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Rencontre avec David MAILLOCHON, un passionné par l’Ultra-Trail. Il nous parlera de son parcours sportif, où a commencé par le football en tant que joueur jusqu’à celui d’entraîneur. Puis, il nous racontera comment il s’est pris de passion pour une discipline sportive pas comme les autres, l’Utra-Trail, une épreuve de course à pied longue distance mêlant tous types de revêtement et effectué en autonomie. Éducateur sportif de formation, il se consacre, aujourd’hui, à la préparation de sportifs de tous niveaux, qui souhaitent tenter l’aventure d’une vie. Entretien.

Bonjour David, avant même de débuter sur votre nouvelle passion pour l’Ultra-Trail, pouvez-vous revenir sur vos dernières expériences dans le football ?

« Déjà, ce que je peux dire, c’est qu’aujourd’hui, j’ai coupé avec le football et cela ne me manque pas. J’ai joué mon dernier match de football à 44 ans et j’ai arrêté à ma 40e licence. Au départ, j’appréhendais un peu après avoir passé trois saisons en tant qu’éducateur des U19 de l’Intrépide d’Angers. Cela restera un très bon souvenir et une superbe expérience, car j’avais une bonne génération de jeunes. Ce fut aussi de belles rencontres. J’ai adoré cette dernière expérience. D’ailleurs, de cette génération, il y en a un certain nombre qui joue à un bon niveau aujourd’hui. Puis, j’ai eu envie de passer à autre chose et cela sans regret. »

Justement comment est venue cette transition entre le football et la découverte de l’Ultra-Trail ?

« Cela a coïncidé avec mon travail d’éducateur sportif indépendant, où je suis installé à mon compte depuis 2010, sur Angers. C’était un choix de ma part. Déjà, à l’époque, hormis le football, je faisais déjà beaucoup de choses à côté. Il faut savoir, qu’à 33 ans, lors de mes dernières années dans le football, je commençais à participer à des Ultra-Trail. La transition s’est faite avec mon travail, où j’ai rencontré des athlètes qui pratiquaient cette discipline sportive. J’ai alors souhaité me spécialiser dans la préparation de sportifs de tous niveaux, qui aspiraient à participer à ce genre d’épreuve. Aujourd’hui, j’ai un certain nombre de personnes qui me sollicitent pour les préparer à la fois au Trail et à l’Ultra-Trail. J’organise aussi des stages régulièrement, à la montagne avec différents périples sportifs comme des courses nature ou des défis sportifs, car sur Angers, nous n’avons pas beaucoup de terrains riches en déniveler, mis à part l’étang Saint-Nicolas, qui reste limité pour des entraînements de longues distances. »

Que pouvez-vous nous dire sur l’Ultra-Trail ?

« Un Ultra-Trail est une course nature avec beaucoup de dénivelés. C’est une discipline sportive qui rend humble à tous les niveaux, car une bonne préparation pendant de longs mois, ne suffit pas, il faut aussi avoir du mental et gérer son corps. Lors d’une course, tout le monde est sur le même pied d’égalité au départ, les athlètes professionnels côtoient les athlètes amateurs. L’objectif n’est pas de se fixer un classement, mais de finir l’épreuve. Pendant les très longues heures d’efforts, souvent en solitaire, on passe souvent par tous les états, mais quel bonheur, lorsque l’on arrive sur la ligne d’arrivée. Cela dépasse le cadre du sport conventionnel. On peut avoir fait fait une préparation de longs mois et mettre des mois à s’en remettre. Pour être bien préparé à tous les niveaux, il faut beaucoup d’investissement personnel. Il n’y a pas de place à la triche, tout le monde fait sa course en solitaire à part égale. On passe par des états insoupçonnés autant d’euphorie, que de détresse ou encore de déprime de façon fluctuante. Participer à un Ultra-Trail est un peu le résumé de la vie de tous les jours, avec des hauts et des bas. On est constamment en train de se bagarrer avec soi-même, je dirais même que ce sont un rendez-vous et une aventure avec soi-même. Lors de la préparation pour une course, je dirais que ce sont à la fois des entraînements individuels et collectifs, car on est seul face à sa préparation, tout en travaillant en groupe. Et puis concernant les parcours, tu es amené à courir sur différents revêtements et sur un sol souvent instable. Et puis, lorsque l’on est dans un environnement hostile, on se sent tout petit. C’est cela qui rend humble. C’est aussi ce que l’on retrouve dans la vie de tous les jours, dans le rapport avec les autres. Je rajouterais aussi que c’est un peu un sport marginal, mais très en vogue actuellement, car il sort du cadre habituel et qu’il est ouvert à tout le monde et à tous profils. »

