Pour sa première expérience sur ultra-longue distance, Éric Hérault a relevé le défi de la Diagonale des Fous, à La Réunion. Avec son dossard 1104, le coureur angevin a franchi la ligne d’arrivée en 33 h 36 min 09 s, à la 63e place du classement général et à la cinquième position de sa catégorie d’âge. Une aventure sportive et humaine qu’il raconte avec enthousiasme, entre découverte de l’ultra-trail, gestion de l’effort et émerveillement devant les paysages réunionnais.

Il en rêvait depuis longtemps. Du 15 au 18 octobre 2026, la Diagonale des Fous a une nouvelle fois mis les organismes et les esprits à rude épreuve sur les sentiers de l’île de La Réunion. Pour cette édition hors norme, le parcours a été porté à environ 180 kilomètres, avec 10 200 mètres de dénivelé positif et un passage inédit dans le cirque de Salazie.

Au départ de cette aventure, Éric Hérault avait un objectif prioritaire : aller au bout de son premier ultra-trail. Mission accomplie pour le représentant angevin, qui a terminé cette épreuve mythique en 33 h 36 min 09 s, après avoir parcouru 180,5 kilomètres. Avec une vitesse moyenne annoncée de 5,4 km/h et seulement 53 minutes de repos cumulées, il signe une performance remarquable pour une première expérience sur cette distance.

Mais derrière le chrono, c’est surtout une aventure faite de découvertes, d’apprentissage et d’émotions que le coureur souhaite retenir.

Éric Hérault : « Ça y est, je l’ai fait ! »

PassionSports49 : Bonjour Eric, qu’est-ce qui vous a donné envie de participer à la Diagonale des Fous ?

Éric Hérault : « J’avais hâte de participer au Grand Raid de La Réunion et de découvrir cette épreuve d’ultra-longue distance qu’est la Diagonale des Fous. Elle m’a toujours fait rêver, notamment grâce à des champions comme Kilian Jornet, Ludovic Pommeret, Courtney Dauwalter ou encore Blandine L’Hirondel.

Ça y est, je l’ai fait ! Je suis finisher de ce que je considère comme l’un des plus beaux grands trails français. C’était un objectif qui me tenait vraiment à cœur. »

PassionSports49 : Pour cette première expérience sur ultra-trail, quel était votre objectif au départ ?

Éric Hérault : « Mon chrono était secondaire. Le plus important était réellement d’aller au bout. Terminer en 33 h 36 min 09 s, c’est évidemment une grande satisfaction, mais je suis surtout heureux d’avoir franchi la ligne d’arrivée.

L’ultra-longue distance est vraiment une discipline à part entière. Entre les formats courts, les trails longs, les ultras courts et les ultras longs, les approches sont très différentes. Il faut apprendre à gérer son effort, à être patient et à s’alimenter dès que possible.

Je suis parti pour apprendre et découvrir La Réunion. Sur ces deux aspects, j’ai été servi ! »

« L’ultra-long, c’est apprendre la patience »

PassionSports49 : Qu’avez-vous appris sur la gestion de course pendant ces plus de 180 kilomètres ?

Éric Hérault : « J’ai beaucoup appris sur cette discipline, notamment sur les difficultés liées à l’alimentation et à la gestion de l’énergie. J’ai notamment été confronté à des problèmes d’hypoglycémie réactionnelle et d’hypoglycémie d’effort.

Sur une telle distance, il faut savoir écouter son corps, comprendre ce qui se passe et s’adapter. On ne peut pas gérer un ultra comme un trail plus court. Il faut apprendre la patience, accepter les moments difficiles et continuer à avancer.

L’alimentation est également essentielle : il faut manger dès que possible et ne pas attendre d’être en difficulté pour y penser. Cette première expérience m’a permis de mieux comprendre tout ce que demande un ultra de cette ampleur. »

PassionSports49 : Comment avez-vous vécu les différents passages de cette Diagonale des Fous 2026 ?

Éric Hérault : « Le départ, en pleine ville, était incroyable, avec une ambiance de folie ! Ensuite, nous sommes montés vers la plaine des Cafres, au milieu des plantations agricoles.

Puis est arrivé le cirque de Salazie. Je n’en ai malheureusement pas vu grand-chose, car les conditions étaient très humides et nous étions dans la nuit. À ce moment-là, on regarde surtout ses pieds pour éviter de tomber. J’avais vraiment l’impression de participer à un cross XXL !

