Olivier FREMY a remporté, le samedi 23 mai 2026, la première édition des 20 km du Trail des Trois Vallées, organisée à Rochefort-sur-Loire. À quarante-cinq ans, le Nantais possède déjà un palmarès bien rempli. Il revient avec nous sur son parcours sportif et évoque son avenir en compétition.
Bonjour Olivier, vous venez de remporter la première édition des 20 km du Trail des Trois Vallées. Comment avez-vous vécu cette course ?
« La course se déroulait dans un endroit que je connais très bien. Je suis originaire d’Angers. Je suis actuellement licencié au club de l’AL/Bouguenais et j’habite sur Nantes. Participer à cette course, me tenait vraiment à coeur. Le parcours était à la fois très dur et très technique. Il y avait beaucoup de dénivelés. La chaleur rajoutait en plus de la dureté. Il fallait réussir à bien gérer son effort tout le long. C’est ce que j’ai réussi à faire. J’ai énormément bu, je me suis bien hydraté et cela a payé. J’en suis très heureux. »
Il a fait très chaud pendant la course. Est-ce que vous étiez préparé à ces conditions ? Comment avez-vous géré la chaleur ?
« Ce sont surtout les premières chaleurs qui sont difficiles à gérer. Honnêtement, je suis un coureur qui aime la chaleur. J’ai réussi à performer sur plusieurs courses lorsqu’il faisait chaud. Je connais bien mon organisme et je sais qu’il réagit plutôt bien à la chaleur. Chez d’autres participants, ce n’est pas forcément le cas. Et justement, cela me permet parfois de profiter de ces moments de faiblesse observés chez mes concurrents pour prendre les devants. »
À partir de quel moment vous vous êtes dit que la victoire était possible ?
« Dès le début de la course, j’ai senti qu’il était possible de faire quelque chose. En effet, à partir du cinquième kilomètre, j’ai commencé à faire le trou. J’ai créé une légère avance. Je n’allais pas très vite. Je gérais mon effort sans me mettre dans le rouge. Je sais qu’avec la chaleur, nous pouvions craquer plus rapidement. Ensuite, il y a eu une grande côte, ce qui a permis notamment au coureur qui se trouvait derrière moi, de revenir à mon niveau. C’est à partir de la deuxième partie de course, que je l’ai finalement distancé. Il y a eu une descente à ce moment-là et je savais que j’allais pouvoir en profiter, car j’étais plus rapide que lui. J’ai terminé seul la course avec une légère avance d’environ vingt secondes. L’arrivée était en plaine, ce qui m’a permis de bien finir. »
On entend de plus en plus de conseils disant qu’il ne faut pas courir lors des fortes chaleurs actuelles. Quel est votre avis là-dessus ?
« Personnellement, je continue de courir. Je cours depuis assez longtemps maintenant pour bien me connaître et connaître aussi la façon dont mon organisme réagit à la chaleur. Lors de mes sorties running, je privilégie les endroits ombragés. Je cours plutôt en fin d’après-midi ou en début de matinée. J’ai la chance également d’avoir un emploi du temps qui me le permet. Je trouve du temps et j’adapte mon entraînement. Bien sûr, je ne vais pas sortir en plein après-midi au risque de mal me sentir. Par contre, quand je m’entraîne, je n’hésite pas à beaucoup boire. C’est vraiment important. »
Cette première édition semble déjà être un succès. Qu’est-ce que vous avez pensé de l’organisation et de l’ambiance ?
« Pendant tout le long du parcours, il y avait plein de petits groupes de personnes qui encourageaient au bord des chemins. Des gens de Chalonnes-sur-Loire étaient aussi présents et m’ont beaucoup soutenu. C’était vraiment sympa. La course était aussi très bien organisée et très bien fléchée. L’ambiance était superbe. En ce moment, les courses de trails sont très demandées. Il y a beaucoup de monde qui souhaite participer à ces courses. Les dossards partent très vite. C’est pourquoi, de nombreuses personnes étaient réunies pour cette première édition, aussi bien pour courir, que pour encourager. Je pense que l’année prochaine, la deuxième édition sera organisée. Si c’est le cas, il est certain que j’y retournerai. »
Vous vous êtes blessé mi-février. Quelle était cette blessure ?
« Lors d’un trail, je me suis tordu la cheville. Aujourd’hui, j’ai encore quelques séquelles. Je devais courir cet après-midi. Je pense que je ne vais finalement pas sortir. Ma cheville me fait encore un peu mal. Il faut aussi prendre en compte les efforts que j’ai effectués ce week-end pendant le Trail des Trois Vallées. Je vais plutôt me reposer. Il est important d’écouter les signaux que notre corps nous donnent. Surtout quand on ressort d’une période de rétablissement comme la mienne. »
Est-ce que la période de rétablissement a été difficile ? Avez-vous pu reprendre rapidement la course ?