Au-delà des compétences physiques et mentales, quelles sont les qualités pour réussir ce genre d’épreuve sportive ?

« Au-delà d’avoir une grosse force de caractère à toute épreuve, il faut de l’investissement et de l’engagement. Mise à part la motivation intrinsèque de la personne qui peut varier suivant la difficulté du moment, je dirais qu’il faut savoir se mettre dans la difficulté et vouloir se lancer un défi. »

Quels ont été vos résultats dans vos Ultra-Trails ?

« J’ai eu la chance de participer à douze épreuves de la Diagonale des Fous à l’Ile de la Réunion et à plus de vingt-cinq Ultra-Trails de plus de cent kilomètres. C’est une réelle satisfaction, mais aussi une grande fierté. J’ai eu la chance de voyager dans différentes régions de la planète et de découvrir, à travers l’Ultra-Trail, des pays, des cultures, des paysages magnifiques, mais aussi des rencontres très enrichissantes et passionnantes. Malgré des cultures différentes, on crée des liens avec d’autres athlètes. »

Aujourd’hui, qu’elle est votre actualité et comment préparez-vous vos athlètes ?

« Actuellement, je commence une formation pour devenir accompagnateur de montagne. Un Ultra-Trail se prépare de longs mois à l’avance. L’objectif est de le confronter à la douleur pendant l’effort et lui faire découvrir d’adversité. »

Comment bien se préparer à un Ultra-Trail et quels sont vos conseils de spécialiste ?

« Pour bien préparer un Ultra-Trail, il faut savoir que c’est dix mois de préparation à raison de huit à dix heures d’entraînement par semaine, réparti entre quatre à six séances. Si j’avais des conseils, je dirais qu’il faut cibler ses objectifs et ses particularités, car chaque Ultra-Trail est différent. Et puis, il faut s’entraîner et se faire aider dans sa préparation. Cette préparation va conditionner sa course et va permettre de mieux gérer sa récupération après l’épreuve. Il faut habituer son corps à un effort sur une longue distance. Et puis, il est important de se faire suivre par des spécialistes médicaux, comme un podologue par exemple. Et puis au niveau du mental, il faut avoir conscience que pour préparer une telle épreuve, cela demande des concessions et des sacrifices. Il faut être prêt mentalement à souffrir tout seul, pendant quarante à cinquante heures. Cela se traduit par le fait d’appréhender l’effort. Le fait de ne pas être assisté dans un milieu hostile, on se retrouve dans une bulle en semi-autonomie. »

Quelles ont été vos motivations pour vous lancer dans l’Ultra-Trail ?

« Ce qui me passionne, c’est de pouvoir allier le physique et le mental, un mixte des deux et d’être confronté avec toi-même par rapport à tes capacités. C’est aussi la faculté à s’entraîner et de se donner les ambitions d’atteindre ses objectifs. Au départ d’une course, je n’ai jamais de prétention de résultat, mon objectif principal est de finir la course. A force de pratiquer, cela déclenche une certaine addiction par rapport aux différents aspects de cette course particulière. »

Pour finir, qu’est-ce qui vous rend le plus satisfait ?

« Ma plus grande satisfaction, c’est d’amener des personnes de tous niveaux à participer à cette discipline sportive et de contribuer à leur changer leur vie. Ma fierté, c’est de préparer des gens et de les voir réussir. »

Crédit photos : David MAILLOCHON.