À huit ans, Anatole BERTHOU découvre l’athlétisme et ne le quitte plus. Aujourd’hui, en dernière année espoir, licencié au club de Cholet Athlétisme, il s’impose progressivement au haut niveau entre piste, cross et montagne. Il revient sur son parcours, ses performances et ses objectifs pour la suite de la saison.

Bonjour Anatole, est-ce que vous pourriez vous présenter et nous parler de votre parcours en athlétisme ? À quel moment avez-vous su que vous progressez vers le haut niveau ?

« J’ai commencé l’athlétisme à l’âge de huit ans et cela fait quatorze ans que j’en fais. J’ai des parents très sportifs et cela a toujours été au cœur de la famille de faire du sport. Je suis licencié au club de Cholet athlétisme et c’est ma dernière saison en espoir. Lorsque j’ai commencé mes études supérieures à Lyon, j’ai intégré un polynational d’entraînement. Il y avait un vrai niveau et beaucoup de personnes très fortes avec qui s’entraîner. Changer de zone d’entraînement et s’entraîner avec beaucoup de monde m’a vraiment fait progresser. »

Pouvez-vous nous évoquer vos performances sportives ?

« Mon record sur 10 km a été effectué avec un chrono de 29’35 à Nice, il y a deux ans. C’est sans doute l’une de mes performances les plus significatives sur ma progression vers le haut niveau. Il y a aussi mes trois titres de champion de France. C’est à ce moment que j’ai su que j’avais vraiment progressé et que j’avais passé un cap. »

Justement, vous êtes champion de France universitaire de cross, troisième aux Championnats de France du 5000 m et trois fois champion de France de course en montagne. Quelle performance vous rend le plus fier aujourd’hui ? 

« Je suis fier de tous ces titres, mais plus les titres sont dans des catégories jeunes et moins elles ont de la valeur. Quand on est jeune, nous n’avons pas tous forcément le même physique et ce n’est pas forcément significatif de notre futur niveau. Cela montre que l’on est doué, mais que l’on ne va pas forcément performer plus tard. Les performances plus récentes, comme le championnat de France de cross universitaire, ont plus de valeur pour moi. »

Pouvez-vous revenir avec nous sur votre troisième place au championnat de France du 5000 m ?

« La troisième place, au championnat de France du 5000 m, a une très très grande valeur pour moi et sans doute beaucoup plus significative, car il y avait plus de concurrence. Ces premières performances m’ont clairement montré que je n’étais plus seulement un athlète de loisirs. »

Vous êtes un athlète très polyvalent, aussi bien sur les distances que sur les différents types de parcours, entre la piste, le cross, la route et la course en montagne. Quelle discipline préférez-vous et pourquoi ?

« Je me pose souvent cette question, mais je n’arrive pas à choisir, je pense que c’est le cross. Mais je dirais uniquement le cross pour la raison que je peux le pratiquer peu importe ce que je fais à côté. Le cross, c’est la discipline reine du demi-fond français, c’est là où tout le monde se retrouve, alors que dans les autres catégories, il n’y a pas tout le monde. »

Concernant le début de saison sur piste, êtes-vous satisfait de vos performances pour l’instant ?  Vous démarrez fort avec notamment le record départemental du 3000 m. Est-ce que c’était un objectif que vous vous étiez fixé en début de saison ?

« Sur ce début de saison, j’ai eu un très bon état d’esprit. Le record n’était pas mon objectif principal. C’était plutôt pour voir où j’en étais et mettre un premier dossard, mais le but, c’était quand même de faire un bon temps. J’ai aussi fait mon record au 5000 m à Bruxelles avec un temps de 13’56, un très bon chrono qui me fait rentrer dans les minimas pour les championnats de France. Il faut être dans les vingt ou vingt-cinq meilleurs temps de l’année sur la discipline. Avec ce 5000 m, je suis presque sûr d’être qualifié, les moins bons temps des championnats de France sont aux alentours des 14’20. »

Quels sont vos objectifs pour la suite de la saison ?

« J’aimerais bien continuer de descendre mon temps sur le 5000 m. Comme c’est déjà plié pour les championnats de France, je pense faire un autre 5000 m pour me rapprocher de 13’45. Je vais surtout faire la distance du 1500 m, car une course de championnat n’est jamais pareille qu’une course de meeting. Une course de meeting est vraiment très régulière alors qu’en championnat, tout le monde a envie de gagner. Personne ne veut faire l’effort, le début de course est vraiment lente et finit très fort vers la fin. Je vais donc m’entraîner sur 1500 m pour avoir le finish sur les championnats de France. »

Avec le recul, qu’est-ce que la pratique de l’athlétisme vous a apporté ?

« C’est avant tout une passion, même si je n’avais pas ce niveau actuellement, je continuerais de courir, car c’est quelque chose que j’adore en matière de sensation. Il y a de plus en plus d’enjeux. Aujourd’hui, je suis sponsorisé. Il y a quand même une petite pression sur les performances que je peux faire vis-à-vis des sponsors. C’est la partie qui peut être un peu stressante. C’est dur de s’en détacher et de se dire que si on ne fait pas de podium, ce n’est pas très grave. C’est aussi un travail mental, j’essaye d’arriver sur les courses sans stresser, car je sais ce que j’ai à faire et ce que je sais faire. »