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Tout le monde connaît le Quidditch, le sport issu d’Harry Potter, où des personnes volent sur des balais et doivent marquer des points en lançant des ballons dans des buts en forme de cerceau. Les plus grands fans seront sûrement intéressés de savoir que des clubs de cette pratique existent ! Retour sur notre découverte avec l’Angers Quidditch Club.

Kévin Leray, président et fondateur de l’association d’Angers, nous présente ce nouveau sport. Il commence d’abord par retracer l’histoire de cette pratique. Elle a été créée une dizaine d’années auparavant, aux États-Unis, après plusieurs tentatives d’adaptation sans résultat. Ce sport est arrivé en France en 2011, avec la création d’une équipe à Nantes et d’autres clubs se sont créés petit à petit dans toute la France. A Angers, le club émerge d’une association entre Colyne (deuxième fondatrice) et Kévin. Coline cherchait des contacts avec la presse pour pouvoir promouvoir le Quidditch et trouver des licenciés. C’est là, qu’intervient Kévin qui a su lui apporter ce dont elle avait besoin. L’association a mis environ 1 an à se créer. Au bout de deux ans, le club compte aujourd’hui une vingtaine de licenciés, la majorité étant étudiante ou jeunes actifs. Ce sport est ouvert à tous à partir de 16 ans (sur autorisation parentale).

Il faut savoir que le Quidditch est un sport mixte contrairement au film Harry Potter où la mixité n’est pas imposée. Ici, le règlement exige que les équipes soient mixtes et il faut un minimum de personnes qui s’identifie au genre masculin et au genre féminin. Le terme « s’identifier » est très important, car il faut préciser que le Quidditch est le seul sport qui traite la problématique des personnes transgenres donc on peut y jouer dans le genre que l’on veut. Les équipes sont constituées de sept joueurs : un gardien, deux batteurs, trois poursuiveurs et un attrapeur. Il ne peut y avoir que quatre personnes du même genre qui puissent jouer en même temps dans une équipe. Tous les joueurs ont un tube de PVC entre les jambes et non un balai par souci de sécurité. Le Quidditch est aussi un sport de contact, les plaquages sont autorisés, mais attention les plaquages doivent être adaptés à la personne que l’on a en face de soi, « un format ours doit plaquer le format écureuil avec la force d’un écureuil et non avec celle d’un ours » illustre Kévin. Un terrain de Quidditch mesure 55 mètres en longueur et 33 mètres en largeur. Il y a 3 anneaux qui servent de buts par camp. On peut marquer des deux côtés de l’anneau. 

Les dimensions d'un terrain de Quidditch

Les dimensions d’un terrain de Quidditch

Reprenons les rôles des joueurs un à un en commençant par l’attrapeur. Si l’on se souvient d’Harry Potter, on sait qu’il s’agit de la personne devant attraper le vif d’or. Ici, le vif d’or est représenté par une balle dans une chaussette accrocher au short de la personne porteuse du vif d’or, habillé tout en jaune. Le vif d’or entre sur le terrain à la 17e minute et l’attrapeur entre à la 18e. La nuance, entre le sport et le film, est que le vif d’or ne vaut pas 150 points, mais seulement trente points. Ensuite, nous avons les poursuiveurs que l’on distingue par leur bandeau blanc sur la tête, leur objectif est de marquer un maximum de buts avec le « souafle » qui est un ballon de volley, chaque but vaut dix points. Après, il y a les batteurs, eux ils interviennent avec des ballons appelés « cognards », leur objectif est de toucher les adversaires avec le ballon pour les « faire tomber du balai », si un adversaire est touché, il doit aller toucher les buts de son équipe pour repartir. Il y a trois « cognards » pour quatre batteurs, ce qui crée un déséquilibre et permet de mettre en place des tactiques. Enfin, nous avons le gardien que l’on peut qualifier de « poursuiveurs + » selon Kévin, car les seules choses qui le distinguent des poursuiveurs, c’est qu’il est intouchable dans sa zone de but et il a un bandeau vert. Son objectif est de protéger les buts.

Attrapeur essayant d'atteindre le vif d'or.

Attrapeur essayant d’atteindre le vif d’or.