« Oui, la période aura été plus longue que prévu. Je n’ai pas couru pendant un bon mois. Au bout de six semaines, j’ai essayé de reprendre la course, mais ma cheville me faisait encore mal. En parallèle, pour rester actif, j’en ai profité pour faire du vélo. Je ne suis pas quelqu’un de rapide, mais plutôt une personne endurante. Le vélo m’aide énormément là-dessus. J’ai donc repris, il y a un peu près un mois, la course à pied. Je me remets doucement de ma blessure. Je ne veux pas me précipiter. »
Vous avez un très beau palmarès, notamment deux victoires au marathon de Vannes (2022 et 2025) et à la Ronde des Douaniers de l’Ultra Marin sur 32 km (2018 et 2019). Qu’est-ce que vous appréciez dans les formats marathon et trail par rapport à la piste ?
« J’apprécie beaucoup plus les trails et les marathons, plutôt que les courses sur piste. Déjà, je ne me trouve pas assez rapide pour performer sur ce terrain. Et puis, je n’aime pas courir en permanence autour d’une piste. Je n’ai fait seulement qu’une course sur piste dans ma vie. Je préfère plutôt la nature. Et les trails et les marathons me conviennent très bien. Et puis, je trouve que l’ambiance sur ces formats est vraiment différente. Tu te sens proche du public et c’est plus accessible. »
Vous êtes aussi sextuple champion du monde amateur de duathlon (2011, 2012, 2014, 2015, 2016, 2019). Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste cette discipline ?
« Le duathlon est une discipline presque similaire au triathlon sauf que nous ne pratiquons pas la natation. Les championnats du Monde amateur par catégorie regroupent un 10 km à pied, un 40 km à vélo, et pour finir un 5 km à pied. C’est assez intense, mais j’aime bien combiner ces deux sports. Cela demande une certaine polyvalence. »
Est-ce que cette polyvalence (course + vélo) vous aide à performer dans votre carrière de coureur à pied ?
« Bien sûr, à l’origine, je suis un cycliste. A partir de mes seize ans , j’ai commencé le vélo. Je n’étais pas professionnel, mais j’en faisais à un bon niveau. Jusqu’à mes vingt-sept ans, je n’ai pratiqué que le vélo. A un moment, j’ai commencé à en avoir marre. Dans le vélo, il y a pas mal de contraintes. Les sorties à vélo durent généralement trois heures alors qu’en course à pied, elles sont moins longues. Pour faire des kilomètres à vélo, il faut aller très loin, ce qui n’est pas forcément le cas avec la course à pied. C’est ce que j’apprécie dans ce sport. Les compétences que j’ai acquises grâce au vélo et à la course à pied m’ont permis justement, de faire du duathlon et d’être performant. »
Vous avez un palmarès impressionnant à quarante-cinq ans. Est-ce une fierté pour vous aujourd’hui ? Quand vous avez commencé le sport, est-ce que vous imaginiez atteindre ce niveau-là et remporter autant de titres ?
« Non, pas du tout. Je ne pensais pas en arriver là. Je suis très fier de tout ce que j’ai accompli jusqu’ici. Ma plus grande fierté restera ma première place à la course des As du cross du Courrier de l’Ouest et de la ville d’Angers en 2012. Pour une personne originaire du Maine-et-Loire, les courses organisées dans le département comptent beaucoup. Nos proches sont présents pour t’encourager et tu as envie de les remercier par une bonne performance. Ce sont un peu nos Championnats du Monde. Je le dis honnêtement, le titre au cross du Courrier de l’Ouest a la même valeur que mes titres de Champion du Monde. Je suis vraiment très fier d’avoir remporté ce cross. J’avais vraiment une réelle volonté de le gagner à tout prix. »
Quels sont vos prochains objectifs ou prochaines échéances pour la suite de la saison ?
« Prochainement, je vais participer au trail de l’Ile d’Yeu dans un peu moins d’un mois. J’ai prévu aussi de m’aligner, une nouvelle fois, sur le marathon de Vannes, fin septembre, que j’ai remporté deux fois dans ma carrière de sportif. Je me déplacerai avec l’ambition de le gagner une nouvelle fois. Le trail des Trois Vallées m’a permis notamment d’effectuer des kilomètres, afin de me préparer au mieux pour ces échéances à venir. L’idée est de courir des longues distances pour être en forme et prêt à encaisser les efforts que je devrais réaliser lors de ces deux courses. »
Pour terminer, comment imaginez-vous la suite de votre carrière sportive dans les prochaines années ? Est-ce que vous vous projetez encore longtemps dans la compétition ?
« Oui, je souhaite continuer de courir tant que je peux encore le faire. C’est vrai qu’en ce moment, je me suis blessé à plusieurs reprises. Mais, j’ai la chance d’avoir une femme qui est ostéopathe. Elle m’apporte son aide au quotidien. Elle peut soigner mes blessures. A l’exception, bien sûr des fractures, où là, je dois consulter d’autres spécialistes. Sans son soutien et son aide, je pense qu’aujourd’hui, je ne pourrai pas autant performer. Je ne pense pas non plus que je serai capable de courir aussi longtemps. Je tiens vraiment à la remercier. »