En revanche, lorsque je suis entré dans le cirque de Mafate, j’en ai pris plein les yeux. C’était magnifique : une jungle luxuriante, des chutes d’eau, une nature omniprésente… Il faisait beau et, dans les montées, j’avais parfois le temps de contempler les paysages.

C’est aussi l’un des avantages de ces ascensions : on avance moins vite, mais on peut davantage profiter de ce qui nous entoure. »

Le Maïdo, un passage redoutable avant de poursuivre l’aventure

PassionSports49 : Quel souvenir gardez-vous des passages les plus exigeants du parcours ?

Éric Hérault : « La montée du Maïdo reste un passage particulièrement marquant, avec ses escaliers terribles ! C’est un secteur qui demande énormément d’énergie.

Après cela, il fallait encore poursuivre l’effort et revenir vers la plaine, avec certains passages toujours en pleine jungle. Sur une course aussi longue, chaque difficulté compte, et il faut être capable de continuer à avancer même lorsque la fatigue s’accumule.

Ce que je retiens, c’est que l’ultra-longue distance est une succession de hauts et de bas, dans tous les sens du terme. Il y a des moments où l’on se sent bien, d’autres où tout devient plus compliqué. Il faut accepter ces variations et continuer à gérer son effort. »

« J’ai énormément apprécié ce format »

PassionSports49 : Au-delà du résultat, que représente cette arrivée pour vous ?

Éric Hérault : « Je suis vraiment heureux d’avoir terminé. Pour une première expérience sur ultra-trail, c’était une grande découverte. Je voulais apprendre, comprendre cette discipline et découvrir La Réunion. J’ai énormément apprécié ce format.

Le classement et le chrono viennent ensuite. Finir une course aussi exigeante représente déjà une grande satisfaction personnelle. »

PassionSports49 : Cette aventure vous donne-t-elle envie de repartir sur un ultra ?

Éric Hérault : « Oui, j’ai déjà hâte d’en refaire un ! Cette fois-ci, je pense plutôt à une épreuve en France métropolitaine.

Des courses comme l’UTMB ou le GRP me font rêver. Cette première Diagonale des Fous m’a permis de découvrir l’ultra-longue distance et m’a donné envie de poursuivre dans cette direction.

Il me reste encore beaucoup à apprendre, mais cette expérience me donne vraiment envie de continuer. »

Une 63e place pour une première Diagonale des Fous

Avec son dossard 1104, Éric Hérault termine cette édition 2026 à la 63e place du classement général, en 33 h 36 min 09 s, et se classe cinquième de sa catégorie d’âge. Un résultat qui vient récompenser son engagement sur les sentiers réunionnais et sa capacité à aller au bout d’un défi aussi exigeant.

Cette performance s’inscrit dans une édition marquée par un parcours inédit de 180 kilomètres et 10 200 mètres de dénivelé positif, avec notamment la traversée du cirque de Salazie. Une difficulté supplémentaire pour les concurrents, confrontés à des conditions exigeantes et à une succession de terrains particulièrement variés.

Chez les hommes, le Français Hugo Deck a remporté l’épreuve en 22 h 54 min 19 s, pour sa première participation. Il devance Robin Juillaguet et le Belge Jérôme Vanderschaeghe. Le Britannique annoncé parmi les favoris a terminé à la septième place.

Chez les femmes, la Néo-Zélandaise Ruth Croft s’est imposée en 27 h 13 min 23 s. Pour sa première participation, elle a également signé une performance de premier plan en prenant la 11e place du classement général, devant l’Américaine Alyssa Clark.

Pendant que les derniers participants poursuivaient leur progression vers le stade de La Redoute, à Saint-Denis, Éric Hérault pouvait déjà savourer l’aboutissement de son défi.

De La Réunion aux prochains défis métropolitains

Au terme de ces 180,5 kilomètres, l’Angevin repart avec bien plus qu’un classement : une première expérience fondatrice sur ultra-longue distance, des enseignements précieux sur la gestion de l’effort et des souvenirs marquants des paysages de La Réunion.

Sa Diagonale des Fous 2026 restera celle de la découverte, de l’apprentissage et du dépassement de soi. Une première aventure qui pourrait bien ouvrir la voie à de nouveaux objectifs, avec l’UTMB ou le Grand Raid des Pyrénées dans un coin de la tête.

Une chose est sûre : Éric Hérault est allé au bout de son rêve réunionnais. Et il a déjà envie de repartir.