L’association ne dispose pas d’un terrain de sports, car la mairie d’Angers n’a pas été en mesure de lui en proposer un pour cette saison, la plupart étant occupés par les nombreux clubs de football. Kevin et son association espèrent en obtenir un grâce aux performances de l’équipe qui a fini 5e sur 17 à la coupe de France de Quidditch, ce qui est plutôt impressionnant et encourageant pour une équipe formée, il y a deux ans à peine.

Nous cherchons à en savoir plus sur les compétitions. Le président de l’Angers Quidditch Club nous explique qu’il existe une coupe de France depuis cinq ans et il y a un championnat de France instauré depuis cette année. Ce championnat est divisé en quatre conférences (Nord-Est, Nord-Ouest, Sud-Est, Sud-Ouest) regroupant six équipes par secteur. A l’issue de ces quatre ligues, il y aura un système de play-off mais Kévin ne nous en dit pas plus pour le moment, car le règlement pour les play-off en est cours de préparation. L’instauration de ce championnat permet de créer plus de temps de rencontres nous affirme Kévin même si toutes les équipes sont très dynamiques pour jouer. Il existe aussi une Coupe d’Europe de Quidditch, pour s’y qualifier, il faut terminer dans les quatre premiers de la coupe de France. Les objectifs pour le club sont de remporter sa conférence et d’aller le plus loin possible dans les play-offs ensuite.

L’Angers Quidditch Club aimerait bien voir son nombre de licenciés augmenter, le club a fait de nombreux efforts en termes de communication, mais beaucoup de personnes ont des préjugés sur cette pratique, car elle émerge de la saga mondialement connue. Pourtant, c’est un sport à part entière, il faut avoir un bon cardio, il y a des contacts, des stratégies pour gagner. Kévin nous affirme que certains pratiquants qui n’étaient pas sportifs à la base ont connu des transformations physiques impressionnantes grâce au Quidditch. Donc, fini les préjugés et venez essayer !

Contact entre deux joueurs.

Contact entre deux joueurs.

Après notre entretien avec Kévin, nous sommes allés questionner les joueurs pour savoir pourquoi ils ont choisi les Quidditch. La plupart parce qu’ils sont fans d’Harry Potter, d’autres pour découvrir une autre activité sportive. Sophia, une étudiante en 5e année de médecine, nous raconte comment elle est devenue une Harfangs (nom des joueurs de Quidditch d’Angers).

« La première fois que j’ai entendu parler du Quidditch, c’était pendant ma 3e année de médecine, ce sont des amis qui m’en ont parlé. Je connais Harry Potter, mais je n’en suis pas spécialement fan. Je me suis demandé s’il y avait vraiment des personnes qui courent avec un balai entre les jambes. En bref, j’ai jugé plutôt négativement le Quidditch. Je suis parti un semestre à l’étranger en gardant contact avec mes amis, et il se trouve que l’un d’eux, Pierre, s’est mis au Quidditch. C’est à ce moment que je me dis que j’ai peut-être jugé trop vite ce sport et je me suis dit que j’essaierais en rentrant. Chose dit, chose faite, j’ai essayé une fois, une deuxième, une troisième… Je me suis rendu compte que j’aimais bien et donc je me suis inscrite. J’aime beaucoup les valeurs du Quidditch, notamment sur l’aspect de la mixité et le fait que les personnes transgenres puissent participer dans le genre qu’ils veulent. Tout le monde peut trouver sa place, peut importe la morphologie, chaque personne a forcément des capacités pour être à un des quatre postes disponibles dans l’équipe. C’est aussi un sport avec une communauté très conviviale, étant donné qu’il y a peu d’équipes en France, nous avons pu rencontrer des gens venant des quatre coins de la France et avec qui nous avons créé des liens. Lors de la coupe de France, c’était ma première compétition avec les Harfangs, j’ai trouvé cela impressionnant lorsque l’on a rencontré toutes les équipes. Je me souviens du match pour la quatrième place face à Lille qui était assez tendu parce qu’il y avait une place pour l’Europe. Ce sont de bons souvenirs. Le plus important dans le sport, c’est de prendre du plaisir, et le Quidditch m’apporte ce plaisir. »