’ultra-fond.
Plutôt que de partir plus rapidement pour compenser une baisse de rythme attendue dans la deuxième partie, l’Angevin a privilégié la régularité.
« Selon moi, j’ai fait une gestion de course parfaite. Beaucoup de coureurs, sur 100 km, partent du principe que la deuxième moitié de course sera plus lente que la première, avec une grosse dégradation sur la fin. Du coup, il faut prendre un peu d’avance sur la première moitié du parcours. »
L’Angevin, lui, a choisi de rester fidèle à sa philosophie.
« Moi, je suis nouveau sur la discipline et je n’aime pas cette logique-là. J’aime bien faire une course la plus constante possible. C’est ce que j’ai réussi à faire, comme je l’avais fait il y a quatre mois sur ma première expérience sur 100 km. »
Une stratégie qui a parfaitement fonctionné.
Jusqu’au 70e kilomètre, Emmanuel Bonnier a maintenu une moyenne impressionnante de 3’52″/km. Il a ensuite légèrement ralenti, autour de 3’54 » à 3’55″/km, un rythme qu’il a réussi à conserver jusqu’au 95e kilomètre.
Puis, une fois la troisième place sécurisée, il a adapté son allure pour gérer les derniers kilomètres.
« Une fois que j’ai doublé le troisième, j’ai levé un peu le pied en me basant sur du 4’03 » et 4’05 » sur les cinq derniers kilomètres, parce que je faisais mes calculs pour que cela passe sous la barre des 6h30. »
Une gestion au dixième de seconde près qui lui permet finalement d’atteindre son objectif.
« Une superbe ambiance avec toute l’équipe de l’E2A »
Au-delà de la performance individuelle, Emmanuel Bonnier souligne également l’importance du collectif angevin lors de cette journée à Amiens.
« Au final, tout s’est très bien passé, en plus dans une superbe ambiance avec toute l’équipe du club de l’E2A. Je suis extrêmement satisfait. »
Une satisfaction d’autant plus forte que cette performance arrive alors que l’Angevin poursuit son apprentissage du 100 km.
Après une première expérience sur la distance quatre mois auparavant, il avait décidé d’aborder ce championnat de France avec davantage d’ambition et de prise de risques.
« Je n’ai pas décroché de sélection en équipe de France, car il n’y a pas de championnat du monde avant 2028. Mais pour moi, c’était l’occasion de prendre plus de risques que lors de mon précédent 100 km, en y allant en étant mieux préparé et de faire une belle marque. »
Une marque qui pourrait désormais lui permettre de s’installer davantage dans le paysage national de l’ultra-fond.
Emmanuel Bonnier veut désormais se rapprocher de l’équipe de France
Après son podium national, l’Angevin a également pu échanger avec Laurence Klein, figure majeure du 100 km et de l’ultra-fond français.
Une rencontre particulièrement encourageante pour le coureur de l’E2A.
« Cela me permet déjà d’être bien identifié auprès de la Fédération Française d’Athlétisme. À l’arrivée, j’ai pas mal discuté avec Laurence Klein, qui m’a chaleureusement félicité. Du coup, c’est vraiment très encourageant. »
La suite est désormais clairement tracée.
Emmanuel Bonnier veut continuer à progresser sur 100 km et saisir sa prochaine opportunité de sélection internationale.
« Maintenant, je n’aurai plus qu’à concrétiser et à faire encore mieux sur mon prochain 100 km, que je réaliserai lorsqu’il y aura l’annonce d’un prochain championnat du monde. L’objectif sera évidemment d’intégrer l’équipe de France de 100 km sur la saison 2027/2028. »
Mais un autre objectif pourrait également se dessiner dès 2027.
Cap sur le 24 heures et un rêve bleu en 2027 et 2028 ?
L’Angevin garde également un œil attentif sur l’éventuelle organisation de Championnats du monde de 24 heures à l’automne 2027. Le projet n’étant pas encore officiel, Emmanuel Bonnier reste prudent, mais il se tient prêt.
« Il y a potentiellement une possibilité sur 2027 avec peut-être des championnats du monde de 24h qui auront lieu à l’automne 2027. Ce n’est pas encore officiel, mais a priori, la fédération internationale et des pays travaillent sur ce projet. »
Si cette compétition venait à être confirmée, le coureur de l’E2A pourrait alors se lancer dans une nouvelle préparation spécifique.
« Si c’est le cas et que c’est annoncé, je me relance sur une préparation 24h pour aller faire une grosse marque, afin d’assurer une place en équipe de France et participer aux championnats du monde 24h à l’automne 2027. »
Et Emmanuel Bonnier assume désormais un véritable rêve à moyen terme : porter le maillot bleu sur deux formats différents.
« Si on dessine un scénario de rêve à l’horizon 2028 : une sélection en équipe de France sur 24h en 2027, suivie d’une sélection en équipe de France sur 100 km en 2028. Cela serait vraiment le rêve ultime. Je vais donc travailler dur pour tenter d’atteindre ces deux objectifs. »
Une nouvelle dimension pour l’ultra-fond angevin
Avec son 6h29’25 », sa médaille de bronze aux Championnats de France du 100 km, son titre national en Master 1 et la médaille d’argent par équipes de l’E2A, Emmanuel Bonnier signe une journée exceptionnelle à Amiens.
Et derrière la performance chronométrique, c’est surtout la trajectoire qui impressionne. En quelques mois, l’Angevin est passé de la découverte du 100 km à une marque sous les 6h30 et à une place sur le podium national.
De son côté, l’E2A confirme également la qualité de son groupe sur la scène nationale.
Quant à Emmanuel Bonnier, le message est désormais clair : le podium d’Amiens n’est pas une finalité, mais une étape vers un objectif encore plus ambitieux, celui de l’équipe de France.
Et avec un chrono de 6h29’25 », le rêve bleu commence désormais à prendre une véritable consistance.








