Les concours de saut à la perche du meeting de Paris Wanda Diamond League offriront une densité jamais vue dans l’histoire, avec la présence des trois meilleurs performeurs de l’histoire chez les hommes, Mondo Duplantis, Emmanouil Karalis et Renaud Lavillenie, et de sept sauteuses ayant déjà franchi 4,80 m au cours de leur carrière.
Franchir 6 m au saut à la perche est un exploit remarquable, hormis peut-être pour Mondo Duplantis, pour qui c’est une routine matinale. À ce jour, seuls 32 hommes y sont parvenus depuis la première fois par Sergey Bubka, à Paris, en juillet 1985. Pas moins de huit d’entre eux seront au stade Charléty le dimanche 28 juin, et pas pour une commémoration ou une réunion d’anciens combattants. Perche en main et pointes aux pieds, prêts à en découdre.
Mondo Duplantis avait déjà confirmé sa participation de longue date au meeting de Paris, et la liste de ceux qui tenteront de faire chuter le double champion olympique donne l’eau à la bouche. Jugez plutôt : le deuxième performeur de l’histoire et vice-champion olympique et du monde, le Grec Emmanouil Karalis (6,17 m) est engagé, tout comme l’Australien Kurtis Marshall, qui vient de triompher à Stockholm (Suède) et à Oslo (Norvège) lors des deux dernières étapes de la Diamond League.
La cohorte américaine aura fière allure avec le double champion du monde Sam Kendricks, le recordman des États-Unis KC Lightfoot (6,07 m), la révélation de l’hiver Zachery Bradford, qui avait remporté le meeting de Paris indoor au cours d’une tournée remarquée en février-mars, et Christopher Nilsen. Vous l’avez compris, le record du meeting, juché à « seulement » 6,01 m depuis la venue de Duplantis en 2021, a de sérieuses chances de connaître une mise à jour fin juin.
L’inventaire ne serait pas complet sans citer l’inusable Renaud Lavillenie, toujours redoutable à bientôt quarante printemps et qui compte dix-huit concours à 6 m ou plus dans sa carrière, et ses compatriotes Thibaut Collet et Baptiste Thiery, habitués à chasser les sauts à 6 m depuis plusieurs saisons et qui auront une occasion en or de faire de leur rêve une réalité.
Marie-Julie Bonnin a du pain sur la planche
Comme l’an passé, la championne du monde en salle 2025 Marie-Julie Bonnin retrouvera son public dans les tribunes pleines à craquer du stade Charléty. La Bordelaise, désormais installée à Clermont, aura fort à faire si elle veut repartir avec la victoire de son séjour à la capitale. Deux de ses adversaires ont un record supérieur à 4,90 m : la Néo-Zélandaise Eliza McCartney, qui dispose d’une référence à 4,94 m, et l’Australienne Nina Kennedy, championne olympique à Paris en 2024, figurent dans le top 10 mondial de tous les temps.
Cinq autres spécialistes à plus de 4,80 m sont attendues à Paris : la Suissesse Angelica Moser, sur le podium des deux dernières éditions des Mondiaux en salle, la Finlandaise Wilma Heltela (ex-Murto), la Slovène Tina Sutej, médaillée de bronze des championnats du monde de Tokyo l’été dernier, la Néo-Zélandaise Imogen Ayris et la Tchèque Amalie Svabikova, toutes les deux en bronze cet hiver aux Mondiaux indoor à Torun (Pologne). Le record du meeting, vieux de près de 20 ans puisque les 4,91 m de Yelena Isinbayeva en 2007 tiennent toujours, pourrait également être en danger.
En quête de hauteurs et de records, Marie-Julie Bonnin et sa camarade Bérénice Petit pourront profiter de l’émulation pour aller titiller les plus hautes barres et faire vibrer le public bouillant de Charléty. La ligne droite opposée sera en ébullition à partir de 17h.








