David GIRANDIERE est un homme incontournable dans le paysage basket, ici, dans le Maine-et-Loire. En effet, l’entraîneur de 51 ans a connu le plus haut niveau sur les bancs de l’Union Féminine Angers Basket 49. Une équipe qu’il a menée de la Nationale 2 à la Coupe d’Europe, en quelques années seulement. Aujourd’hui encore, il occupe un poste majeur dans le développement des jeunes joueuses du club, en étant entraîneur de l’équipe U18. En plus de ce poste, il est également membre du Comité de Basketball du Maine-et-Loire, où il est en charge de la formation des entraîneurs et des arbitres. Il représente donc une figure de proue du basket-ball angevin. Nous avons pu lui poser certaines questions sur sa carrière et son rôle, aujourd’hui.

Bonjour David, tout d’abord, que retenez-vous de votre parcours d’entraîneur ? 

« Alors, dans un premier temps, j’ai eu la chance de faire énormément de rencontres. Sur le plan humain, rencontrer des parents, des joueuses, des dirigeants ou même des élus m’a beaucoup marqué. Bien sûr, je suis heureux d’avoir participé au développement du club de l’Union Féminine Angers Basket 49, en ayant pu emmener ce club de la Nationale 2 à la Coupe d’Europe. De mes années d’entraîneur, je retiens aussi le fait d’avoir pu accompagner certaines joueuses dans leur développement, que ce soit dans leur jeu, mais aussi dans la vie de tous les jours. »

Quelles sont les qualités principales que vous avez développées durant votre carrière ? 

« Avant tout, ce sont les relations humaines, mon statut d’entraîneur m’a permis de bien prendre en compte la différence entre les sportives de haut niveau, celles en formation et entre les sportives amateures. J’ai aussi appris à faire preuve de résilience, c’est-à-dire de prendre beaucoup de recul par rapport à cette notion de compétition, qui est le cœur du haut niveau. Nous avons rapidement tendance à oublier tout ce qui est fait autour, pour permettre la performance. J’ai donc compris l’importance de prendre un certain recul, et de valoriser les personnes importantes, qui ne sont pas toujours là au quotidien. »

Il y a eu un important changement pour vous, cette saison. Vous êtes passé d’entraîneur des Espoirs à entraîneur des U18 à l’UFAB. Comment se déroule votre première partie de saison ? 

« Nous avons eu un début de saison à l’image de ce à quoi nous nous attendions. Nous avons un groupe de joueuses qui naviguent beaucoup entre le championnat U18 et la Nationale 2. En matière de résultats, nous sommes aussi sur une notion de performances individuelles, l’objectif étant de développer chaque joueuse. Nous sommes qualifiés pour être en poule haute sur la deuxième phase, cela nous permet de rencontrer des centres de formation comme le Tango Bourges Basket ou le Basket Landes. Les joueuses peuvent donc se confronter à ce qui se fait de mieux comme centres de formation, ici, en France. »

D’un point de vue coaching, pouvez-vous nous expliquer s’il existe des différences entre être entraîneur des Espoirs et des U18 ? 

« Alors, il faut savoir qu’il en existe une, cependant à l’UFAB, elle n’existe pas. Comme je l’ai dit, l’équipe Espoirs est composée de beaucoup de joueuses U18. Notre objectif à l’UFAB, est que la compétition leur sert de tremplin personnel, dans l’objectif de se diriger vers ce groupe Espoirs. »

Vous êtes également salarié du Comité de Basketball du Maine-et-Loire. Pouvez-vous nous expliquer votre rôle ? 

« Bien sûr, je suis surtout en charge de tout ce qui touche à la formation. À la fois de la formation des entraîneurs et des arbitres. Nous appelons cela, la formation des cadres. L’idée est donc de structurer les différentes formations que nous pouvons mettre en place au niveau départemental. Je suis également le coordinateur de l’ensemble des sections et options basket du département, au niveau des collèges. Dans ma mission de formation de cadres, je suis aussi amené à mettre en place des colloques, ou la participation à de grands événements. Notamment des événements comme celui du 8 mai, avec la fête nationale du mini-basket à Cholet, ou encore le Père Noël du BabyBasket à Angers. 

Enfin, d’après vous, de quoi le basket féminin aurait-il besoin aujourd’hui pour devenir encore plus visible ?

« Alors, c’est la question essentielle. Aujourd’hui, nous nous rendons bien compte que le basket féminin a de plus en plus de difficultés pour exister au plus haut niveau. Je pense que cette visibilité peut se faire notamment avec Ma Chaîne Sport, qui diffuse des matchs de La Boulangère Wonderligue. Je pense aussi qu’il faudrait que le basket féminin ait une plus grande visibilité territoriale, avec l’idée de mettre en avant les performances, mais surtout les valeurs des joueuses. En effet, elles sont forcément un peu différentes de celles des garçons : en grande partie, les joueuses sont obligées de mener des doubles projets. Leur carrière ne leur permet pas forcément d’être rémunérées à hauteur de celle des garçons, ces filles doivent donc mener une formation en plus de leur carrière sportive, afin de pouvoir exister dans le monde réel.